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 (28/12/2480) (Terminé) Trained with pain ▬ Kryven

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 Sujet: (28/12/2480) (Terminé) Trained with pain ▬ Kryven   Mer 17 Jan 2018 - 1:05

Eiven
&
Krymov
Trained with
pain
Enfermée ici. Dans cet avant-poste, à attendre que le hasard inspire au Commandant l'idée que je puisse lui être utile en dehors de ces murs. Un détecteur à natifs, c'est tout ce que j'allais être. J'avais cru en Reiver et croyais encore en ce que cet endroit pouvait m'apporter. Mais je sentais ma confiance abusée. En même temps, qu'avais-je bien pu avoir en tête... Je n'avais pas fermé l'œil de la nuit. Allongée, assise, levée, front contre le mur froid, cents pas... j'en avais troublé le peu de sommeil que parvenait à avoir ma camarade de chambre. Retournant la situation dans tous les sens, j'essayais de trouver une idée, un moyen d'obtenir ce que je souhaitais malgré l'intransigeance du Commandant. Tenter d'exiger quoi que ce soit à Meëk était suicidaire, il serait même le premier à refuser de me laisser sortir... alors de là à m'intégrer à l'exploration, même pas la peine d'espérer.

Une nuit passée à penser annonçait une matinée à pioncer. Mais lorsque je finis par trouver le sommeil, je sentis ma couverture se dérober d'un geste brusque et inopiné. Un sursaut m'épris et me jeta hors de mon lit. Reprenant mes esprits, je m'arrêtai sur la personne qui m'importunait. « Cour d'entraînement. Maintenant. » Je ne discernais qu'à peine le capitaine de défense, Drake. Sa voix rauque et terne m'inquiétait, mais je ne pus m'empêcher de demander les raison de cette intrusion, cherchant à couvrir mon corps de la couverture qu'il avait lâché. « Pourquoi faire ? Qui vous envoie ? ». Il resta muet et fit un pas vers moi. Le détail de ses traits se dessina à mesure que les reflets de l'éclairage tamisé de l'aube conquéraient son visage. « Cour d'entraînement. Maintenant », répéta-t-il plus sèchement encore. Je soupirai, exaspérée, et commençai à vouloir me diriger vers la commode où étaient rangées mes vêtements. Il m'agrippa le bras et commença à m'entraîner dehors. « J't'ai pas dit de t'habiller. » J'avais beau protester en me débattant, je préférai ne pas réveiller tout le bâtiment à gueuler. J'avais compris une chose chez les officiers : ils faisaient, de toute façon, ce qu'ils voulaient des sous-fifres. En tant que civile, je serai tout en bas de l'échelle. Et tant que mon intégration n'était pas validée, j'étais encore plus en-dessous du reste.

Le capitaine finit par me lâcher une fois que nous fûmes sortis du bloc des civils. Il m'accompagna jusqu'à la zone d'entraînement des miliciens. Le jour se levait à peine, je n'avais pas dormi de la nuit et je n'étais vêtue que d'un débardeur et d'une culotte. Je me demandais bien ce qui pouvait être si urgent qu'il ne m'était pas même permis d'enfiler un froc. « Je n'ai pas le droit d'aller dans la zone d'entraînement », tentai-je avec sarcasme. Entre la sergent qui m'avait passé un savon pour se faire mousser par des miliciens qu'elle voulait impressionner et Eil qui m'avait envoyée en cellule deux jours parce que je me trouvais dans un lieu que les civils n'avaient pas le droit de pénétrer, c'était bien un comble que l'on me demande dans un tel lieu... Il ne dit rien, me poussant dans la cour où se trouvait un autre gars. Je l'avais déjà croisé à plusieurs reprises. Il s'agissait d'un sergent de défense. Lorsque nous fûmes à portée, le capitaine se contenta simplement de dire : « elle est à toi pour la journée. » J’écarquillai les yeux, sentant mon cœur battre et l'appréhension monter petit à petit. Le capitaine s'en alla avant que je ne puisse m'agripper à lui et me barrer vite fait. J'ignorais complètement les plans de Wernher à mon sujet... J'ignorais que derrière les refus catégoriques, il projetait toutefois de m'intégrer à la milice et m'avais, pour ce fait, assigné un instructeur. Sans doute viendrait-il s'expliquer d'un simple "je veux que tu saches te défendre"... bah voyons. Forcément. Comprenant l'importance que je pouvais avoir pour Reiver, il serait bête que quelque chose ne m'arrive.
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 Sujet: Re: (28/12/2480) (Terminé) Trained with pain ▬ Kryven   Mer 17 Jan 2018 - 1:06

