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 (01/01/2481) (9h) Not safe and sound at all ▬ Heaven

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 Sujet: (01/01/2481) (9h) Not safe and sound at all ▬ Heaven   Ven 16 Mar 2018 - 14:09



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Ma tête me faisait un mal de chien... L'alcool n'était pas mon ami, loin de là. Je me souvenais de ce qui s'était passé, bien que certains détails m'échappaient. Je me souviens de ma solitude, de ce bloc austère sans Kaenya que j'avais brutalisé sans raison apparente. Je me souviens de ces pas qui m'avaient conduits jusqu'à Krymov. Son jour de congés, selon ses dires, tout le monde savait que le premier janvier, il n'était pas en service. Son seul jour où il prenait congés de tout. Également de lui-même, avais-je constaté de mes propres yeux. Le voir aussi minable m'avait fait relativiser : il devait en avoir, des choses à oublier. À occulter. J'ignorais complètement ce que ce jour signifiait pour lui. Pourquoi cette date en particulier lui était favorable à la décadence. Alcool, dragguier... il n'y allait pas de main morte avec lui-même. Je n'avais pas non plus été des plus conciliantes. À vrai dire, j'avais même été particulière envahissante et égoïste. Exigeant son attention, sa compagnie, sans lui laisser le choix. Je m'étais imposée, avais réclamé un entraînement à quoi... 3h du matin ? Le pire c'est que malgré son état, il avait essayé. Nous avions essayé. Un deal équitable : de l'alcool contre des coups. Coups que nous parvînmes difficilement à rendre cohérents. Malgré son ébriété, le sergent avait eu le dessus.

Le reste... Me glissant telle une voleuse hors du compartiment de Krymov, je soupirai. Je m'adossai une seconde à la porte refermée. Je ne regrettais pas vraiment ce qui s'était passé... je regrettais juste de ne pas avoir trouvé de meilleur moyen de trouver mon compte. Depuis que Drake m'avait agressée, je ne me sentais plus maîtresse de mon corps. Disons que me retrouver dans les bras d'un autre m'avait ouvert une porte vers la réconciliation avec moi-même. Je pouvais voir le verre à moitié vide et me dire que vu son état second, Krymov aurait sans doute couché avec n'importe qui, mais je préférais voir les choses sous un autre angle : il m'avait voulue... Même si ce n'était qu'une nuit, qu'une erreur, un pas qu'il aurait voulu ne jamais franchir, il m'avait désirée. Cela me suffisait pour croire que je n'étais pas si souillée que je ne pouvais le croire. Hantée par les souvenirs de la nuit infernale que m'avait fait subir Drake, j'étais devenue incapable de regarder mon reflet sans avoir envie de vomir. Je me doutais que ça n'aurait rien de magique : il me faudrait du temps, plus de temps, pour encaisser ce qui m'était arrivé et ne plus avoir cette nausée permanent me tiraillant les tripes. Mais je considérais avoir fait un pas en avant.

L'optimisme de mon état en vint à s'assombrir rapidement. Me mettant en route pour quitter ces blocs où je n'avais pas ma place, le visage de Wernher me traversa l'esprit. Je lui devais beaucoup, bien plus que je ne pouvais donner. Et même si à mon sens ce qui s'était passé avec Krymov ne le concernait en rien, j'avais ce sentiment de malaise. Comme si en un sens, je l'avais déçu avant même qu'il n'apprenne quoi que ce soit. Il n'avait pas besoin d'apprendre. De savoir. Je ne lui devais rien de ce côté... ma vie privée ne le regardait que parce qu'il souhaitait me protéger et m'éviter le moindre ennui. Mais contrairement à ce que m'avait dit Sherkan la veille : je ne considérais pas appartenir au Commandant. Beaucoup pensaient que j'étais sa propriété car il m'avait prise sous son aile sans raison apparente. Alors par défaut, ils se disaient que lui et moi étions... enfin que je devais sacrément divertir le Commandant pour qu'il en vienne à agir de la sorte avec moi. Une idée qui me révulsait ; non pas l'idée d'être avec Goran, mais l'idée que les autres se faisaient aussi facilement, sans jugement ni considération. J'admirais Wernher et voir ses hommes le croire assez faible pour s'enticher sans raison d'une survivante juste parce qu'elle a un minois qui lui revient, ça me désolait.

