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 Le théorème du chiffre 8 // Zorhan Eight - Terminé

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 Sujet: Le théorème du chiffre 8 // Zorhan Eight - Terminé   Dim 7 Jan 2018 - 20:08

Le théorème du chiffre 8
Comme d’habitude elle se leva aux aurores. La froideur de la nuit avait imprégné l’atmosphère, et il fallut une bonne minute à la jeune femme pour sortir de son cocon de chaleur. Etirant ses muscles, elle assouplit son corps, le mettant en éveil, estompant les mauvaises positions de la nuit. Une toilette rapide et des vêtements enfilés plus tard, Hécate pinça ses joues face au semblant de miroir accroché à la tôle de son abri. Ce dernier lui renvoya une image déformée presque monstrueuse où un œil mangeait la moitié de sa face et des cheveux lui sortaient par la bouche. Comme d’habitude elle tira la langue et celle de son double vint lécher les mèches de son front, lui tirant un sourire en coin.

Attrapant une lanière de tissu bleu elle natta ses cheveux en sortant et emprunta mécaniquement le chemin de gravier qui menait au potager. Orienté sud-ouest pour profiter de l’ensoleillement tout en se protégeant des gelées nocturnes, l’espace occupait presque 3 ha séparé par de petites haies et sillonné par des clôtures solides. Attrapant la pelle de sa main gauche elle se dirigea vers la parcelle de terre qu’elle travaillait depuis huit jours à présent. Le paillage avait nourri et protégé le sol et Hécate entreprenait à présent l’expérience risquée de planter des arbres fruitiers. Durant ses années de vie à l’extérieur, le fruitier qu’on lui avait appris à reconnaître entre tous était le dattier. Riche en eau, en sucre et en énergie, en trouver un non lesté de ses précieux fruits était un miracle qui permettait aux vagabonds de survivre plusieurs jours. Elle avait donc demandé aux éclaireurs de lui en rapporter des graines, et s’ils le pouvaient, des jeunes plants afin d’accélérer la production. Si son expérience fonctionnait, le campement de Steros aurait un apport nutritionnel supplémentaire, et son potager une densification arboricole non négligeable face au soleil tyrannique du milieu d’après midi.

Ce même soleil qui passé le zénith brûla tant sa peau que la jeune femme dû stopper son travail. Passant un bras droit faible sur son front ruisselant, elle écarta les mèches désordonnées en soufflant. L’autre moitié de rangée attendrait demain, elle avait déjà là quatre beaux spécimen plantés et quatre semis ce qui pour un total de huit était un bon début. Sur le chemin du retour elle emprunta l’étoile de rues qui conduisait à la place centrale et ses yeux cherchèrent par automatisme Zorhan. Elle le trouva en grande concertation avec deux protecteurs et son estomac se dénoua. Imperceptiblement et depuis huit, l’intendant de Steros était une part tangible de son environnement qu’elle ne permettrait pas de laisser disparaître. Sans le déranger elle poursuivit son chemin, se laissant accoster par les réfugiés du campement pour les commandes de décoctions réputées qu’elle distribuait chaque soir.

Si ce train train quotidien semblait paisible, il n’en était rien. Hécate lisait chaque jour la peur sur les visages, les fantômes dans les regards, les blessures sans retour sur les corps. Rasant les abris de fortune pour y chercher l’ombre, elle rebroussa chemin jusqu’à son propre refuge. Rafraichissant sa nuque et débarbouillant son visage, la cultivatrice s’octroya un peu de repos. Quelques heures plus tard et son petit établi bouillonnait d’odeurs de thym, de sauge et d’autres senteurs croisées plus ou moins reconnaissables. Attrapant une sacoche de cuir usée jusqu’à l’os elle y plaça ses calmants, infusions et autres petits remèdes quotidiens et entreprit sa ronde dans l’effervescence du crépuscule. Comme une fourmilière bien rodée, chacun avait son rôle, et s’acheminaient consciencieusement dans un désordre calculé. Hécate finit son tour par les postes de garde aux remparts du campement. Grimpant les échelles installées par endroit jusqu’au petit promontoire de fortune, un homme dans la force de l’âge l’accueillit avec une grimace qui pour lui devait ressembler à un sourire.

«  Hécate… t’en a mis du temps… t’as ma potion magique ? » La blonde haussa un sourcil et frappa d’une main peu délicate l’arrière crâne de l’homme.

« C’est de regarder tout ce vide qui te fait croire que t’es seul au monde ? » Lui tendant la dite infusion contre le tord boyaux dont souffrait le protecteur elle en profita pour s’accouder à la tôle revêche qui la séparait de l’horizon. Huit ans… cela faisait huit ans qu’il était mort. Huit ans qu’elle n’avait pas mis le pied dehors. N’était-ce pas le temps de briser cette malédiction ?

« Je sors. » murmura simplement la jeune femme. Le dénommé Hives dû croire à une plaisanterie car Hécate avait déjà atteint le bas de l’échelle pour se diriger vers la sortie du campement quand elle perçut de nouveau sa voix.

« Quoi ? Non tu n’peux pas … j’ai des ord … des recomm … Hécate ! » Elle l’entendit dévaler l’échelle, courir à sa suite alors qu’elle passait devant les deux gardes avec un sourire et des paroles échangés. La jeune femme retint son souffle. Et posa le pied dehors, l’un après l’autre. Seul le silence répondit aux battements effrontés de son cœur. Le silence et …

« Comment as-tu pu passer les gardes ? »
«  Je leur ais dis que j’étais avec toi. »
« Quoi ? Peu importe, tu rentres. »


Le regard azur de la jeune femme capta le sien, profond, déterminé, à la limite de ce qu’elle avait été un jour, une survivante du désert. Elle passa devant lui et il se contenta de la suivre à distance, comprenant qu’elle n’irait pas bien loin.
C’était étrange, cet immensité devant elle, sans remparts pour arrêter son regard, sans objectif pour la guider. C’était étrange et à la fois… Hécate sentit ses jambes devenir coton et elle laissa son corps épouser le sol, genoux à terre. Ses mains agrippèrent le sable et le laissèrent glisser, inlassablement. Ce n’est qu’une voix grave, bien différente de celle d’Hives qui la sortit de son hypnose.