Eiven
&
Krymov
Trained with
pain
Six heures du matin. L’heure usuelle du lever  des soldats. Krymov était déjà levé depuis une bonne heure, habillé et rasé, avait mangé de quoi tenir la matinée sans problème, et il était directement parti prendre ses ordres de la journée lorsqu’il eut vent de l’arrivée du capitaine dans son bureau. Drake était un type un peu bourrin sur les bords, le genre à qui tu dis « bonjour » et qui répond « ta gueule ». Sa manière à lui de signifier son affection, sans doute ? Le sergent avait donc choisi depuis quelques temps de limiter ses mots en présence de son supérieur : « mon capitaine » et « quelles seront mes attributions du jour ? » étaient sans doute les deux seules choses qu’il lui disait depuis déjà deux bons mois. Drake n’était pas un mauvais bougre, il était juste un peu asocial, et voyait toujours d’un œil partiellement mauvais la nomination de Krymov au rang de sergent. Mais comment lui en vouloir, quand on a pillé, massacré, torturé (j’en passe et des meilleures) etc. toute sa jeunesse et qu’on trouve refuge ici, à Reiver? Il ne sera pas dit que le sergent Sherkan était un ingrat. Il se pliait aux ordres et faisait son possible pour prouver sa loyauté à Reiver par tous les moyens.

- Rien de particulier. Le commandant aura peut-être un peu de boulot pour toi en cours de matinée, il est occupé jusqu’à huit heures, mais je pense que tu vas avoir une  stagiaire dans la matinée. Il faut annoncer la relève en attendant. Tu peux disposer
- Bien, mon capitaine. répondit-il en le saluant.

Il ne se fit pas prier pour quitter la salle et s’occuper de faire relever la garde. Sept heures quarante-cinq. L’heure d’aller superviser l’entraînement des recrues par les instructeurs débutants. Krymov se rapprocha de la zone d’entraînement, dans la cour qui servait de salle d’instruction au combat rapproché et prit en charge un groupe de cinq jeunots, sous le regard amusé de ses collègues. Il entendit filtrer un « vous allez en chier, la bleusaille… », et se contenta d’esquisser un sourire en lançant un regard en coin au soldat qui venait de parler. Tomber sur le pavé n’était pas vraiment la chose la plus agréable, mais en termes de coups direct et de prises douloureuses, le sergent Sherkan n’était pas le dernier à innover efficacement Ils repartirent moulus de courbatures et d’hématomes un peu avant neuf heures. Il en profita pour se griller une cigarette , attendant sur place jusqu’à l’arrivée de Drake. Le commandant ne se serait pas déplacé lui-même, c’était évident, mais il comprit qu’il allait avoir du boulot lorsque son capitaine lui envoya une jeune femme en culotte et débardeur avec la délicatesse qui en imputait à sa personne. Plutôt bien mise, la gonzesse, soit dit en passant. Son prénom lui avait totalement échappé, mais peu importe : il appelait tous ses élèves par leur nom de famille.

- Elle est à toi pour la journée.

- Capitaine. fut la seule chose que répondit Krymov, le saluant comme il se devait. Il attendit que Drake soit parti pour reprendre. J'ai formé des gamines de quinze ans plus charpentées que toi, m'enfin. Faudra faire avec. Hadler, c'est ça?

Il se foutait de la réponse: il savait parfaitement comment elle s'appelait, et s’était assis sur une caisse en bois en l’invitant à venir faire de même d’un geste de la main d’une amabilité toute relative. « assois-toi, je te prie, sinon j’te fais t’asseoir », le sous-entendu était clair. Il la jaugea du regard. Ca faisait trois heures qu’il était sur le pied de guerre, et voilà qu’alors qu’autant de temps le séparait du réveil que du repas, on lui refourguait la petite favorite de Wernher, des cernes jusqu’au milieu de la tronche, les cheveux en bordel, à peine fringuée. Il soupira en jouant avec son couteau et planta son regard d’acier dans celui de la jeune femme.

- Krymov Sherkan, mais pour toi, ce sera « sergent » ou « monsieur ». On va la faire courte, t’es pas avec moi par hasard., commença-t’il pour planter le décor J’suis là pour t’éviter de te faire éclater le râtelier à l’avenir, mais rien m’empêche présentement de le faire. Pédagogie militaire.


Il parlait avec une voix franche, détachant bien ses mots avec une lenteur toute mesurée pour qu’elle prenne la pleine conscience du fait qu’il ne plaisantait absolument pas. Il descendit de sa caisse et planta son couteau de deux pouces dans celle d’à côté en se dirigeant à reculons, bras écartés, vers le centre de la place, continuant son petit laïus de bienvenue avec son usuel air sévère. Arrivé au centre de la place, il balança son blouson un peu plus loin en faisant craquer ses articulations.

- Je vais te faire cracher tes poumons, tu vas me maudire en comptant les hématomes, les luxations et autres quand tu vas rentrer, mais ce sera efficace, j’peux te l’assurer. Et la prochaine fois, dors avec un fut’, Drake aime pas attendre, et il te laissera pas l’temps de t’habiller.  Détails supplémentaires : j’aime pas les feignasses, les geignards et c’est pas parce que Wernher t’a à la bonne que je vais te ménager, au contraire. Si t’es là, c’est pour apprendre plus efficacement qu’à la régulière, sinon t’aurais pas de « cours particuliers ».

