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 (9/02/2481) Trois petits tours et puis s'en vont ▬ Kryven

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 Sujet: (9/02/2481) Trois petits tours et puis s'en vont ▬ Kryven   Mer 16 Mai 2018 - 16:11

Trois petits tours
et puis s'en vont
Les entrepôts étaient bien calmes, bien vides. Quelques gardes passaient dans des rondes millimétrées, rythmées par le claquement sourd des pas des miliciens. Si j'avais été habituée à être épiée, surveillée, les autres travailleurs s'étaient vraisemblablement faits à ma présence. Sans aller jusqu'à dire qu'ils me portaient dans leur cœur, au moins avaient-ils appris à me faire confiance. Ou plutôt à douter que je puisse représenter une menace pour Reiver. Les récents événements avaient donné aux miliciens de quoi occuper leurs pensées autrement qu'avec les ragots et bruits de couloirs. Aujourd'hui, les gens se fichaient presque du fait que je sois amenée à travailler pour le Commandant. Rien d'important, rien qui ne m'affiche.

Rester discrète et faire mon bonhomme de chemin. C'était une technique qui portait ses fruits. Si je ne tournais jamais le dos à personne, longeais les murs et conservais cette méfiance exacerbée envers le monde entier après mes différentes mésaventures, j'en venais tout de même à être allégée du poids que représentait le fait de ne pas être tolérée à Reiver. Même après mon intégration, ça avait pris un peu de temps avant que je me fasse à l'idée, que les autres l'acceptent. Mais au moins, aujourd'hui, c'était fait et rien ni personne ne pourrait m'enlever ça. Pas même le monstre que je fuyait.

Les nuits étaient toujours courtes, rythmées de cauchemars et du souvenir de ces sensations atroces que j'avais pu vivre. Si le temps ne parvenait pas réellement à me guérir, je considérais m'acclimater à cette condition. Malheureusement... Je gardais cette impression de ne pas pouvoir avancer, de ne pas pouvoir vraiment me reconstruire. Mais en même temps, j'ignorais si j'en avais l'envie... Qu'est-ce qui me tenait en vie ? Qui m'aidait à me lever chaque jour ? À ranger ces couteaux de combat en prenant soin de les nettoyer, j'en vins à laisser une lame aiguisée longer ma paume. Seule une légère grimace se dessina sur mon visage alors qu'un trait rougeâtre prenait forme dans le creux de ma main. Sans ciller, je regardais la coupure en laissant mon esprit s'abandonner au souvenir de ce soir où tout avait basculé ; à cause d'un couteau. À cause de mon entêtement. À cause de Drake... Qui savait que cette coupure qu'il s'était infligé à la main était pour me piéger ? Qui savait ce qu'il était réellement ?

Mon cœur battait fort alors que, d'apparence, je restais catatonique. Des absences qui me prenaient de temps à autres. Après de longues secondes, voire minutes, un sentiment d'être observée me sortie de ces songes néfastes. Je me tournai vivement, un trait de panique dans le regard, en refermant ma paume et braquant le couteau sur l'opportun. Un soupir et j'abaisse la lame avec gêne. « Krymov... tu m'as fait peur », justifiai-je en nettoyant le couteau pour le ranger dans son fourreau en cuir usé.

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 Sujet: Re: (9/02/2481) Trois petits tours et puis s'en vont ▬ Kryven   Ven 18 Mai 2018 - 15:25

C’était une belle p’tite après-midi qui s’annonçait, du genre...boulot, boulot, et encore boulot. Pas grand monde pour faire chier (à moins qu’Drake s’pointe, et vu c’que j’avais pris dans l’mois précédent, j’avais pas trop intérêt à l’ouvrir…), sauf, evidemment, un p’tit bleu. Desh. Dix neuf ans, r’trouvé desséché aux alentours l’an dernier, rentré dans la milice histoire d’se rendre utile. Un sacré p’tit boulet. Pas méchant, mais con à un point...deux mains gauches, pas finaud, au moins, il avait bon fond, mais ça fait pas un bon milicien, un type comme ça. Même récurer les chiottes, il avait du mal, alors tenir une pétoire ou s’cogner avec quelqu’un...’fin bref. Il a déboulé sans trop savoir où s’foutre pendant qu’j’finissais d’établir le plan d’ronde de la soirée.

- Sergent ! Sergent ! Dites, y a votre...euh...cousine ? Enfin, Liesel Sherkan qui s’excite...

- Putain, mais qu’est-c’que tu baves, Desh?, j’ai répondu en soupirant.

- Ben, euh, j’étais aux cuisines, sergent, et j’m’en suis fait sortir par...bah, elle quoi!
[/color], qu’il a répondu, un peu paumé.

« Liesel Sherkan » était donc une gonzesse.. J’avais déjà une p’tite idée d’qui pouvait bien s’la jouer comme ça, mais j’voulais pas gueuler sur une innocente, m’voyez ? Pas qu’ça m’dérange des masses, mais comme j’l’ai déjà dit, valait mieux pas que j’fasse du grabuge si j’voulais pas finir avec un pruneau d’acier dans la courge.

- T’as sniffé du phalène ou comment ça s’passe ? Elle est comment ?