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 Sujet: Re: Le théorème du chiffre 8 // Zorhan Eight - Terminé   Dim 7 Jan 2018 - 23:34

Le théorème du chiffre 8
La monotonie de la vie de camp pouvait lasser bien des survivants qui étaient habitués à l'extérieur, au risque et à l'adrénaline. J'étais parfois moi-même emprunt à une certaine nostalgie, à des phases de doutes où je me demandais si en dehors des remparts je ne serais pas mieux. Si cela m'arrivait à moi, j'imaginais que bien d'autres personnes qui avaient passé beaucoup plus de temps à l'extérieur percevaient également ce manque. Une hésitation qui peut nous pousser à quelques actions imprudentes. À croire que l'homme aimait le danger... Ces élans d'inconscience ne m'avaient jamais poussées à sortir. C'est que mes remords me ramenaient vite à la réalité. Et si je venais à sentir être plus poussé par mes instincts que ma volonté, alors je m'interdisais de sortir. Je n'avais pas été assez prévenant pour sauver mes amis... Alors qu'est-ce qui pouvait m'assurer que je serais capable de me protéger moi si je n'avais pas les idées claires ? Mes sorties étaient rares en partie pour ça. J'essayais, jour après jour, de me convaincre que ma place d'intendant me prenait trop de temps, demandait trop d’investissement pour que je m'autorise la moindre escapade. Je me protégeais avec des excuses auxquelles je ne croyais pas. Car la seule véritable raison qui m'empêchait de retourner chez les protecteurs, c'était la peur de mettre la vie d'autrui à nouveau en danger.

M'occupant de quelques ajustements sur les besoins les plus importants du camp en matériels, je ne faisais pas attention aux personnes qui passaient autour de moi. Toutefois, une silhouette attira mon regard avant de disparaître dans les ruelles de terre. Hécate. Nous ne nous étions pas vus encore aujourd'hui, et c'était pourtant une habitude que l'on avait tacitement mise en place ; il y en avait toujours un pour aller vers l'autre quand le temps le permettait. Une réflexion sur l'attachement que l'on pouvait avoir envers d'autres personnes qui sont pourtant très différentes de nous m'éloigna du sujet principal dont je parlais avec les protecteurs. Je secouai vivement la tête et leur demandai de s'arranger avec la lieutenante pour obtenir ce que je demandais. Après quelques mots, une poignée de mains, je pus prendre habilement congé de mes responsabilités pour me diriger vers la rue qu'avait emprunté Hécate. Arrivé jusqu'aux remparts, je demandai au garde posté s'il n'avait pas vu la jeune femme aux longs cheveux blonds. « Elle est partie avec Hives. » Obtins-je simplement. Partie ? Avec Hives ? Je fronçai les sourcils et ne perdis pas une seconde ; de rapides foulées j'arrivai à l'extérieur où je vis les deux échappés. Lorsque je m'approchai, Hécate était au sol. Sentant mon cœur se serré, je me précipitai vers elle sans prendre le temps de houspiller Hives. « Hécate ! Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui te prend de sortir comme ça ? » Grondai-je en lui tenant le bras pour l'inciter à se relever. Les alentours de Steros n'avaient rien de bien dangereux, nous étions sous la surveillance des postes de garde. Et la plaine sur laquelle nous nous trouvions offrait une vue très dégagée sur les environs : si danger il y avait, on serait vite au courant. Mais je n'aimais pas la voir dehors. Je n'aimais pas voir toute personne à qui je tenais en dehors des remparts de Steros. Cela me rendait sans doute insupportable à leurs yeux, mais s'il fallait qu'ils me détestent pour être en sécurité, soit. Qu'ils me détestent.
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 Sujet: Re: Le théorème du chiffre 8 // Zorhan Eight - Terminé   Mar 9 Jan 2018 - 23:18

Le théorème du chiffre 8

Une voix douce n’aurait sûrement pas réussi à la déloger de ses pensées. Et bien que les basses soient suaves, le ton sans appel de Zorhan brisa le silence méditatif dans lequel s’était enfermé Hécate. Elle leva vers lui un regard plein d’interrogation, ne comprenant pas bien ce qu’il faisait là et encore moins pourquoi il la houspillait de la sorte. Elle aimait tout ce qu’il représentait, la stabilité, la force, la droiture et devait bien admettre qu’ils partageaient autant de points communs qu’ils avaient de divergences. Comme celui de s’inquiéter pour absolument tout et n’importe quoi.
Elle sentit la pression sur son bras et posa la main sur celle de son protecteur pour arrêter son geste. Jouant le jeu contraire, elle l’attira vers le sol à ses côtés. Sentant sa résistance, elle eut un soupir apaisé.

« Regarde autour de toi, rien à l’horizon, et nous sommes plutôt étroitement surveillés » jetant un coup d’œil à Hives qui épiait  avec une anxiété grandissante l’intendant, son regard devina au loin les gardes postés le long de la muraille de Steros. Ses yeux clairs se rabattirent sur Zorhan avec un demi sourire.

« Allez, viens. » Et elle tapota le sable à ses côtés. Ils pouvaient bien la faire ici, leur conversation quotidienne.

Enfermée dans le confort du campement de réfugiés, Hécate en avait presque oublié ce silence. Oh bien sûr, la nuit bruissait de toutes sortes de langages, des insectes dans les arbustes secs aux champs lointains d’oiseaux nocturnes. Mais contrairement à Steros et son constant bourdonnement de vie entassée, il y avait ici assez d’espace pour écouter la vie lointaine.