Plongée dans les tergiversions de mes pensées, je traçai ma route sans faire assez attention à l'endroit où je me trouvais. Il devait être assez tard, à cette heure, les blocs paraissaient vides, déserts. Mais des bruits de pas se firent entendre à l'intersection joignant l'aile où se trouvait Krymov au couloir principal du bloc, couloir pouvant me guider vers la sortie. Je me plaquai contre le mur en espérant que la personne ne m'avait ni vue, ni entendue... Fermant les yeux, je retins ma respiration en priant de passer inaperçue... en vain. Le visage de la seconde du capitaine de la défense se planta sur moi comme une lame me tranchant le cou. « Fais chier... » Pestai-je face à l'impasse dans laquelle je me retrouvais. Je ne voulais pas retourner dans les cellules comme ça avait été le cas lorsque Eil m'avait chopée à sortir du bloc du Commandant... Le directeur et moi avions pansés nos rapports après ce séjour lors d'une virée à l'extérieur où j'avais sauvé sa vie de peu. Je doutais que les choses se passent de la même façon cette fois-ci... Cette femme semblait aussi vide qu'un puits asséché. Sa froideur m'apparaissait malsaine et suffisait à me donner la chaire de poule.

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 Sujet: Re: (01/01/2481) (9h) Not safe and sound at all ▬ Heaven   Ven 16 Mar 2018 - 18:42

Elle faisait jouer l'objet entre ses doigts qu'elle fixait d'un regard absent, presque désabusé, tandis qu'elle avançait le long du couloir. Elle traversait la zone comme si elle ne la voyait pas, comme si ses pas l'avaient trop portée entre ces murs pour qu'elle ait encore besoin de faire attention aux angles scindés par la froideur des parois ; et était-ce vrai qu'ils l'avaient trop portée, pas toujours de la meilleure manière qui fut. Charriée parfois de force à l'image d'un vulgaire sac, par Medrick qui n'avait jamais hésité au moment de lui enfoncer ses bottes lourdes dans le ventre.

— J'en ai mâté des plus coriaces...

Il avait pris l'habitude de lui cracher des mots de la sorte, il se fichait d'avoir à la traîner au sol. Insensible à ses hurlements de véritable sauvageonne, la tirant par les cheveux en menaçant presque de lui scalper le crâne tant elle se démenait pour s'extraire de sa poigne.
Puis, le noir.
Le bruit rassurant ou angoissant -selon de quel côté on se trouvait- d'une porte lourde qui se referme. Que les abysses lui fasse écouter le silence pour la première fois de sa vie : le vrai silence, si assourdissant qu'on avait le sentiment que ses tympans devenaient sourds à cause du rythme de ses propres battements de coeur remontés jusqu'à ses tempes et sa gorge : un pouls qui soulignait toute la vacuité de sa condition. Tant d'années à se rebeller. Tant de journées d'entraînement perdus... Peut être que si elle s'était pliée plus tôt aux ordres, Heather ne serait pas aujourd'hui au rang de second. Marko, lui, avait fait ce pas en avant pendant qu'elle était restée en retrait, dorénavant obligée de se coltiner un homme de main à ses côtés, complètement névrosé au passage, et que la douleur ne pouvait même pas canaliser. Ou peut être que c'était justement son manque de complicité à l'égard des êtres vivants qui lui faisait défaut...

Les yeux toujours rivés sur l'étrange pièce ronde, elle continuait de la faire passer entre ses doigts habiles.
"Il voulait que cela vous revienne."
Le milicien lui avait tendu cet absurde héritage que son mentor avait jugé bon de lui léguer. Un bout de rien, récupéré quelques semaines après sa mort. Celui envoyé pour honorer cette "dernière volonté" n'avait, d'après ses dires, "pas réussi à la trouver avant."  C'était surtout qu'il n'avait pas osé... bien sûr. Qui pouvait l'en blâmer ?
Ce mois dernier, Heather avait arboré une indifférence un peu trop inquiétante. Le lendemain même après qu'elle ait regardé brûler le carton sommaire dans lequel gisait le cadavre de Medrick, les civils avaient fui Heather telles des mouches face à un charognard qui vient ravir une carcasse.

L'on racontait qu'Heather était mécanique lors de ses interrogatoires, reculée de l'instant, si bien que les cris et supplications ne l’atteignaient pas. Elle trouait la peau comme on cousait un tissu, qu'importe le sang coulant sur ses mains et les hurlements insupportables : elle n'écoutait pas. L'on disait aussi qu'elle préférait les tortures dans le détail : arracher une dent, et une suivante, puis forcer le sujet à mordre dans une plaque rouillée pour sentir le vide s'entrechoquer aux côtés des autres encore intactes, forcer la mâchoire à claquer jusqu'à ce qu'on ait l'impression que ses dents restantes se tordent vers l'avant... mais était-ce seulement une impression ?
Il y avait beaucoup de choses qu'on supposait à son sujet. Des choses qu'elle ne réfutait pas forcément...