-Ben, chatain, yeux clairs...Elle vous r’semble pas des masses, sauf...enfin, j’veux pas vous insulter, hein...mais...elle r’met un peu les choses au clair comme vous, quoi…[/color]

- Ahhh...p’tain, j’suis à côté d’la plaque. T’occupes, j’prends la r’lève. Elle est que d’passage, t’en formalises pas, t’sais c’que c’est, la famille. Mais si elle commence à faire mon job, va falloir lui r’mettre les pendules à l’heure ! Bon, bah tu tombes bien, viens m’filer un coup d’main, on va aller ranger l’arsenal.

Il a failli grogner, pis y s’est rappelé qu’j’avais tout à fait la possibilité d’lui équarrir la gueule contre l’pavé si y r’fusait. Du coup, il a suivi en la bouclant, et en deux heures, on avait rangé l’merdier. C’est dingue l’nombre d’.45ACP et de .22LR qu’on avait en stock. L’gros calibre, c’était moins courant, mais quand même. Si on s’faisait attaquer à l’occase, on était bons pour faire du tir de barrage à cinquante mètres, pis l’manque de balles se f’rait sentir...M’enfin. L’boulot, c’était d’ranger, pas d’commenter, et il avait été fait et bien fait. J’ai congédié Desh, pis j’suis allé voir Mund, comme d’hab en train d’bailler aux corneilles en attendant la ronde suivante. Un phénomène, ce type, j’vous jure.

- Hein ? Hadler ? J’crois qu’elle est à côté en train d’s’occuper des coupe-coupe.

- Merci, vieux. J’prends la ronde autour de l’arsenal ce soir, j’viens d’le ranger, j’ai pas envie qu’on m’le foute en merde. t’auras qu’à faire la partie bloc civils avec Snatch, et on envoie les autres patrouiller côté com’ et stocks.

- C’noté, sergent, sur ce...
- Sur ce, t’as encore une heure et d’mie à glander, alors profites-en bien!
- Krymov Sherkan qu’encourage ses gars à rien foutre, c’est du jamais vu, ça!
- J’dois m’ramollir avec l’âge. Salut Mund!

C’mec avait la capacité d’me faire sourire, des fois. C’était pas donné à tout l’monde, mais d’puis l’temps qu’on s’connaissait, ça aurait été con qu’il sache pas comment faire. J’sais pas pourquoi il a pas cherché à dev’nir sergent aussi, le Mund. D’autant qu’y sait écrire ce con, y pourrait tranquillement passer cap’tain’. Mais non, Mund, c’était pas son truc de donner des ordres. Alors y préférait rester en d’sous. Chacun son truc, hein...Tout en y pensant, j’me dirigeais vers le stock de couteaux pour y trouver une Eiven immobile, un couteau en main. J’devais faire un peu d’bordel, entre mon couteau à la cuisse et mon flingue à la ceinture, les plaques de protec’ sous mes fringues (on s’tient chaud comme on peut) et mes bottes ferrées, mais...A croire qu’elle m’avait pas entendu. Bah, elle respirait, c’était d’jà pas mal ! Du coup j’me suis appuyé contre l’mur, et j’ai attendu. Attendu. Attendu. Attendu deux bonnes minutes qu’elle se rende compte qu’y avait quelqu’un derrière elle. Rapide, mais pas assez, elle s’est r’tournée et m’a sorti un schlass dirigé vers moi, ma main v’nant saisir fermement son poignet pour l’faire pointer ailleurs avant d’le lâcher en considérant qu’elle avait pipé qui j’étais et qu’j’méritais pas (enfin, à ses yeux), d’me ramasser un couteau dans la poitrine.


- Krymov... tu m'as fait peur.

- T’faut pas grand-chose, frangine, va falloir travailler un peu l’instinct...ça fait deux minutes que tu l’tiens sans bouger, ton cure-dents. , qu’j’ai répondu avec un sourire en coin.

Ouais, les couteaux d’combat, en général, c’était du 20-25 centimètres, garde plus lame...quand on compare avec les tranchoirs que j’me promène, ça avait effectivement l’air de cure-dents, les machins qu’elle nettoyait. Faut dire qu’c’était plus pratique et rapide, pour s’battre contre quelqu’un, mais quand y fallait percer une carapace ou fracasser des écailles, un truc qui r’lève plus d’la machette qu’du canif, c’était quand même plus pratique. Mais rev’nons en à nos affaires :

- Sérieus’ment ? « Liesel Sherkan » ?, j’ai lâché avec un sourire désabusé en secouant la caboche de gauche à droite, Y a plus crédible comme blaze...s’tu t’amuses à l’sortir à un pégusse qui lèche les valseuses de Wernher, ça risque d’faire tâche. M’enfin, ça m’a quand même bien fait marrer ! Tu veux un coup d’main avec les coupe-papiers ?

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 Sujet: Re: (9/02/2481) Trois petits tours et puis s'en vont ▬ Kryven   Lun 21 Mai 2018 - 1:57

Trois petits tours
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Des pensées sombres mais surtout bien plus profondes que je ne le croyais. Une baisse de vigilance, d'attention, un saut dans l'ombre. Mon âme s'égarant dans un flottement, voguant vers les tumultes qui me bousculent malgré les mois passés. Mais il faut faire bonne figure. Sans pouvoir prétendre que tout va bien, on peut se voiler la face et laisser croire que tout va au moins pour le mieux. Il ne sait pas ce qui s'est passé et ne m'a jamais posé de question sur ce qui avait pu se passer. Il avait été le premier à me soutenir sans chercher à savoir. Se doutait-il ? J'en avais aucune idée... Je m'étais persuadée, face à son silence, que le sergent ne soupçonnait pas l'horreur que j'avais pu vivre. Et je pensais que c'était mieux ainsi. Je lui causais bien trop de soucis pour ajouter ça à ses préoccupations. Il y avait assez de Goran qui s'était mis en tête de déterrer le coupable, pas besoin de mêler Krymov à ce drame.