« C’est étrange, j’avais presque oublié qu’il existe un monde sans les cloches de Steros. Et les cris du lieutenant… » Elle eut une moue rieuse. Caelyne avait beau être plus jeune qu’Hécate, elle était le bras droit du Guide et ce grade était mérité à plus d’un titre. Elle n’était cependant pas connue pour son tact et il n’était pas rare de la voir envoyer paitre les protecteurs trop laxistes.
Repliant ses jambes pour ramener ses genoux à elle, Hécate sentit un frisson la parcourir alors qu’elle observait la ligne sombre de la forêt lointaine. Des images passèrent devant ses yeux qu’elle chassa rapidement. Pour aujourd’hui, ces quelques mètres seraient suffisant.

Elle avait beau sentir la tension de son proche compagnon comme un orage en bocal, la jeune femme poursuivit, consentant à expliquer son geste, sachant ce que le dehors signifiait pour Zorhan, le bon, comme le mauvais.

« Cela fait huit ans… Mister Eight. Huit ans … que tu m’as sauvée. »



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 Sujet: Re: Le théorème du chiffre 8 // Zorhan Eight - Terminé   Mer 10 Jan 2018 - 3:04

Le théorème du chiffre 8
Ne ménageant pas mon intonation, laissant transparaître ainsi ma détermination à la voir retourner entre les murs de Steros, je ne lui laissais pas d'autre choix que celui de revenir à la réalité. J'aimais ce côté rêveur qui la happée par intermittence. Cette aptitude à pouvoir aller par-delà les limites qui faisaient que nous restions en vie sans pour autant se mettre en danger. Pourquoi est-ce que ça ne lui suffisait plus à ce jour ? Elle leva les yeux vers moi, m'interrogeant du regard. Mes lèvres s'entre-ouvrirent et mes sourcils se froncèrent. Elle était bien placée pour savoir ce que pouvait coûter l'extérieur. Pourquoi ne comprenait-elle pas le fait qu'il soit inquiétant de la voir sortir ainsi ? Je sentis sa main se poser sur la mienne et chercher à m'entraîner au sol. J'aurais pu - dû - la relever de force et la traîner jusqu'à l'intérieur du camp. Mais Hécate était loin d'être une enfant que je pouvais me permettre d'ainsi traiter. Tant qu'aucun danger immédiat n'était présent en tout cas. Hécate m'attira vers elle mais je ne bougeai pas malgré son soupir. « Allez, viens. » Serrant les dents, je me résignai.

Un genou à terre à ses côtés, je balayai l'horizon du regard dans un réflexe conditionné. Aux paroles d'Hécate, je tournai le regard vers Hives et fronçai les sourcils. Mécontent qu'il ait permis à une civile de sortir sans la moindre opposition. Mais j'aurais tout loisir de régler ça plus tard. Hécate avait toujours eu cette connexion particulière avec la nature. D'aussi loin que je m'en souvienne. Très différente de moi qui n'avait grandi qu'au milieu de la ferraille et du béton. Ce n'est qu'à Steros que j'avais commencé à m'intéresser à ce que pouvait réellement nous offrir la nature lorsqu'on se mettait à parler sa langue. Je respectai le silence de la jeune femme, sans manquer d'observer au loin. Mais ses paroles m'éloignèrent un peu plus que je ne le souhaitais. Et je sentais ce silence qu'elle paraissait apprécier. Sans pour autant être rassuré ni cautionnant notre position, je me prêtais plus au jeu que je ne voudrais l'admettre. Souriant à son trait d'humour concernant le lieutenant et ses cris, je posai mes yeux sur elle. La douce et intrépide Hécate. En l'observant, j'avais parfois l'impression de la connaître depuis toujours.

« Cela fait huit ans… Mister Eight. Huit ans… que tu m’as sauvée. » Je plissai les yeux et les baissai vers le sol où la terre ressemblait plus à la poussière qu'au sable des littoraux. Je ne l'avais pas aidé ni n'aidais les autres dans le souci qu'ils me soient ensuite reconnaissant. Mais je savais que ça comptait pour elle. Et sans vraiment le cacher, j'aimais ce que ça avait créé entre nous. Cette complicité que l'on ne soupçonnerait pas de prime abord. « Il y a huit ans... avant ça, je ne pensais même pas qu'un jour je remettrai les pieds hors du campement. Mais je suis content de l'avoir fait, et de t'avoir ramenée dans un lieu où tu peux être en sécurité. À l'intérieur. » J'esquissai un sourire et posai une main rassurante sur son épaule. « L'extérieur n'a rien de bon à offrir Hécate... » Fronçant les sourcils au souvenir de tout ce que j'avais pu voir ou faire pour protéger les miens ou ceux qui étaient en difficulté. La providence n'avait rien à jouer dans tout ça, si j'avais sauvé Hécate, ce n'était que par chance : au bon endroit au bon moment. Il ne fallait pas pousser le vice plus loin, ça risquait de faire plus de mal que de bien. Que ce soit en s'aventurant plus loin ou alors en provoquant les groupes environnant pour marquer notre territoire. Il fallait se contenter de ce qu'on avait et protéger ce qu'on possédait. Mais Hécate ne partageait pas cette vision... Pour elle, l'extérieur était une part de son être, de sa personne. Elle y avait perdu ceux qu'elle aimait et pourtant, l'envie d'y retourner paraissait la border. L'idée même de penser à ceux que j'avais perdu dehors suffisait à me faire rebrousser chemin... Peut-être était-elle bien plus courageuse que je ne l'étais. Ou plus naïve.
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 Sujet: Re: Le théorème du chiffre 8 // Zorhan Eight - Terminé   Mer 10 Jan 2018 - 21:45

Le théorème du chiffre 8

avec @Zorhan Eight

Un genou posé au sol, à mi chemin du consentement et du refus, Zorhan semblait autant sur le point de capituler en arrière que de se dresser aux aguets. Un tableau qui fit sourire intérieurement Hécate. Intérieurement seulement, car elle comprenait chacune des raisons qui poussaient l’intendant de Steros à maudire ces grains de sables gorgés de sang et jamais elle ne se serait permise de s’en moquer. La jeune femme suivit le regard noir de Zorhan vers Hives et eut une mine contrite. A le voir là se dandiner d’un pied à l’autre comme chahuté par la colère sourde de l’intendant, nul doute que quelqu’un allait passer un mauvais quart d’heure. Hécate se promit d’intercéder en sa faveur.