Lentement, elle caressa du plat de son pouce la surface du métal refondu, remodelé en une sorte d'orbe cabossée où seul un cercle était gravé dessus. Un cercle... sur du fer... Medrick avait toujours gardé cette étrange pièce aux contours irréguliers dans le fond de sa poche. Elle n'avait jamais compris le sens de son comportement.
"Pour me souvenir" fut la seule explication qu'il lui avait cédé de son vivant. Se souvenir de quoi ?

Refermant finalement son poing sur l'objet, un bruit de pas lui fit relever la tête. Elle crut apercevoir un pan de vêtement disparaître vers l'intersection des deux couloirs. Retenant un soupir, Heather s'approcha pour s'assurer de l'identité de la personne. Lorsqu'elle tomba face à la demoiselle qui se tenait au mur en donnant l'air de prier pour ne pas tomber dans le vide, elle pencha légèrement sa tête sur le côté.

Hadler ? Vraiment, mais qu'est-ce que tu fais ici ? lui demanda-t-elle sans véritablement attendre de réponse. L'expression sur le visage de la brunette fut suffisant pour qu'elle comprenne que sa présence n'était pas de l'ordre du hasard. Heather jeta un furtif coup d'oeil vers le couloir adjacent, survolant les différentes portes présumées... Le compartiment de Krymov Sherkan se trouvait non loin. Le sergent, celui récemment habilité à entraîner la protégée de façon plus ou moins officieuse... une simple coïncidence ? Heather ne croyait pas aux coïncidences. D'autant que cette gamine avait manifestement un don pour mettre dans sa poche les gens chargés de sa surveillance... c'était exaspérant.

— Très bien, suis moi. lui dit-elle avec calme. Elle ne l'attrapa pas même par le bras, se contentant de plonger ses prunelles ambrées dans les siennes.
Si la favorite du "prince" était futée, elle comprendrait d'office que la solution la plus intelligente serait de se laisser emmener vers son interrogatoire sans faire de vagues.
Ce sergent... quel profond idiot, pour peu qu'il ait effectivement quelque chose à voir avec tout ça, elle ne laisserait pas passer cet écart de conduite.

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 Sujet: Re: (01/01/2481) (9h) Not safe and sound at all ▬ Heaven   Mar 20 Mar 2018 - 17:31



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On ne pouvait pas faire plus mauvaise rencontre ces temps-ci... Sur un caractère plus personnel, si, je pouvais faire plus mauvaise rencontre. Des rumeurs que j'avais entendu, la seconde n'était pas dans ses meilleurs jours. Sa tête inclinée, elle me jaugea en demandant à juste titre ce que je pouvais bien faire ici. J'esquissai ce qui semblait être un sourire courtois. De ceux qui s'excusaient sans qu'on le veuille. Un simple "euh" s'extirpa de mes lèvres, ne sachant quoi répondre pour éviter de finir au trou... Le regard de Rowe lorgna le couloir duquel je venais. Expirant longuement, je baissai légèrement les yeux. Loin d'être idiote, elle devait comprendre que je n'étais pas venue par simple plaisir d'enfreindre les règles. Sa froideur me laissait lui prêter une certaine lassitude face à cette situation.

Sans attendre, elle m'ordonna de la suivre avec un regard insistant ne laissant pas de place aux excuses et justifications. Mordillant mes lèvres de l'intérieur, je ne voulais pas me résigner à la suivre. Est-ce que demander à être conduite auprès de Wernher était une possibilité ? Il ne m'épargnerait sans doute pas et au vu de ce qui s'était passé, j'aurais certainement plus de mal à lui mentir à lui qu'à la seconde de Drake... ou pas. Mais à choisir, je préférais que le Commandant ignore cette escapade. Ça ne valait sûrement pas les quelques jours d'isolement que ça me coûterait peut-être avec Heather en juge, mais auprès de Goran j'avais l'impression d'avoir cumulé bien trop d'erreurs ces derniers jours pour me permettre d'ajouter ça à la liste... C'est alors qu'en silence, j'abdiquai d'un signe de tête, suivant Rowe.