Répondant timidement à son sourire, je détournai mes yeux des siens. Effectivement, je n'aurais pas dû m'absenter ainsi. C'était lui, alors ça allait. Mais ça aurait pu être Drake... ou toute autre personne me voulant du mal. Si leur nombre s'était réduit, il en restait quelques uns. Essuyant le couteau, je le rangeai avant de prendre un chiffon gardé de côté, un moins sale que les autres, pour éviter de mettre du sang partout. Je posai le tissu sur la plaie, reportant mon attention sur Krymov lorsqu'il mentionna ma fausse identité : Liesel Sherkan. Je fronçai les sourcils en souriant nerveusement. Plus crédible ? Certes, la personne de qui je tenais ce prénom était l'antonyme parfait de Krymov. Mais ce n'était qu'un prénom. Et son nom n'était qu'un nom. Cependant, je comprenais la problématique.

D'un haussement d'épaules nonchalant, je m'en remis au rangement des couteaux en me décalant pour lui laisser de la place pour m'aider. Il en restait un peu moins d'une dizaine sur l'étal. « Je ne pensais pas à mal. Pour une fois, je ne voulais pas être la petite privilégiée de Wernher aux yeux d'une recrue et d'un milicien. Cette fille... Magda. Elle est arrivée il y a peu. Je crois qu'elle est dans ton groupe de recrues. Elle est... intéressante. » Mon jugement n'avait pas de grande valeur, mais je sentais envers cette jeune fille une affinité naturelle. Si elle ne ressemblait en rien aux personnes qu'il m'était donné de rencontrer, elle éveillait en moi une certaine curiosité. Aucun rapport avec mon don ni un passé lointain. Ce n'était pas une native et elle venait d'Helion. Rien ne nous liait vraiment. C'était abstrait, mais une petite voix me disait de l'aider, en tout cas d'être là pour elle. Qu'elle ait à faire à Krymov en instructeur n'était pas pour me rassurer sur son intégrité physique à venir, mais au moins je savais qu'elle était entre de bonnes mains s'il la gardait dans son groupe.

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 Sujet: Re: (9/02/2481) Trois petits tours et puis s'en vont ▬ Kryven   Sam 7 Juil 2018 - 12:37




-  Je ne pensais pas à mal. Pour une fois, je ne voulais pas être la petite privilégiée de Wernher aux yeux d'une recrue et d'un milicien. Cette fille... Magda. Elle est arrivée il y a peu. Je crois qu'elle est dans ton groupe de recrues. Elle est... intéressante. »


Magda? Intéressante? Ehbeh putain, elle y allait pas a moitié! Sérieus'ment, j'avais d'jà vu des limaces sous morphine avec d'meilleurs réflexes! Intéressante...encore une p'tite suceuse du dôme qu'a les boules de s'peter un ongle sur chaque exercice, vous croyez VRAIMENT qu'elle allait faire long feu dans une unité ou même a l'entraîn'ment, on s'colle des parpaings bien réels histoire d'être prêts a affronter l'extérieur? Bah, Cowen, c'était une énième paumée qu'on foutait chez moi pour l'endurcir. A trois cent bornes, que j'l'avais senti en voyant sa gueule. Mignonne, hein, j'dis pas. Mais c'était une putain d'crevette, pas habituée a t'nir une arme, et encore moins a s'battre. J'm'etais inscrit au tournoi, c't'année, pour trois raisons : un, montrer un peu a Eiven qu'avec un peu d'volonté en rab', elle pouvait en calmer quelques uns, deux, défier Drake, qu'allait sans doute s'planquer une fois d'plus, et trois, apprendre la vie a la p'tite nouvelle. C'était dev'nu un pré-requis dans l'unité. Si j'm'inscris pas, les autres sont libres d'le faire. Mais si j'm'inscris, tout l'monde suit. Point barre. M'enfin, j'ai choppé un des couteaux, et m'suis affairé a aiguiser la lame a toute blinde avant d'la huiler, l'essuyer, et l'ranger. Pis l'second est v'nu lui aussi subir l'meme sort.

- J'reponds en partant d'la fin. Magda... Elle est p't'etre "intéressante" a tes yeux, mais elle a aucun intérêt pour Reiver. J'ai assisté a la dispatch des p'tits bleus. Elle sait pas s'battre, elle a pas d'esprit d'analyse, des réflexes proches d'ceux d'une brique et elle tire tout l'temps la gueule...nah. J'appelle pas ca "intéressant". Quand a toi...tu verras. Bientôt, ca changera. Si tu t'effaces, tu s'ras l'ombre du commandant. Si tu t'affirmes, le lien s'fera plus dans la tête de tout l'monde. Faut juste la jouer fine, on dirait pas comme ca, mais...il est pire qu'Eil.