Alors que leurs regards se faisaient face dans une complicité qui leur semblait à tout deux séculaire, le brun pencha la tête au rappel octennal d’Hécate. Baissant les yeux, comme touché au vif. Si elle avait pu garder le contact, la jeune femme aurait sûrement lu dans ses prunelles azurs la culpabilité qui le mangeait encore, le blâme du survivant. Ils l’étaient tout deux certes. Mais d’une race différente. Hécate aurait pu sombrer dans le même chagrin, jusqu’à oublier de vivre. Orpheline, rouée de coups par les guerres intestines du dehors, rescapée d’une boucherie incroyable, elle avait dans la chair et le cœur, le rappel inouï de la violence subie.

Mais elle était de cette race que rien n’arrête, que l’immobilité tue et que la vie exalte. L’extérieur l’avait forgé ainsi et sans y penser, elle venait de lui pardonner. Les mots « intérieur » et « sécurité » tintèrent à ses oreilles comme des paroles apprises par cœur que Zorhan aurait aimé lui enfoncer dans le crâne avec une douceur pressante. Il se trompait bien sûr. L’extérieur lui avait offert tant de choses, à commencer par Kamar. Penser à l’homme qui avait partagé presque un tiers de sa vie raviva ses chairs et elle se força à concentrer son esprit sur le présent, sur la main posée sur son épaule, protectrice, réelle. L’herboriste savait qu’elle devait le rassurer, apaiser son cœur trop de fois déçu y compris par lui –même.

« Zorhan… tu sais que pour rien au monde je n’y retournais… Pas à cause de ce que j’y ais vécu. Mais pour ce que j’ai trouvé, à Steros. »
Peut-être se trompait-elle, pas sur toute la ligne cependant. Elle avait en effet trouvé à Steros la quiétude. Ne plus vivre dans la peur et l’appréhension. Et de se consacrer enfin à autre chose qu’à survivre au jour et à la nuit.
Le crépuscule laissait place à l'obscurité, et avec elle la fraicheur. Ils ne pourraient pas rester bien longtemps à part vouloir se changer en congères. Levant la tête vers un ciel dégagé, Hécate plissa les yeux. Elle ne connaissait strictement rien à ces petits bouts de lumières qui parsemaient l’univers mais avait pris l’habitude d’en retenir une et une seule qu’elle aurait reconnue entre mille et qu’elle pointa à Zorhan.

« Tu vois l’étoile à l’extrémité des trois points parfaitement alignés ? Dans notre clan, on disait qu’elle aspirait la lumière du jour et brillait un peu plus chaque nuit.* »

Elle marqua un temps d’arrêt avant de reprendre, collant son petit poing droit avec faiblesse dans l’omoplate de Zorhan en souriant.
« Toi et moi sommes fait comme cette étoile, nous aspirons les chocs pour briller plus fort encore, et éclairons le chemin de ceux qui se sont perdus. »

[HJ : *Dans les temps immémoriaux, l’étoile que pointait Hécate s’appelait Sirius, et était connu comme la deuxième plus brillante après le soleil. Et on va dire qu’elle a pas trop changé depuis hein ;) !]




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 Sujet: Re: Le théorème du chiffre 8 // Zorhan Eight - Terminé   Sam 13 Jan 2018 - 20:51

Le théorème du chiffre 8
L'endroit était paisible, je devais le lui concéder. Mais le jour baissait et la visibilité allait vite nous manquer si nous venions à nous attarder de la sorte. Même si ses mots étaient censés me rassurer, à l'entendre me dire que pour rien au monde elle n'y retournerait, je ne pouvais être serein. L'extérieur lui avait apporter beaucoup mais lui avait également pris tant de choses... Silencieux, je restai toutefois près d'elle. Essayant de me prêter à ce jeu de : qu'est-ce que l'extérieur t'inspire ? Rien de vraiment bon... J'y avais rencontré des personnes bienfaisantes comme des barbares. J'y avais connu la fin et m'étais émerveillé devant les paysages que je découvrais. Au service de Steros, j'avais pu y venir en aide à des âmes égarées, des rejetés du dôme comme des voyageurs cherchant un peu de compagnie. J'étais content d'avoir permis à ces personnes d'intégrer Steros. Mais j'étais aussi meurtri de voir à quel point la nature humaine pouvait être dégueulasse... Des horreurs se passent chaque jour dehors, chaque heure et chaque minute. Rares étaient les survivants pouvant se targuer d'avoir vécu paisiblement dehors.

Mes yeux se portèrent sur Hécate et ses longs cheveux blonds ondulés. Je restais neutre mais attentif. Autant à elle qu'à l'environnement. La nuit vint à tomber rapidement. Et dans le ciel se dessinaient ces lueurs mystiques. Au dôme, j'avais appris qu'il s'agissait d'étoiles. Je ne savais pas en détail les raisons de leur présence, cependant je savais qu'il s'agissait de lumières venues de l'espace ; de l'univers. Ces lumières captèrent l'attention de la jeune femme. Je suivis la direction indiquée par Hécate lorsqu'elle me parla d'une étoile plus brillante que les autres. Un aspirateur de lumière ? Je souris, candide. Un court silence s'installa avant qu'elle ne vienne poser son poing dans mon dos. Ses mots étaient forts en sens. Mais je n'éclairais plus le chemin des autres depuis des années déjà... J'encaissais certaines choses, mais elles avaient toujours un but précis et n'engageaient jamais personne d'autre que moi. Je n'étais plus près à risquer ma vie comme autrefois pour les autres... Comme certains résidents le pensaient silencieusement : je n'étais qu'une déception dans le seul domaine où, pourtant, j'avais mes seuls talents. Je chassai toutes ces idées en détournant les yeux de cette étoile.