Loin de vouloir causer le moindre tord à Krymov pour ma présence inopinée, je réfléchissais à une façon d'expliquer la situation sans le mettre en porte-à-faux. Si en plus de l'avoir dérangé pendant son unique jour de repos je lui attirais les foudres de ses supérieurs, il ne m'épargnerait pas le moins du monde. Je ne pense pas qu'il en viendrait à me houspiller chaque seconde que nous passerions ensemble, mais je craignais de perdre son amitié. En tout cas ce qu'il semblait m'accorder en guise d'amitié... À part ses hommes, il ne se familiarisait pas avec grand monde. Le fait qu'il s'accorde à me laisser l'approcher en dehors des entraînement me laissait penser que, sans me considérer comme faisant partie de son équipe, il avait de la considération pour moi. Et je ne voulais pas perdre ça. Pas maintenant. Dans les abîmes où je semblais résider, j'avais besoin de croire en son soutien. En la confiance qu'il m'accordait...

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 Sujet: Re: (01/01/2481) (9h) Not safe and sound at all ▬ Heaven   Sam 24 Mar 2018 - 8:50



Pourquoi fallait-il qu'ils aient cette manie insupportable d’enfreindre les lois ? C'était la question que Heather aurait voulu lui poser tandis qu'elle ouvrait la marche, ignorant les rares curieux qui croisaient leur chemin. Elle profitait de la froideur étrangement agréable que procurait la pièce contre la paume de sa main à mesure qu'elles avançaient.

Les temps étaient à la survie, au maintient de l'ordre et à la protection. Lorsqu'on acceptait que quelqu'un devienne milicien, celai signifiait qu'on lui offrait une certaine confiance en gage de sa bonne foi. Mais Hadler insultait l'avant-poste à chacun des pas qu'elle faisait. Si elle se mettait jusqu'à corrompre le commandant et les sergents, qu'est-ce que cela signifiait vis à vis de la force mentale présumée de ceux qui étaient censés rester intransigeants et professionnels ?
Cette Eiven Hadler était une nuisance... Dès qu'Heather avait entendu son "euh" hésitant, dès qu'elle avait vu ce sourire d'excuse étirer les lèvres de la demoiselle, elle avait ressenti l'irrémédiable envie de lui envoyer une gifle pour lui faire ravaler son comportement de gamine.
Que croyait-elle faire dans le couloir des officiers ?
Qui pensait-elle être pour se permettre de déteindre sur des hauts gradés ?
Le problème étant, le commandant Wernher l'avait pris sous son aile, d'une manière ou d'une autre, ce qui donnait l'impression à Heather d'avoir à jouer les nounous du secteur. Insupportable.

— Entre et assieds-toi lui dit-elle d'une voix vide d'émotions une fois la salle d'interrogatoire ouverte. Après quoi elle ferma la porte et alla s'asseoir à son tour en face d'elle. La seconde resta silencieuse de longues minutes, le regard froid et le visage indéchiffrable. Elle n'était pas certaine pour ce sergent, mais elle devait étayer les possibilités... Finalement, elle déposa délicatement sa pièce sur la table tout en parlant avec beaucoup de lassitude.

— Tu me fatigues, Hadler souffla-t-elle.


— Je suis fatiguée de devoir gérer des écarts de conduite quand il reste tant à faire à côté... Fatiguée parce que j'imagine ces gens qui mériteraient d'être à ta place. Des gens qui se battent sans relâche et à qui on pourrait offrir sa confiance sans aucun doute...

Elle faisait tourner l'ovale en métal avec dextérité, son regard fixé sur les reflets métalliques dessinés par la lumière austère de la pièce.

— Tu connais les souffrances de ceux voués à l’extérieur et pourtant tu continues à t'amuser, à fureter chez ceux qui feraient mieux de se soucier de problèmes plus graves et plus importants qu'occuper une gamine en mal de sensations.

Elle retint la pièce dans son dernier mouvement, comme un piège se refermant sur un oiseau qui batifole.


— Je vais t'expliquer comment je fonctionne. Je ne suis pas ce sergent -et elle appuya bien sur ce mot pour lui faire comprendre qu'elle la suspectait d'être sortie de son compartiment- de même que je ne prends pas particulièrement mon pied à éclater la tronche des midinettes.

Elle releva lentement ses yeux vers la jeune femme, ne trahissant rien d'autre qu'une profonde impassibilité.


— Je fais ce qui doit être fait. Si pour cela je dois prendre mon temps, alors je le prendrai. On peut passer par deux options. Soit tu deviens courageuse pour la première fois de ta vie et tu acceptes d'assumer les conséquences de tes actes en m'avouant ce petit écart. Soit je l'apprendrai par moi-même, et crois-moi Hadler, tu n'aimeras pas mes méthodes.

Elle se pencha un peu sur la table, comme si elle lui avouait un secret.