Sur la seconde partie d'ma tirade, j'ai souri. Parc'que j'me doutais qu'si elle merdait pas, c'tournoi lui donn'rair bien assez d'credit auprès des autres pour en faire taire un paquet. Mais pour ca, faudrait qu'elle écrase ses adversaires. En un sens, ca voulait dire montrer qu'elle apprenait d'elle même a se défendre, a servir le camp en cas d'pepin. Mais surtout, ca voulait dire : j'prends mon indépendance physique. J'ai pas b'soin d'lui pour assurer mes miches. Et ca, hors du dôme, c'était pas des paroles ou des gestes en l'air. J'ai choppé l'troisieme couteau pour lui faire le même sort qu'aux précédents. Quand on a l'habitude de l'faire sur des tranchoirs, affuter, nettoyer et ranger des canifs, c'était pas bien difficile.

- On aura sur'ment quelques s'maines d'absence, les gars et moi, y parait qu'on va d'voir baby-sitter des binoclards jusqu'au dôme pendant qu'y font des rel'vés du terrain. Si t'as la moindre merde qui t'arrive, j'veux le savoir au retour. Ca fait longtemps qu'j'etais pas sorti...ca va faire du bien. Mais vu l'nombre d'connards ici, j'te cache pas qu'j'suis pas rassuré pour tes miches...tu sauras t'démerder?, j'ai d'mandé en rangeant un couteau d'plus.

En fait, j'me f'sais un putain d'sang d'encre. J'veux dire...Eiven avait l'air sujette aux crises, angoisses et autres. Et j'ai assez vu d'gens dev'nir dingues pour savoir qu'y avait plus d'quatre-vingt dix pour cent d'chances qu'une des raisons d'ses crises soit la, dans l'coin, quelqu'un ou quelqu'chose qu'on croise tous les jours. Sans compter ceux qu'osaient pas faire quoi qu'ce soit parc'que Wernher, et parc'que Sherkan. Mais une fois l'un des deux parti, y avait un risque qu'ce soit pas la même affaire. J'veux dire...y a pas grand monde qui vient chercher Goran comme ca, histoire d'lui faire part des p'tits malheurs de la vie : il est occupé en permanence. Alors si Eiven s'pointe, c'est qu'quelque chose de grave est arrivé. Et la, ca va partir en couille. Et elle le sait. Alors elle ira pas a moins qu'ce soit atroce. Et si mes gars et moi sommes pas la...ben y a personne en operatif direct pour retamer du boulet. Et ca, ca fait déjà jaser les salauds d'base...et voilà pour l'dernier schlass!

On avait plié l'entretien tranquillement, a deux, et j'lui ai collé une tape dans l'épaule (gentille, hein, j'voulais pas non plus lui Peter l'bras, c'était amical, et elle a moins d'amortisseurs que Mund a c't'endroit la). Comme a un pote. Pourquoi j'l'emballais pas en lui disant qu'j'avais un peu plus de r'senti pour elle qu'une simple envie d'lui rouler un patin voire plus parc'qu'elle était bonne? Pourquoi j'la prenais pour une conne a jouer les blindés alors qu'ce s'rait tellement plus simple d'm'ouvrir? Parc'que j'avais peur. D'moi meme ou d'elle? Bonne question. J'pense que c'était plus personnel. Y a un moment ou l'homme qui construit, il en a marre d'voir tout c'qu'y fait s'peter la gueule. Alors y d'vient l'homme qui s'en fout. Et pour ca, y faut sacrifier pas mal de trucs. Notamment une bonne part d'humanité, genre... Sentiments. Du moins, c'est pas des trucs qu'on peut effacer ou lâcher comme ca. Mais on peut les r'fuser, s'en prémunir. J'm'etais fait avoir par Eiven. J'lui accordais d'l'affection, un peu comme un...ouais, c'est dégueulasse, mais comme un grand frère légèrement incestueux. Et l'reste, j'le planquais. J'me planquais. J'vivais comme ca : en limitant mes attaches. Et même si j'avais pas l'choix, en un sens, si j'voulais m'conformer a mon code de conduite, j'étais tiraillé entre l'envie d'ouvrir bien grand ma gueule et envoyer chier presque quarante ans d'expérience pour jouer les puceaux en émoi et continuer a la fermer, a l'ancienne. Et cette deuxième option était bien plus raisonnable. Mais j'allais pas m'tirer comme ca, la laisser en plan. J'avais des d'voirs, des obligations, OK, mais c'était l'genre d'excuses pourries qu'j'aimais pas utiliser. Jamais la hiérarchie passerait d'vant quoi qu'ce soit a mes yeux. La loi du plus fort, c'était partout et tout l'temps. Et comme j'pouvais toujours rabattre Jab sur la ronde de l'arsenal pour aller patrouiller côté civils...y avait pas photo : mon travail attendrait un peu.

- t'avais prévu quequ'chose, ce soir?

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 Sujet: Re: (9/02/2481) Trois petits tours et puis s'en vont ▬ Kryven   Dim 15 Juil 2018 - 11:15

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Comme un automatisme plus qu'une envie d'aider sans doute, Krymov prit un couteau et commença à le nettoyer. Des gestes mécaniques auxquels il avait bien plus l'habitude que moi. On ne me laisser que récemment m'occuper des armes. Je n'avais été officialisée qu'il y a deux mois, normal que l'on réfléchisse encore aux tâches que l'on peut ou non me confier... Et vu ce qui s'était passé avant que Krymov n'intervienne, je craignais que me donner l'accès aux armes ne soit pas une très bonne idée...