De gestes lents, je me mis en tailleur et me penchai en arrière, me soutenant de mes bras tendus. De mes yeux je scrutais alors le ciel. « J-je fais quoi moi ? » Demanda la voix de Hives derrière nous. « Tu rentres et trouves une excuse pour notre position. » C'était là une réaction bien mesurée et un calme inattendu de ma part. Il avait commis une grave erreur en laissant Hécate sortir. Mais la présence de la jeune femme avait un effet apaisant sur moi. Bien qu'il s'en prendrait plein la tête à mon retour ou demain, je restais dehors à profiter de cet instant avec Hécate. Nous n'avions pas besoin qu'il nous tienne la chandelle, nous étions assez grands pour survivre sans. Lorsqu'il s'en fut retourné à Steros, je soupirai. « Je me rappelle de ma première nuit à l'extérieur. Le ciel était dégagé, sur le plateau on voyait au loin la lisière de la forêt et l'ombre des montagnes. Je me souviens avoir ressenti un tel sentiment d'immensité... Comme si tout devenait aussi insignifiant qu'un grain de sable. De voir ces lueurs blanches, l'inconnue obscurité des reliefs, ça m'a coupé le souffle. Et alors tout est devenu plus simple à mes yeux. Le nœud dans mon estomac se dissipa et je me suis laissé endormi par terre, à la belle étoile. » J'esquissai un rire face à cette idiotie. Non pas de lui avoir confié ce souvenir, mais d'avoir risqué de dormir sans abri à l'extérieur. Ces choses que l'expérience nous apprend... « C'est quoi ton plus beau souvenir insouciant, Hécate ? » Demandai-je sans attendre qu'elle me ivre une pensée particulière intime. Juste un souvenir dont je pourrais me représenter l'image en songes.
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 Sujet: Re: Le théorème du chiffre 8 // Zorhan Eight - Terminé   Lun 22 Jan 2018 - 22:04

Le théorème du chiffre 8

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Son regard posé sur elle la brûlait de la plus douce des manières. Depuis huit ans qu’ils se connaissaient et s’apprivoisaient, ils avaient toujours eu l’un pour l’autre une attention indéfectible. Ils s’attiraient comme le chatoiement d’un reflet au coin de l’oeil qu’on ne peut ignorer tout à fait. Et qui, l’espace d’une seconde, nous éblouit. Zorhan était et resterait son sauveur, mais il était bien plus que ça aujourd’hui.

Le sourire de chérubin qui se dessina sur le visage de l’intendant de Steros fit pencher la tête de la jeune femme dans sa direction. Dans ces moments suspendus, il rajeunissait. Son air sévère s’estompait, et l’implacable justice dont il semblait vouloir porter l’étendard jour et nuit était envoyée au placard. Ses yeux clairs transperçaient les ténèbres de ses pensées et Hécate pouvait lire en lui comme dans son marc de café du matin.

Mais cela ne durait jamais. Hécate avait beau connaître une partie de son passé, elle ne comprenait pas sa volonté de se torturer jusqu’à la fin des temps. Etait-ce sa manière de garder les siens auprès de lui ? Ou bien celle de se protéger de la souffrance comme elle-même se cloitrait dans son potager ? Jamais elle ne lui aurait fait la leçon certes. Chacun ses démons comme on disait chez elle. Mais alors qu’il s’accoudait en arrière pour mieux observer le plafond lumineux, elle faillit d’une main, glisser ses doigts avec tendresse dans les cheveux veinés d’argent de son compagnon nocturne.

La voix d’Hives au loin retint son geste et la jeune femme se retourna vers le protecteur, honteuse de l’avoir complètement zappé du paysage. Il lui jeta d’ailleurs un regard au carrefour entre la supplique et la rancune et sans pouvoir lui en vouloir tout à fait, tourna les talons en raclant le sol poussiéreux.

« Zorhan … je me suis faufilée… il n’a rien pu faire… » Plus convainquant tu meurs… Réfléchissant en même temps qu’elle parlait elle se surprit à glisser un demi mensonge avec une face on ne peut plus sérieuse.« Et puis je lui avais déjà donné sa potion du soir… j’ai dû forcer la dose sans le faire exprès. » Terminant sa phrase en abandonnant sa posture pour se glisser à ses côtés, elle déclara d’un ton ferme et angélique.
« Il me paraît donc plus approprié que tu me punisses moi. » Ses yeux clairs le jaugèrent un instant, à la limite du défi avant de rompre le contact et de s’adosser à son dos, prenant la même posture que lui de façon parfaitement symétrique. Le soupir de Zorhan parcourut leurs dos et la jeune femme vint basculer sa tête jusqu’à la poser dans le creux de son épaule.

A l’entendre parler, l’extérieur ne semblait plus lui faire autant horreur. Fermant les yeux elle imagina les crêtes qu’il décrivait, la noire forêt au loin et elle ne put s’empêcher de rire moqueusement.

« Tu as de la chance qu’un coyote ne soit pas venu te mâchouiller la face… ou pire… une moufflette … »


Cependant elle comprenait son sentiment, et la sensation de n’être qu’une fourmi dans un grand tout. Et sinon d’être insignifiant, qu’au moins tout le poids du monde n’avait pas à être porté par les épaules d’un seul homme. Il lui renvoya la question, et elle se donna une bonne minute avant de répondre à son tour.

« Jusqu’à mes dix ans je n’avais jamais vu une rivière. Nous avions vécu tant d’années dans les plaines arides qu’une langue d’eau à deux pas de moi me semblait inconcevable. Et j’ai fait la chose la plus stupide de tout les temps. Je me suis jetée dedans. Bien dedans, pas juste les orteils. Comme si je voulais l’attraper tout entière pour me convaincre qu’elle était réelle. La première sensation a été merveilleuse. Je la sentais tout autour de moi, me porter, m’accueillir presque… La deuxième sensation, le froid, la vitesse… ça j’ai beaucoup moins aimé… Il a fallu trois hommes pour m’arracher aux rapides et un feu de joie pour arrêter mes mâchoires de claquer. »

Elle en riait à présent, mais sur le coup, elle avait bien failli y laisser sa peau. La nature a de cela de terrible qu’elle est mortellement attirante. Relançant la confidence elle enchaina.