— Je ne t'offrirai pas ce plaisir de passer pour la martyre que tu aimes être. Je doute que cela ait le moindre impact sur toi... tu sembles te complaire dans cette situation d'opprimée. Cela passera plutôt par une visite chez ce cher sergent à qui je poserai quelques questions... Je suis plutôt persuasive quand je le veux. Je ne crois plus aux coïncidences depuis longtemps. En revanche, peut être que le sergent Sherkan est un homme de principes. Aussi, sa culpabilité risque de le ronger si jamais... s'il se peut qu'effectivement mes suspicions soient fondées.

Elle se redressa, s'adossa même sur le dossier cette fois, faisant à nouveau tourner la grande pièce en métal fondue sur la table. Elle savait qu'elle n'aurait peut être pas tout le temps nécessaire pour l'interroger si le commandant entendait parler dans les couloirs que la jeune femme se trouvait avec "la seconde de la défense". Entre les murs, les murmures cavalaient vite. Le comportement de son commandant continuait de la rendre incrédule. Ce n'était pas le Goran Wernher qu'elle imaginait, pas celui emprunt de principes et réputé incorruptible...


— Sauf si tu as une meilleure explication à me fournir et que je me trompe... Son regard d'ambre plongea dans celui de la recrue — Regarde-moi droit dans les yeux en sachant que le commandant t'a offert sa confiance, car persuadé que tu en étais digne, et dis-moi que je me trompe.

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 Sujet: Re: (01/01/2481) (9h) Not safe and sound at all ▬ Heaven   Mar 27 Mar 2018 - 20:05



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Pourquoi fallait-il qu'ils aient cette manie insupportable d'instaurer des lois aussi crétines que l'interdiction d'aller où nous semble sans avoir fait de rapport détaillé avec demande déposer trois jours à l'avance au bureau d'un dignitaire chargé d'accéder ou non à la requête ? Tant de complications et de fioritures qui m'exaspéraient à Reiver... Des lois que pourtant, depuis quelques jours, j'avais accepté de respecter. Ce n'était qu'un juste retour des choses qu'Heather vienne à m'alpaguer de la sorte. Son dépit était tout aussi compréhensible... Acceptant les remontrances, je pris sur moi de chercher à jouer aux fortes têtes. J'avais causé bien trop de problèmes pour ne pas en rajouter une couche et chaque personne qui tentait de m'aider se retrouvait inéluctablement dans des ennuis plus gros qu'eux. Ce n'était pas comme ça que je voyais ma présence en ces lieux... Je voulais prouver à Hiaana que j'étais capable d'être autre chose qu'un aimant à problèmes. Difficile... surtout ces jours-ci. Rien n'allait et rien n'était prêt de s'arranger...

Une invitation peu cordiale à m'asseoir m'accueillie dans une salle d'interrogatoire austère et vidée de tout intérêt. Son silence était de glace alors que je la toisais à me demander à quelle sauce elle allait me manger, la vipère. Aucun officiel porté sur l'académique et l'application bête et méchant des règles ne m'appréciait. C'était un fait évident et mérité. Alors je n'attendais pas à ce que le moindre privilège me soit accordé. À vrai dire, je n'attendais de personne le moindre privilège. Bien que Drake m'ait fait comprendre que Goran était mon seul ticket de survie à Reiver, j'avais failli perdre ce soutien que le Commandant m'apportait. Et encore cette nuit, j'avais fait un pas qu'amèrement je regretterai. Que ce soit avec Krymov ou bien le fait de m'être faite prendre dans ces couloirs alors qu'il m'avait sommée de rester discrète. Même si les mots pouvaient avoir différents sens, la discrétion dont il avait parlé était celle au sens universel : ne pas se faire remarquer, rester dans les clous. Des clous qui me nuisaient... et dont je me débattais en me blessant bien plus que si je m'étais contentée de les supporter.

Dans un soupir désabusé, Heather déclara que je la fatiguais avec mon comportement, surtout en pensant aux problèmes qu'il fallait gérer à côté et qui avaient bien plus d'importance que ma petite personne. Pour sûr, je lui donnais raison : pourquoi faire de moi une priorité quand il y avait d'autres chats à fouetter ? Je n'avais rien fait de mal bon sang... Je fronçai les sourcils lorsqu'elle énonça l'idée que d'autres pourraient être à ma place et mériteraient cette dite place. Sans grande assurance, je pensais qu'elle venait me reprocher ma place auprès du Commandant avant de me reprocher ma place ne serait-ce qu'à Reiver. Je n'avais pas demandé la confiance de Wernher. Elle m'avait sans doute sauvée, mais en rien je n'avais exigé quoi que ce soit de lui... que l'on vienne me le reprocher suffisait à m'énerver. Pour Rowe, tout ceci était un jeu à mes yeux. Je serrai les dents pour me retenir de relever ses mots. Dans son ton accusateur, la seconde ne se garda pas de supposer - à juste titre - que je pouvais être présente dans les blocs pour Sherkan. Il était le seul sergent que je côtoyais. Le seul milicien, à vrai dire, que je côtoyais.