Nettoyant les armes, Krymov m'évoqua ses réticences face à Magda. La jugeant inapte à se rendre réellement utile pour l'avant-poste. Je cillai. Hormis ma capacité qu'il m'est interdit d'évoquer, je ne me sentais pas plus utile qu'elle... Si j'étais parvenue à obtenir une place, alors elle aussi, elle pouvait le faire. Peut-être que ses résultats insuffisants la feront finir simple civile à Reiver, mais on lui trouverait forcément une utilité quelque part.

Quant à moi... Pour lui, les choses iraient en s'arrangeant. Je comptais bien me faire oublier. Ne plus faire parler de moi autrement que par mes actes voués à l'avant-poste et ne plus donner la moindre occasion à Drake, Wrex, Rowe et tous les autres de s'en prendre à moi. Difficile de garder le contrôle sur de tels paramètres, mais je comptais bien faire mon possible. Fronçant légèrement les sourcils, je ne comprenais pas la comparaison entre Eil et le Commandant. En tout cas cela me prit quelques secondes. Car si Eil était sévère et intransigeant, les choses restaient carrées avec lui. Mais pour Goran... Je ne le voyais jamais s'emporter, et même à mes débuts à Reiver, face à moi il ne s'emportait pas non plus et ce malgré les occasions qu'inconsciemment ou non, je lui donnais. Mais depuis ce qui m'était arrivé, j'avais vu se dessiner sur son visage des expressions qui suffisent à vous glacer le sang. Des menaces dont la cruauté dépassait l'entendement ; après tout pour lui, c'était si facile de faire du mal... Alors Eil était le courroux froid et impartial d'une lame. Et le Commandant l'appel sanglant de la vengeance. Ces deux-là faisaient un duo implacable...

Continuant à astiquer les armes et les ranger, jetant quelques coups d'œil à la technique de Krymov pour l'imiter et accélérer mon rythme, je l'écoutai parler de sa prochaine mission. Loin de la surveillance du camp, il irait escorter les scientifiques qui quittaient l'avant-poste. Un œil inquiet se posa sur lui. Pas de me retrouver seule, pas qu'il vienne à lui arriver quelque chose. Seulement... je m'étais habituée à sa présence et sa compagnie était l'une des rares que j'aimais et pouvais supporter sans craindre quoi que ce soit. Sans doute que cette presque terrible nuit de janvier jouait plus que de raison dans la façon dont je le percevais aujourd'hui... Si je ne me souviens pas précisément de tout, je me souviens de ses mots et de ce qu'on avait pu faire. De ce sentiment qui m'avait envahi lorsque, dans ses bras, j'ai trouvé un sommeil paisible. Je n'avais plus vraiment dormi correctement depuis... espérant tomber de fatigue avant que l'heure du levé ne sonne... « Ouais, bien sûr. J'ai beau être ton élève depuis seulement deux mois, je pense avoir de quoi me démerder », assurai-je d'un sourire tremblant.

Car en réalité, j'avais peur. Peur de me retrouver seule. Mes gestes sur le dernier couteau que je tenais n'étaient plus aussi précis et mes pensées lointaines. Après ce qui s'était passé avec Aidan, je ne pouvais pas m'empêcher de me dire : et si ça recommence ? Mais si ça recommence quand Krymov n'est pas là alors... alors la première personne à être au courant serait certainement Drake. Et Drake n'irait pas me traîner jusqu'à Goran, non... Et mon pouls commençait à s'emballer, ma respiration à s'accélérer...

Une tape sur l'épaule. Je reprends contact avec la réalité à toiser Krymov du regard. Il n'était pas encore parti. Il était là. L'envie de me blottir contre lui et de le supplier de m'emmener avec lui... une envie passagère de tout laisser en plan et ne plus avoir à affronter mon bref passé à Reiver... Mais je devais tenir bon. Il m'avait prévenue, de ne pas m'attacher. Il m'avait mise en garde face à ces limites qu'il imposerait. Et je voulais respecter son choix. Nous avions beau être proches, plus qu'un instructeur et sa recrue, plus que deux amis, je ne pouvais pas me permettre de jouer l'égoïste à le prier pour qu'il ne parte pas. Pourquoi les choses se devaient d'être compliquées dans cette relation qui, pourtant, avait tout pour nous apaiser l'un l'autre plutôt que de nous torturer ?

Un haussement d'épaules. « M'étaler sur ma paillasse en espérant trouver le sommeil avant que mes camarades forcés de chambrée n'arrivent... Allongée ici par terre je dormirais mieux que dans ces blocs surpeuplés... Pourquoi cette question ? » Oh que oui... étalée sans couverture ni paillasse au sol d'un lieu sordide serait plus confortable que moi entourée de 4 personnes, en partie inconnues, dans le plus douillet des lits. Je n'arrivais plus à supporter le contact des autres, en tout cas de ceux qui n'étaient que des connaissances ou alors des inconnus. Je me méfiais de trop, une paranoïa qui ne s'arrangeait pas... ce qui était paradoxal avec l'idée qu'à me retrouver seule, je paniquais. L'idée que si quelqu'un d'indésirable venait me rejoindre et qu'il n'y aurait personne pour voir ce qui se passe, m'aider... Je faisais encore ce cauchemar où Drake me flanquait au sol et me ligotait à son bureau. J'avais alors la sensation d'étouffer, de ne plus pouvoir crier ni même parler, que chacun de mes membres devenait si lourd qu'il m'était impossible de me débattre. De quoi vous filer des paralysies du sommeil bien flippantes... Mais nous n'y étions pas, à cette heure fatidique des cauchemars.