« Ton souvenir le plus heureux ? »

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 Sujet: Re: Le théorème du chiffre 8 // Zorhan Eight - Terminé   Mer 24 Jan 2018 - 11:17

Le théorème du chiffre 8
Sourcils froncés, je peinais à croire qu'Hécate pouvait réellement s'adonner à se genre de combines simplement pour mettre un pas dehors... Ce n'était pas une jouvencelle, mais ce n'était pas non plus une manipulatrice sans considération. Hives devra tout de même affronter son lieutenant, à lui de ne pas laisser les civils se faufiler. Je n'étais certainement pas très objectif... S'il se serait agi d'une autre personne qui n'avait pas de place privilégiée à mes yeux, j'aurais sans nul doute laissé couler l'affaire. À cette pensée, je compris pourquoi certains - à la défense comme auprès des civils - me fustigeaient du regard en me voyant approcher. Je n'étais pas le plus objectif lorsqu'il était question de la sécurité de ceux que j'aimais. En même temps, j'avais été forgé pour protéger les autres. D'avoir failli à mon devoir n'avait fait que me forcer à percuter et redoubler de vigilance... Si je me retrouvais une nouvelle fois dehors avec un groupe de Steros, je serais plus qu'imbuvable tant je veillerai au grain. C'était sans doute mieux pour tout le monde que je reste cloîtré dans mon bureau... « Je crois que de m'avoir sur ton dos est une punition appropriée. N'espère même pas t'éloigner mon champ de vision les jours qui viennent », répondis-je à son regard défiant lorsqu'elle évoquait être la personne à punir pour cette évasion.

Mon histoire n'avait rien de mirifique, mais lorsque l'on imprimait dans notre esprit ce genre d'images, elles obtenaient un côté magique que les années qui nous en séparaient appuyaient. Je reposai délicatement ma tête contre celle, posée en arrière sur mon épaule, d'Hécate. Un rire m'échappa à sa réflexion : il ne fallait pas sous-estimer les mouflettes ! Hécate me conta à son tour un souvenir de l'extérieur. Je l'écoutais avec un sourire aux lèvres tout en observant le ciel. Cela m'étonnait moi-même, mais je me sentais bien. À écouter sa voix, sentir sa présence, sa chaleur, et avoir l'impression de n'être qu'elle et moi. Je n'avais pas souvenir de m'être senti si bien avec quelqu'un. Elle était la force tranquille qui m'apaisait par sa seule présence. Je souris de plus belle à l'idée du sermon que je lui aurais fait si ça s'était passé lorsque je la connaissais. On avait tous nos élans d'insouciance. Elle tout comme moi. Je n'avais pas toujours été un con aigri... « Ton souvenir le plus heureux ? » Demanda-t-elle innocemment. C'était parti pour les contes ! Je soupirai en me plongeant dans une réflexion intense sur ce que je pouvais identifier comme un souvenir heureux. Passant en revue mes dernières rencontres, mes derniers souvenirs, l'accident... Mon sourire se tarissait. L'extérieur, mon départ, la milice, le dispensaire...

J'expirai un rire avant de me rendre compte que mon silence était déjà bien trop long pour ne pas être éloquent. « Excuse-moi Hécate... » Je m'en voulais d'avoir gâcher cette atmosphère qui nous lovait depuis ces quelques minutes où nous étions assis tous les deux. Agacé, je me redressai et me levai. Lui tendant une main, je lui demandai de rentrer. « On ferait mieux de retourner au camp. » Mon regard fuyait le sien. Je ne m'étais jamais laissé avoir par ce genre de question. Non pas que je m'estimais malheureux, mais quelque soit la rencontre, quelque soit le moment, toutes mes joies s'étaient vues voler la vedette par des circonstances pesantes. Je ne m'étais jamais posé de réelle questions sur le bonheur et le fait d'être heureux. Je m'étais fait une raison : le bonheur n'est pas indispensable à une belle vie. J'avais tout ce dont je pouvais rêver : un toit, un camp, de la nourriture et des vêtements, à boire et de quoi occuper mes journées. J'étais un homme accompli. Sur le papier... Face à tout ce dont certains pouvaient manquer, je n'avais pas à exiger plus. Parti d'où j'étais parti, sans famille, sans avenir, je m'en étais plus que bien sorti, non ? J'attendais qu'Hécate daigne se lever. Je ne voulais pas la quitter, étrangement, je ne voulais même pas rentrer. J'appréciais ce moment privilégié que nous partagions. Même si chaque jour nous essayions de nous retrouver quelques instants, celui-ci avait une saveur particulière que j'affectionnais. Une raison qui ajoutait à mon exaspération d'avoir tout foutu en l'air.
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 Sujet: Re: Le théorème du chiffre 8 // Zorhan Eight - Terminé   Mer 31 Jan 2018 - 20:53

Le théorème du chiffre 8

avec @Zorhan Eight

Sur son dos… oui la métaphore était plutôt réussie. Hécate ne put s’empêcher de le pousser. A peine. Lui en avant, elle en arrière. Son champ de vision avait bien d’autres tracas à prendre en compte qu’une cultivatrice tête en l’air. Elle se demandait parfois comment Zorhan pouvait faire face à chaque situation avec autant de flegme. Gérer un campement de réfugiés d’une centaine d’âmes était loin d’être aisé. Et même s’il s’infligeait ce fardeau comme une punition, peu de personne aurait été capable de faire ce boulot à sa place par plaisir, alors par obligation…

Leurs têtes en parallèle façon yin et yang, le regard droit vers l’infini, l’instant était plus que propice aux confidences et au partage. Ils avaient rarement le temps d’en arriver jusque là. A peine des regards échangés, une conversation badine dans le meilleur des cas. Mais des moments privilégiés comme celui là, seuls au monde - c’était le cas de le dire- et sans qu’aucun des deux ne soit interrompu pour une histoire de tente trouée ou de carotte pas fraiche, ces moments là étaient quasi inexistants. Et d’autant plus précieux. Hécate avait toujours eu besoin de parler, d’exprimer ses pensées, son ressenti, ses rêves. En arrivant à Steros, Zorhan avait été la seule personne en qui sa confiance avait été immédiate. Alors maintenant qu’elle l’avait sous la main, il pouvait toujours courir… elle ne cesserait de le rattraper.