Son petit jeu de pièce cessé m'apparaissait comme un manque. Un habillage qui retenait la froideur d'Heather jusqu'à lors. Elle passait cependant à l'étape supérieure où j'avais le choix de lui dire ce que je faisais dans ces blocs ou bien lui faire perdre son temps à devoir trouver les réponses elle-même, auquel cas je n'apprécierai pas la suite des événements. Alors qu'elle s'avançait sur la table, je plissai les yeux, un peu plus fermée. Comme si la seconde avait enfin l'occasion de déverser son venin sur moi, une aversion contenue durant tout ce temps qui m'a tenu éloigné d'elle, ses mots se propageaient dans la pièce, étouffés par les murs et l'écho silencieux qu'ils provoquaient. Se renfonçant dans son siège, elle ne me lâchait pas du regard. Ou alors elle cillait au même moment que moi, qui maintenais pourtant mon attention sans vouloir la quitter une seule seconde des yeux. Le tintement de sa pièce reprit, tel un repère paraissant bien plus humain que sa détentrice. À ses derniers mots, c'est au mien, de silence, que l'on fut toute deux confrontées. Déglutissant avant de prendre la parole, je posai mes coudes sur la table qui nous séparait avant de lui répondre. « Je ne crois pas que le Commandant ait demandé à quiconque de m'accorder une confiance égale à celle qu'il me donne. Bien que je trouve que toutes ces agréables paroles soient une perte de votre précieux temps, je suis ravie que vous ayez eu l'opportunité de les prononcer face à moi, commençai-je en considérant pourtant que c'était une très mauvaise idée de démarrer ainsi. Je sais très bien que je n'avais pas à me trouver dans ces blocs et sans m'en excuser, j'accepterai les sanctions qui s'imposent. Je ne crois pas que les détails de ma présence vous concernent en quoi que ce soit : je n'ai rien fait de mal. Le sergent Sherkan étant en repos, je n'avais pas d'autre moyen de le voir que d'aller frapper directement à sa porte. Ça vous suffit ? » Appuyai-je en gardant toutefois un ton détaché et loin de l'énervement qui pourtant bouillonnait en moi. Elle me faisait peur, c'était indéniable, mais je voulais tenter de m'en sortir sans forcément m'écraser comme Drake avait aimé m'écraser. Bien que des surprises pouvaient encore arriver, je ne pensais pas Heather capable de me violer et de me laisser pourrir toute une nuit sur un plancher imbibé de son urine. Ce qui, de suite, aidait à relativiser.

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 Sujet: Re: (01/01/2481) (9h) Not safe and sound at all ▬ Heaven   Ven 29 Juin 2018 - 23:47



Au début, elle crut avoir mal entendu. Elle ne pouvait qu'avoir mal entendu. Il était impossible, improbable, qu'une personne qu'elle jugeait totalement insignifiante entre ces murs ait osé lui formuler une telle réponse. Il lui fallut quelques minutes de long silence pour assimiler le fait que ces mots, elle ne les avait pas imaginés.
Doucement, elle se pencha sur la table qui les séparait, les sourcils à demi froncés.

— Tu ne crois pas que cela me concerne ? qu'elle répéta d'un ton monocorde, ses yeux qui la fixaient ne trahissant rien, comme s'ils étaient devenus deux miroirs sans tain.
Tout à coup, elle se redressa de sa chaise et lui plia brusquement le bras dans un angle tout sauf naturel : assez pour lui faire mal, mais pas suffisamment pour le lui briser... pas encore. Rendue debout, une main posée à la plat sur la table, l'autre tenant la jeune femme, elle pencha légèrement la tête sur le côté, toujours indéchiffrable.

— Hadler, depuis quand tu te permets de réfléchir ? lui demanda-t-elle, exerçant une pression de plus en plus plus forte sur son bras.

— Parce que si tu étais quelqu'un de réfléchi, je ne serais pas ici en ce moment même, à te demander pourquoi tu te pavanes dans les couloirs de Reiver comme s'ils t'appartenaient, n'est-ce pas ?