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 Sujet: Re: (9/02/2481) Trois petits tours et puis s'en vont ▬ Kryven   Dim 15 Juil 2018 - 15:26


- j'vois ca. Encore deux mois et tu causeras comme moi, a c'rythme la., j'ai laché avec un sourire en coin, avant d'reprendre plus sérieusement : mais j'suis pas aveugle, Eiven. T'as changé pendant ces deux mois. J'me souviens du premier entrainement qu'on a eu. Et d'tous les suivants. Enfin, j'te cache pas que quand tu t'es pointée dans mon bloc a trois plombes du matin, j'ai pas grand souvenir de la soirée...j'avais p't'etre un peu poussé sur la 'teille.


C'est vrai qu'j'etais pété comme un coing ce soir la. 'Fin. J'ai pas le blackout de la soirée pourrie, celui ou on cherche a s'rappeler parc'qu'on sait qu'on a merdé sec, c'est qu'ca d'vait être sympa. Avec un peu d'recul, j'me rends compte que j'étais pas bien curieux, d'pas lui d'mander. Elle avait beaucoup moins tisé qu'moi, elle d'vait s'en souv'nir sans problèmes...m'enfin, c'était pas l'sujet d'la discussion. Ou plutôt d'mon propos, hein. Vu qu'c'est moi qu'ai amené ca sur l'tapis. enfin...sur l'pavé, du coup, vu qu'on était dehors.

- M'enfin, tu réagis plus comme en c'temps la. Tu rases les murs, tête baissée...pense pas, hein, j'suis responsable des deux tiers des tours de garde, ici. J'te vois passer souvent. Et m'dis pas qu'c'est le changement d'environnement, j'te croirais pas. Qu't'aies pas envie d'parler d'quand j't'ai ramassé a la petite cuiller et de c'qui t'a mis dans cet état, j'comprends. J'te demande pas d'le faire, mais si t'en as envie, j'suis la. T'as du passer un sacré sale moment. Si j'savais qui l'a causé, Aidan, a côté, ce s'rait qu'une petite rouste qu'il s'est mangé. Alors je deconne pas. Si y t'arrive une merde, c'que j'espère vraiment pas, j'veux en être averti des mon retour. OK?

J'étais sérieux. Des gueules de traumatisés, j'en ai vu passer un paquet dans ma vie. Allez savoir pourquoi, suriner un gamin d'quatre ans devant sa mère, abattre un d'ses propres hommes de sang froid ou casser des phalanges une par une pis arracher les ongles l'un apres l'autre pour avoir des infos ca a tendance a choquer. Et ca donne des gens qu'ont les glandes de tout, qui s'planquent un maximum et qui font en sorte d'gêner personne. La question d'savoir si elle pourrait s'en sortir était pas anodine. J'suis bourrin. J'sais pas lire. J'sais pas écrire. Mais j'sais voir le changement dans un regard. Surtout si j'le côtoie tous les jours ou presque. Le souv'nir d'notre premier entrainement m'a pas quitté. Elle était arrivée en culotte, avec un t-shirt pour couvrir le haut, poussée par ce gros con d'Drake. Au début, elle savait pas trop comment s'placer (pis j'ai fait comme avec tout l'monde, hein, mettre les choses au clair direct), elle a ramassé, mais elle a compris. Et elle avait l'regard d'celle qui voulait en apprendre plus, celle qu'était déterminée a pas s'laisser marcher sur les pieds. Et y avait qu'a la voir ce soir pour savoir qu'ca avait changé.

- 'fin bref. Du coup, pour ce soir?

-M'étaler sur ma paillasse en espérant trouver le sommeil avant que mes camarades forcés de chambrée n'arrivent... Allongée ici par terre je dormirais mieux que dans ces blocs surpeuplés... Pourquoi cette question ? 

-[b] Parc'que t'as l'air crevée mais qu't'as pas l'air d'avoir envie d'pioncer. C'est pas la balade la plus folichonne du monde, mais si ca t'dit d'faire la première ronde avec moi...j'aime bien m'balader a la fraiche, et même si j'prefere en général être seul, ca fait un moment qu'on a pas eu d'temps tranquille, alors si l'coeur t'en dit, j'peux faire l'arsenal ou les blocs civils.
, j'ai dit en haussant les épaules.

J'avais surtout envie d'passer du temps avec elle. Ces derniers temps avaient été un peu tendus pour la défense, et c'était pas d'main la veille qu'ca r'viendrait a la normale. Moi, j'dis pas, j'm'y faisais, et j'lachais rien, niveau boulot, si c'n'est que j'suis un poil plus sur les nerfs. Mais j'peux pas dimoiqu'humainement, j'sois au top. J'm'explique : j'ai la violence pour moi, mais en général, les gens, j'm'en fous. Pas forcément ma propre unité, c'est un peu l'exception, ma "meute", mais l'reste, j'm'en fous. Et y avait fallu rajouter une exception a la liste : Eiven. L'manque de temps avait fait qu'on avait pas pu s'croiser tranquillement d'puis quelques temps et...j'dois bien avouer qu'elle a fait plus qu'une p'tite fissure dans mon blindage. J'avais envie d'passer du temps avec elle. Envie d'oublier un moment qu'j'etais une machine a tuer chargée d'proteger une zone et discuter avec quelqu'un qui m'considere pas comme un leader ou comme un broyeur d'os ambulant. Juste comme...un humain. Un peu barré, pas très ouvert, mais humain. Ce s'rait déjà un bon début. Et Eiven était LA personne pour me voir comme ca...et peut être même comme plus que ca. 'Faut le reconnaitre. Ca fait du bien, des fois, de se sentir...humain. Surtout quand on l'est, biologiquement.