Sa relance sous la forme d’une nouvelle question fut suivie d’un long soupir. Le silence s’installa, longtemps. Si longtemps qu’Hécate se demanda si Zorhan ne s’était pas assoupi contre son dos. Il ne manquait plus bien que ses ronflements pour l’en persuader. Ce n’était certes pas pesant et la jeune femme avait tout le loisir d’observer le ciel poudré de lumière sans les nombreuses torches et lampes à huile de Steros, mais elle risqua tout de même un regard dans sa direction. Au même moment, la pression sur son dos se tarit et Hécate se retint de ne pas tomber en arrière. Presque brutal sans l’avoir voulu, l’intendant de Steros était debout et dévisageait un peu près tout le désert sauf elle, une main tendue dans sa direction.

Plissant les yeux, comme réveillée d’un songe, Hécate observa le visage complètement fermé de Zorhan. C’était habituel chez lui, mais à ce moment précis, la jeune femme ne le supporta pas. Pas aujourd’hui.

Pas. Maintenant.

Pas quand ils pouvaient enfin être autre chose qu’un homme rongé par la culpabilité et une victime collatérale. Elle voulait autre chose pour lui, autre chose pour elle. Bref, autre chose pour eux. Et cette impression aigue d’avoir laissé échapper ce moment lui laissait un arrière goût acide en bouche et au creux de l’estomac.

La blonde cultivatrice eut un soupir lourd et se releva sans avoir touché la main de son gardien ni lui avoir octroyé un regard. Pour y voir quoi ? Encore ces foutus remords ? Celui de ne pas trouver au fond de lui une putain de parcelle de joie ? Pas de bonheur incommensurable, juste de la joie. Un sourire, une pensée heureuse. C’est tout ce qu’elle lui avait demandé, espérant même peut-être honteusement en faire partie. Mais rien. Il ne semblait pouvoir être qu’une seule personne, piégée par ses démons, et à jamais incapable de nouvelles émotions.

Elle ne voulait pas de ses excuses. Croisant les bras, elle hésita entre le défier ouvertement en restant plantée là face à son ordre direct de rentrer ou bien se diriger encore plus loin que l’enceinte de Steros juste pour l’emmerder encore plus. La colère… ça il devait bien pouvoir le ressentir, à défaut d’autre chose. Celle qu’elle sentait poindre dans ses propres veines. Elle d’ordinaire si calme, si posée, bouillonnait. Et sans doute au fond d’elle avait-elle déjà compris pourquoi. De ces choses qu’un sentiment vous fait perdre…

Elle choisit la troisième option et le planta là, retournant d’un pas décidé vers le campement. Si c’est ce qu’il voulait, il allait l’avoir. La fraicheur de la nuit sur sa peau brûlante, Hécate la sentait à peine. Savoir qu’il la suivait ou non, elle s’en fichait. Le cocktail d’émotivité, de combativité et de rancune faisait en ce moment, plutôt mauvais ménage.

Alors que les portes des remparts n’étaient plus qu’à quelques pas, Hécate se retourna subitement. Et sans avertissement d'aucune sorte… pressa sa bouche contre celle de Zorhan qui l’avait suivie. Elle l’embrassa furieuse, presque agressive. Il y avait mille et une façon de mieux faire pour un premier baiser mais Hécate avait toujours confondu raison et emportement. Sans attendre qu’il ne dise quoi que ce soit, son goût imprégnant ses lèvres, elle planta un index accusateur contre le torse de l’homme face à elle.

« Tu sais quoi ? Tu es l’homme le plus courageux que je connaisse… »
il y avait certes pire pour commencer un sermon mais ses yeux sombres ne laissaient rien présager de bon.

« Le plus courageux et le plus incroyablement stupide. Faire face. Jour après jour à la même journée, inlassablement, aux mêmes sentiments de souffrance, de douleur, de culpabilité… »
sa voix s’adoucit, presque imperceptiblement, avant de reprendre revenant à la charge.

« Et être à la fois si étanche au bonheur que même s’il se trouvait juste sous ton nez, tu serais incapable de le reconnaître. »

On dit qu’on reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va… Celui là tapa trois coups décidés contre la tôle, hurlant qu’on la laisse entrer.


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 Sujet: Re: Le théorème du chiffre 8 // Zorhan Eight - Terminé   Ven 2 Fév 2018 - 13:05

Le théorème du chiffre 8
De surprise et amusé de sa réaction, je souris, luttant pour ne pas tomber en arrière. Nous replaçant afin d'observer le ciel, je profitais de la magie de l'instant. De ce sentiment non pas de plénitude, mais de repos de l'esprit. En dehors des murs du camp, Steros semblait être une boîte que l'on avait refermé. Je savais qu'il faudrait que je l'ouvre à nouveau avant que quelqu'un ne s'inquiète ou que Caelyne ne vienne nous tirer à l'intérieur par la peau des fesses - enfin pour le coup... si elle tente ça pourrait être drôle de voir comment elle s'y prendrait - cette sensation apaisante était si rare à Steros... Mais les solutions n'étaient pas légion. Il était hors de question pour moi de laisser tomber ce camp. De laisser tomber Thaya et chaque personne à qui je tenais qui s'y trouvait. Depuis presque vingt ans, Steros était ma famille, mon toit, ma vie. M'investir pour ce camp me coûtait en énergie et en patience, mais je ne regrettais pas le moins du monde ces sacrifices que je faisais pour permettre au plus grand nombre de vivre comme il l'entend. Devant la satisfaction du devoir accompli, ce n'était plus rien. Juste une marche de plus. J'étais habitué à cette vie.