Elle savait qu'Eiven était devenue la protégée du commandant au point que si elle lui cassait le bras, ici et maintenant -chose qui la démangeait atrocement- elle se retrouverait à devoir rendre des comptes à son supérieur. Cette pensée l'insupportait. Cette jeune cruche, qu'elle avait juste cru être une bonne comédienne peu futée, lui apparaissait dorénavant comme la plus ignoble des profiteuses.

— Les raisons de mes questions sont à des années lumière de ton quotidien insipide. Tes soucis d'ordre personnel, tes crises existentielles, ton propre avenir d’égoïste, je m'en fiche. Tout ce qui m'importe, c'est la sécurité de l'endroit. Si des règles sont mises en place ici, et que quelqu'un décide, en toute impunité, de ne pas les suivre, alors j'ai tous les droits de savoir pourquoi il a, ce que je juge être, un comportement suspect. Si on interdit l'accès à certaines zones, c'est justement pour éviter qu'une quelconque personne dissidente ne s'y introduise et ne mette son nez là où elle ne devrait pas. Alors non, Hadler, non... ça ne me suffit pas.

Elle pouvait maintenant sentir la résistance de l'articulation du bras qu'elle tordait. Il lui suffirait d'un bref mouvement pour lui déboîter l'épaule. Mais la menace du commandant et de sa réaction planait. Alors, à défaut de cela, Heather se contenta de lui tenir le bras aussi longtemps qu'elle le put, la gardant dans cet état de douleur qu'elle savait difficilement supportable, pour avoir déjà eu à souffrir de cette prise.

— Je ne suis pas le commandant, ni ce sergent. Je n'ai pas cette faculté de me laisser amadouer. Et peu importe que tu penses qu'en mettant les gens dans ta poche, Hadler, cela t'offre des privilèges et une protection. A mes yeux, tu es et tu resteras logée à la même enseigne que les autres. Je me fiche de tes traitements de faveur, et tu pourras bien astiquer le chibre de qui tu voudras, si je te reprends à me parler de la sorte, ce seront tes deux bras que tu perdras.

Son ton n'avait laissé aucun doute quant à la véracité de sa menace. Que le commandant lui somme de s'expliquer ne lui faisait pas peur, et bien qu'elle restait fidèle à ses supérieurs, c'était avant tout à Reiver qu'elle avait offert sa dévotion la plus totale. S'il arrivait qu'un jour elle ait à suivre des ordres qui iraient à l'encontre de ce pour quoi elle s'était engagée, nul doute qu'elle refuserait d’obéir. Alors ce n'était pas une simple gamine, qui semblait vouloir vivre sa crise d'adolescence par procuration, qui aurait le moindre acquis sur elle juste car elle avait tapé dans l'oeil de son commandant.

Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit, laissant apparaître un milicien. A en juger par sa tête, il ne s'attendait à trouver quelqu'un ici, et encore moins la seconde tordant le bras de la jeune Hadler. La bouche entrouverte, silencieux, il finit par balbutier de piètres excuses et s’apprêta à refermer la porte. Mais Heather lui somma de rester.

A contre coeur, elle lâcha le bras de la recrue - qui serait, à n'en point douter, douloureux pour quelques jours- puis se recula de la table, remontant ses manches de façon machinale.

— Je veux que tu l’emmènes en isolement. qu'elle ordonna au milicien d'une voix sans émotion. Malgré son attitude imperméable, une chose était dorénavant sûre. En ayant manqué de respect à Heather, Eiven venait de se créer un ennemi de taille, un ennemi qui profiterait de la moindre occasion pour lui rendre la vie infernale.

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 Sujet: Re: (01/01/2481) (9h) Not safe and sound at all ▬ Heaven   Dim 29 Juil 2018 - 23:15



Not safe and sound at all
False steps are easy to make in a dark trouble time. But being lost does not absolves you to be respectful and in the nails. Be quiet, be silence, discreet and like a shadow : let them forget you, he said. She listen, but she falls... Haunted by her fears, her sorrow. She can't handle this alone. And he's not here to save her from herself... Mercy is not invited to this party my dear.

Garder ma langue liée. Ne pas créer d'esclandre... Les douleurs que l'alcool de la nuit avait étouffées revenaient comme de violents coups de fouets. Ces sensations déchirantes qui résultaient de mon agression. Ce n'était pas le moment de fléchir et je n'avais d'autre choix que de m'efforcer à tenir bon. Son regard me fustigeait. Elle était outrée de cette impertinence que j'avais de croire que ce qui s'était passé dans le bloc des officiers ne la concernait en rien. La chienne de Drake était forcément concernée par tout ce qui était attrait à la sécurité de l'avant-poste mais à mon sens, la sécurité s'arrêtait au fait que j'étais parvenue à entrer en ces lieux. Ce qui s'était passé avec Krymov n'était en rien son affaire...