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 Sujet: Re: (9/02/2481) Trois petits tours et puis s'en vont ▬ Kryven   Mar 24 Juil 2018 - 11:26

Trois petits tours
et puis s'en vont
Krymov avait bien plus d'influence sur moi que je ne souhaitais l'admettre. Si ce n'était pas pour me déplaire, je savais que je n'avais pas son poids à l'avant-poste pour me permettre une telle attitude. Sinon, bien des choses auraient pu être évitées... Il en appuya d'ailleurs le fait que, depuis ces deux mois, je n'étais plus vraiment moi-même. Une ombre tout au plus. Une ombre éloignée de cette impertinence et de cette détermination qui me faisait montrer les crocs. Mais j'avais payé un prix fort... Un prix que j'avais eu la prétention de ne pas laisser m'abattre. J'avais voulu m'en persuader par bien des moyens. Partageant même avec le sergent un rapprochement qui n'aurait sans doute jamais dû se produire. Si je n'avais pas honte de ce qui s'était passé entre nous - après tout ce n'était que l'expression d'un désir commun qui n'était même pas obligé de signifier plus que cela - je n'imaginais pourtant plus parvenir à laisser un homme me toucher comme il l'avait fait. Rien de personnel, seulement je m'étais fermée dans le vain espoir qu'à me couper des autres, j'en parviendrai à oublier Drake et l'atrocité de ce qu'il m'avait fait subir.

Vint l'évocation de cette fameuse nuit qui suivait celle où je m'étais effondrée... il disait ne pas vraiment avoir de souvenirs. Je cillai. Effectivement, Krymov s'était bien amoché ce jour-ci. Et pourtant, dans ses gestes et ses mots, il ne m'avait jamais paru aussi naturel. Ces barrières que l'alcool faisait tomber... on était en droit de prétendre que le grand Sherkan ne s'emmerdait pas avec de telles clôtures. Et pourtant... mais ce qu'il m'avait dit... cette passion partagée... il avait beau se montrer fermer face aux sentiments, je comprenais que c'était un domaine qui savait lui faire perdre pied. S'il affirmait ne pas vouloir de relation sérieuse, ne pas être accroché à une âme qui attendrait son retour et tenterai de le dissuader de partir, de prendre le moindre risque, je supposais que malgré lui, il s'était mis dans cette position...

Le souci qu'il se faisait pour moi malgré le respect qu'il accordait à mon silence traduisait une vérité que seul son regard exprimait. « Personne ne peut perpétuellement veiller sur moi. Pas même toi, Krymov. Certaines choses ne peuvent être évitées et leur mal n'est pas tant dans l'acte, mais plus dans l'idée de vivre avec. Et en ça, tu ne peux pas m'aider. Enfin pas plus que tu ne le fais déjà. Mais je te promets de te dire si jamais quoi que ce soit tourne mal », soupirai-je en finissant de ranger les ustensiles utilisés pour l'entretien des lames.

Il ne pouvait soupçonner l'impact que pouvaient avoir ses mots sur moi... et je n'avais pas le droit de lui dire ce que je ressentais pour lui. Nous avions beau partager cette synergie que chaque ami pouvait envier, nous ne pouvions prétendre à plus. « Ta proposition me dit bien. Veiller aura sans doute le mérite de me faire tomber de fatigue plus vite », ajoutai-je avec un sourire. « De cette nuit où j'ai débarqué, tu te souviens de quoi ? » Tentai-je de me renseigner. Si je pouvais prendre ombrage de cet oubli, ça pouvait avoir un bon côté celui de l'empêcher de ressasser ce qui s'était passé, de venir à savoir que j'en savais plus sur ses sentiments qu'il ne souhaiterait m'en dire. Le souvenir de ce moment de volupté serait alors un plaisir coupable que je serais seule à posséder ?

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 Sujet: Re: (9/02/2481) Trois petits tours et puis s'en vont ▬ Kryven   Mer 1 Aoû 2018 - 2:53





- Personne ne peut perpétuellement veiller sur moi. Pas même toi, Krymov. Certaines choses ne peuvent être évitées et leur mal n'est pas tant dans l'acte, mais plus dans l'idée de vivre avec. Et en ça, tu ne peux pas m'aider. Enfin pas plus que tu ne le fais déjà. Mais je te promets de te dire si jamais quoi que ce soit tourne mal