Ne souhaitant gâcher ce moment, je préférai y mettre un terme, ne pas nous laisser aller dans un flot d'introspection et de réflexions, de bilan sur ce qu'on avait ou non partagé. Elle se leva sans mon aide. Je refermai la main que je lui tendais, serrant le poing en me mordant les lèvres. Bien sûr que je l'avais contrariée... Bien sûr qu'elle n'accepterait pas d'excuses. Je soupirai, à la fois compréhensif et abusé. Son visage à son tour fermé, ses bras croisés. Il était trop tard pour chercher une façon plus délicate de mettre fin à cette escapade timide. Je ne bougeai pas tant qu'elle resta fixée sur sa position et ne la suivis qu'à une certaine distance lorsqu'elle se dirigea vers l'entrée du camp. Me maudissant intérieurement, je restais toutefois persuadé d'avoir fait le bon choix. Je ne voulais pas qu'Hécate vienne me prendre en pitié ou ne cherche à changer les choses. Nous avions tous une place et un rôle à jouer. J'avais déjà défié le sort à deux reprises, la troisième ne serait sans doute bonne ni pour moi, ni pour Steros. Alors il était plus sage de vexer Hécate à ce moment pour pouvoir rester auprès d'elle les autres jours.

Rattrapant la jeune femme qui, même énervée, ne tenait pas un rythme de milicien, je dus m'arrêter brusquement lorsqu'elle se retourna. Sourcils froncé, je m'attendis à recevoir les foudres de la femme la plus sereine et calme du camp. On dit que les personnes les plus calmes ont les colères les plus fortes. Je crois qu'on a l'impression qu'elles le sont car on ne peut penser que ces personnes si posées peuvent devenir si violentes. Que ce soit dans les mots ou les gestes. Sa colère à elle fut de geste, mais d'un geste qui me cloua au sol. Ses lèvres douces vinrent bousculer les miennes dans un entrelacs passionné et vindicatif. Je voulais la repousser, de raison. Mais je fus incapable de poser mes mains sur elle appréciant, de cœur, cet échange inattendu. Mon cœur sembla s'arrêter de battre et une chaleur intense m'envahit à faire fondre la fraîcheur de la nuit tombée. Lorsque la belle Hécate s'éloigna, je réprimai une impulsion qui me hurlait de la tirer vers moi et de l'embrasser à mon tour. De l'enlacer et plonger mes doigts dans ses longs cheveux blonds. Parcourir ses courbes et... Arrête ça Zorhan ! Abruti ! Je pestai intérieurement sur les idées qui me venaient, me laissant silencieux face à Hécate qui me houspilla.

Son regard noir me fustigeait alors que ses mots étaient faits de cette délicatesse dont elle avait le secret. Mais le ton qu'elle adoptait était loin de faire penser à une douce jeune femme. Je voyais plutôt la mère furieuse et dépassée. Même dans cet instant Hécate était loin de me faire peur, mais de voir que je pouvais la mettre dans cet état me faisait culpabiliser. Elle frappa contre la porte, clamant que de toute façon, j'étais incapable de reconnaître le bonheur lorsque j'avais l'occasion de le croiser. Je voulais lui donner tord, lui affirmer que je n'étais pas qu'un amas de regrets tourmenté par le passé, les inquiétudes du présent et les peurs du futur. Je voulais lui expliquer que rien n'était simple, que le bonheur n'était qu'un instant fugace qui se dilapidait comme du papier jeté dans un feu, que ça n'avait de réelle valeur que si derrière, on n'avait pas à se reprocher les circonstances ou les conséquences de cet instant. Mais ça ne serait rien lui apprendre... Hécate connaissait l'extérieur et ses dangers. Elle savait alors apprécier les moments où tout allait bien et pouvait en profiter sans pour autant qu'ensuite, elle se replonge dans la dure réalité. Elle connaissait ce sentiment de perdre quelqu'un, quelqu'un qu'elle aimait de surcroît. Qu'elle aimait au point de se donner à lui pour la vie. Et malgré ça, Hécate parvenait à avancer. Certains jours, ça semblait lui coûter plus que d'autres, mais elle avançait...

Les portes s'ouvrent devant Hécate. À quelques pas derrière elle, je suis toujours silencieux, ne sachant comment réagir face à elle. Qu'avait-elle espéré de moi, dehors ? Même s'il m'arrivait de laisser certains élans mélancoliques m'éprendre, je ne voulais pas que les choses se terminent en des sanglots et constats navrant. Si je ne pouvais lui apporter ce qu'elle souhaitait, ce partage d'émotions et de réflexions, alors de toute façon j'avais fait le bon choix. Et peu importe si elle devait m'en vouloir d'être ce que je suis. Me trouverait-elle vraiment aussi courageux en comprenant que depuis la mort de mes amis, j'avais fuis l'extérieur car il me faisait peur ? Que depuis j'avais perdu une grande part de confiance en moi et peinais à me regarder en face ? Que certains soirs j'en venais à me dire que ça aurait dû être moi et qu'il serait peut-être temps d'équilibrer la balance ? Je ne pouvais pas me montrer vulnérable. Ça me coûtait, indéniablement, mais ceux que je devais protéger me donnaient la force de continuer. De ne pas perdre le fil. Elle me donnait cette force. « Huit ans… que tu m’as sauvée. » Huit ans qu'elle avait tout perdu... et pourtant, huit années que chaque jour, elle m'accordait un sourire, une attention. Avec raison, j'avais mis cela sur le coup de la gratitude qu'elle pouvait me témoigner. Mais huit ans... Qu'est-ce que je représentais pour elle ? Que représentait-elle pour moi ?
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Le théorème du chiffre 8 // Zorhan Eight - Terminé
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