Soudainement, elle sauta de sa chaise, saisît mon bras et le plia en m'écorchant un cri de douleur. À demi-relevée, penchée sur la table, j'en oublierai presque les séquelles du passage de son capitaine. Souffrances que ma nuit avec Sherkan n'avait pas dû arranger, bien au contraire... Grognant à la douleur qu'elle m'infligeait, j'essayais pourtant de garder une attention particulière à ses mots qui n'étaient rien d'autres que du venin.

Rowe déplorait que je fasse passer mes intérêts avant ceux de Reiver. Mais n'était-ce pas le lot de tout civil ? Qui avait réellement donné sa vie pour ne servir que l'avant-poste sans se soucier de ce qu'il pouvait vivre à côté ? Je n'étais pas un produit conditionné de l'avant-poste ni d'Helion. J'étais une native, loin de leurs préceptes et de leurs causes aveugles. Je vivais pour mes proches et moi-même. Une communauté qui m'avait été arrachée et que je savais ne jamais pouvoir retrouver en ces murs. Je ne jugeais pas ceux qui parvenaient à vouer leur existence à Reiver ou encore à Helion, mais visiblement, c'était un point important pour la seconde qui mettait sa dévotion en parallèle avec mon individualisme.

Un peu plus de pression sur mon bras et ce dernier se briserait en deux, et la douleur allait de paire avec cette étreinte. Traits crispés par cette souffrance, je ne voulais pas lui quémander la moindre clémence. Je ne pouvais pas... comme si les mots m'avaient été arrachés. Ou peut-être était-ce la raison qui m'empêchait de lui donner une raison de plus de me détester : une évidente couardise à ne pas assumer mes actes. De ce supplice venaient naître des larmes qui n'avaient rien de sanglots. Une réponse de mon corps meurtri que j'avais l'impression de ne regarder qu'en spectateur à la première place.

Et ses mots à elle se poursuivaient. Comme une litanie dissonante que l'on veut faire taire. Pour elle, comme pour beaucoup d'autres, je manipulais Goran et Krymov, et toutes les personnes qui m'apportaient aide et soutien. Parce que c'est ça à Reiver ? Chaque personne faisant un acte bénéfique envers un autre est une personne amadouée ? Deux mondes nous séparaient. Mais au-delà des circonstances particulières qu'elle me reprochait, je me mettais à penser que n'importe qui osant ne serait-ce que la regarder avec un peu trop d'insistance ou se risquait à lui parler sans y être autorisé devenait un nuisible à ses yeux. Gardant le silence comme contemplation à la virulence de la douleur qu'elle m'infligeait, je ne prêtais plus qu'une attention moindre à ses propos.

La porte s'ouvrit sans que je n'y accorde d'importance. Craignant plus de perdre mon bras que de voir n'importe qui passer l'encadrement de cette porte. Mais l'intrusion sembla être ma bénédiction : Rowe lâcha son emprise. Une vague de soulagement m'envahit, comme si je reprenais mon souffle après une apnée prétentieuse. C'était pourtant loin d'élaguer ma douleur qui ne fit que se répandre dans mon bras. L'isolement, c'est ce qu'elle me réservait. Ce serait loin d'elle, loin de Drake. Mais près de Wrex et de tant d'autres qui n'avaient pas en leur tête l'idée que de fasse enfin partie des leurs, de Reiver. Quatre murs qui m'étaient insoutenables... Et je doutais qu'Hylios puisse être là cette fois-ci... Le milicien approcha, hésitant. Il me saisit cependant avec fermeté, toisant sa supérieure comme s'il se posait des questions sur la raison de notre présence en ces lieux. Sans oser les poser... Brusquant ses mouvements, je gémis de douleur lorsqu'il me força à me lever. Ma voix restait dénuée de mots, éludant le regard de la seconde. Le garde allait me traîner jusqu'à une cellule sans passer par la case médecin. Je n'avais pas le cœur à surenchérir. Une fureur et une volonté qui m'échappait, comme se délitant au travers de mes doigts. Insaisissables échappées que l'air me volait peu à peu. Et cette nuit n'aura été qu'une façon de maintenir l'illusion. Au moins le temps de quelques heures que j'aurais préféré plus longues...

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(01/01/2481) (9h) Not safe and sound at all ▬ Heaven
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