J’ai souri en mode « ouais. Bof. ». J’étais pas persuadé des masses que tout pouvait pas être évité. Peut-être pas indéfiniment, surtout quand y s’agit d’crever, mais fuir la mort, ça, on l’faisait tous, et on l’évite souvent, quand on survit quelques années à l’extérieur. Mais à part ça, des trucs qu’on peut pas empêcher, j’en vois pas des masses à rajouter à la liste. En r’pensant au temps d’antan, quand on commençait juste à s’foutre sur la gueule parce que Wernher et Drake me l’avaient collé dans mes pattes (m’enfin, j’avoue qu’j’avais pas trop râlé quand y m’ont annoncé l’truc. Un peu pour la forme, j’dis pas, j’allais quand même pas prendre une civile de bon coeur, en répondant « oh, ouais, allez-y les gars, j’adore prendre des pécores qui s’ront pas foutus dans dix ans d’différencier un serpent v’nimeux d’un verre de terre en mois d’dix secondes le temps d’se rappeler les cours ou d’coller un vrai parpaing sans s’péter l’poignet ! ». J’préférais miser sur les ressources à long terme qu’sur de l’éphémère, ‘voyez ? M’enfin, j’ai pas trop trop râlé non plus, j’étais curieux d’voir c’qu’elle vallait, la pupille du comm’. J’regrette un peu d’pas l’avoir martyrisée plus au départ, j’lui ai même pas pété un os... M’prenez pas pour un bâtard, j’dis pas ça pour signifier qu’je cognerais moins fort à l’av’nir ou qu’j’aurais apprécié être plus violent avant qu’on fasse ami-ami ! J’dis ça dans son intérêt : vue sa tire et ses mots, c’qu’elle a vécu, elle aurait pu l’éviter. Elle avait juste honte d’pas y être arrivée. En la s’couant un peu plus, elle aurait p’t’être augmenté encore la cadence d’un cran, et croyez-le ou non, mais quand on pète les cervicales d’un emmerdeur, il emmerde moins après…


- Moi j’pense que si. M’enfin. J’suis un bourrin de terrain, pas un psychologue de salon. Du coup, tu vas t’coller au pageot ou tu viens t’peler les miches avec moi ?

-Ta proposition me dit bien. Veiller aura sans doute le mérite de me faire tomber de fatigue plus vite .

- Si c’est qu’ça, j’peux aussi t’coller un parpaing, t’auras pas à te geler dehors! On l’dit pas souvent, mais j’sui vach’ment serviable comme mec..., qu’j’ai répondu avec l’air le plus sérieux du monde avant d’laisser un blanc...et de reprendre : J’déconne. J’te laisserais des calmants avant d’partir. J’ai pas eu b’soin des miens après la p’tite sanction de Goran, mais j’en ai déjà eu : c’est pas des cachets d’tapette, ça t’envoie au pays des rêves en une heure qu’tu l’veuilles ou non.


- De cette nuit où j'ai débarqué, tu te souviens de quoi ?

- Hmmm...Tu t’es pointée comme une furie, j’étais peinard...Y a eu un aller-r’tour de couteau à travers la pièce où j’étais pas loin d’te laisser avec une demi-poitrine...Tu m’as fait chier dix bonnes minutes, on a picolé...Ah ouais ! Et tu t’es mangée ma paillasse, c’était magistral. Tu m’en as collé deux-trois, j’crois, ça a fini par terre, j’sais plus trop si j’me suis vautré ou si c’est toi qui m’a fait tomber...Et pis j’crois qu’on s’est emmanchés pour pas se bombarder la gueule, y a du y avoir un moment ou j’suis passé au d’sus d’toi parc’que j’ai souvenir d’avoir eu la tête qui tourne vu qu’j’avais bougé trop vite après avoir picolé et...Pis c’est tout. J’sais pas si on a continué après mais j’avais la peau du dos qui tirait vach’ment au réveil.



Bah, ça pouvait bien arriver, j’m’étais réveillé allongé sur une caisse, niveau position d’sommeil, j’étais pas vraiment sur la plus classieuse du coin, ni la moins apte a m'faire avoir les muscles et la peau qui tirent. J'sais pas. J'me sentais assez en confiance avec elle pour pas m'inquiéter d'savoir c'qu'il en etait d'après l'blackout...j'ai réfléchi une seconde, parc'que j'aime pas réfléchir plus, pis j'ai observé autour histoire de vérifier qu'aucune oreille indiscrète viendrait capter ça, avant d'rajouter :


- On a du s’embrasser à un moment, j’suis vach’ment affectueux quand j’suis bourré...Enfin, maint’nant, j’picole tout seul, du coup j’aime pas qu’on m’emmerde, mais avant, j’étais pote avec tout l’monde quand j’arrivais à 2-3 grammes, et vu qu’je pense qu’on a un peu passé l’cap de « potes »...si tu m’as pas foutu par terre parc’que j’puais la gnôle, c’pas impossible. Mais honnêtement, j’en sais trop rien.


C'est pas faux qu'd'un certain côté, j'étais tellement défracté qu'si elle m'avait pas j'té, c'était un miracle. Mais d'un autre côté, elle d'vait pas être fraiche comme un gardon non plus vu qu'on avait tombé une bouteille et deux tiers (le reste était éclaté par terre). Pas d'doute, soit elle était a moitié pétée et c'était passé, soit ca avait été un peu plus compliqué, et j'veux bien avouer qu'j'avais les dents du fond qui baignaient l'lendemain matin, mais j'pense qu'ça aurait un peu plus tiré niveau joue si j'm'étais ramassé une vraie taloche dans mon état...Conclusion logique, on avait bien du s'rouler un patin à un moment ou a un autre. M'enfin, entre les deux, c'quand même elle qui d'vait s'en souvenir le mieux.

- Et toi, niveau souvenirs? Tu d'vais pas avoir aussi mal aux ch'veux que moi l'lendemain...

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 Sujet: Re: (9/02/2481) Trois petits tours et puis s'en vont ▬ Kryven   

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(9/02/2481) Trois petits tours et puis s'en vont ▬ Kryven
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