Krymov marqua une pause en passant sa main dans ses cheveux pour renvoyer en arrière ceux qui lui tombaient sur le front, avant de faire craquer sa mâchoire, à gauche et à droite. Il était parfaitement étiré mais reprit néanmoins les exercices d’assouplissement des articulations pour éviter le claquage ou autre blessure d’effort en l’invitant à faire de même tandis qu’il faisait travailler ses épaules en décrivant de celles-ci des cercles concentriques dans un sens et dans l’autre.

- Rapplique et échauffe-toi si tu veux pas finir avec des morceaux en moins avant midi. Os pétés ou pas, ligaments arrachés ou pas on finira pas avant la nuit.

Drake était un bourrin, Sherkan l’était un peu moins. Ce n’était pas non plus un délicat de première classe, mais il avait le mérite de se faire comprendre, avec son léger accent d’on-ne-sait-où, sa tronche de dur à cuire et sa balafre sur la joue gauche, qui laissait une ligne de chair claire et luisante au beau milieu de sa peau hâlée. Sans être excessivement grand (il était même plutôt petit pour un soldat), sa musculature sèche qui tendait sa peau tannée contre ses biceps, épaules et sans doute tout le reste des parties capables de recevoir de la masse musculaire, lui donnait un air antipathique du type à qui chercher des crosses n’était pas vraiment l’idée du siècle…et c’était assez loin d’être faux. Il jaugea la jeunette du regard et appela un de ses collègues, armé d’un fusil, qui patrouillait dans les environs.

- Garde-là moi cinq minutes, je reviens. Vérifie qu’elle s’échauffe bien, j’vais lui chercher un falzar. C’est pas qu’j’aime pas voir des nanas à moitié nues, mais pour s’entraîner y a mieux.

- Bien, Sergent.

Il ne lui fallut guère de temps pour filer jusqu’à son baraquement et fouiller dans la caisse qui contenait ses affaires. Ils faisaient une taille similaire, même s’il était « un peu » plus carré qu’elle, elle rentrerait dans un de ses pantalons, avec une ceinture. Il revint donc avec un futal de toile verte, le débardeur se suffirait à lui-même, et revint pour poser sa veste sur son couteau planté comme s’il s’agissait d’un porte-manteau, se dirigeant vers elle pour lui tendre le pantalon et une ceinture en cuir noir grossier coupé au couteau, tout en remerciant son collègue d’avoir supervisé l’échauffement à sa place.

- Enfile ça, Hadler, qu’on passe aux choses sérieuses. dit-il d’un air neutre, et oublie pas de m’le rendre ce soir. J’ai pas une garde-robe illimitée.

CODAGE PAR AMIANTE@Eiven Hadler
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 Sujet: Re: (28/12/2480) (Terminé) Trained with pain ▬ Kryven   Mer 17 Jan 2018 - 1:06

Eiven
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Me toisant du regard, le sergent lança une réflexion désobligeante sur ma carrure. Je croisai les bras et resserrai mes jambes l'une contre l'autre. Je n'étais pas d'un naturel pudique mais ce jugement gratuit me mis quelque peu mal à l'aise. J'ignorais si c'était réellement la remarque - depuis que j'avais perdu mon groupe, il est vrai que je n'avais pas eu de moyen pour m'entraîner... - ou si c'était son regard qui rendait ses propos déplacés. Le milicien vint s'asseoir en périphérie de la cour ensablée, m'invitant d'un signe à le rejoindre. Je laissai retomber mes bras le long du corps et le rejoignis de pas peu engagés. Silencieusement, essayant de rester sur le qui-vive et suivre ce qui se passait. Il se présenta et imposa les termes de son appellation et de ce qui m'attendait avec lui. J'arquai un sourcil. Pour qui se prenait-il ? Nous n'allions pas nous entendre le moins du monde tous les deux à commencer comme. Je n'aspirais pas au moindre traitement de faveur et ce encore moins depuis que je réalisais que tout ce qui m'attendait dans ce campement c'était de servir les miliciens et leur vie quotidienne pour mériter mon pain. Je n'étais pas contre le mérite récompensé, loin de là, mais je ne voulais pas rester enfermée ici à compter les heures. Je voulais sortir, découvrir, me sentir réellement utile.

De pas en arrière, le sergent s'éloigna vers le centre de la cour tout en continuant sa tirade. Il énonça l'idée que j'étais là pour en baver et que j'en baverai encore plus que les autres, sinon mon entraînement se serait fait au milieu des autres recrues. Je fronçai les sourcils. Wernher ne voulait pas me compter dans les effectifs de la milice... Mais il voulait quand même que je le sois, entraînée ? Ce qui expliquerait qu'il ne m'intègre pas aux cours des recrues, il devait se rendre compte qu'il en avait déjà assez fait en laissant une native aussi près de lui sans donner la moindre justification à ses hommes... Ou alors peut-être que ce tour de passe-passe émanait de Hiaana... Non... je vois mal Drake marcher dans des combines pareilles sans que ce soit un ordre émanant du Commandant. Vu l'aversion qu'il me porte, c'est la seule hypothèse qui me paraît plausible. « Rapplique et échauffe-toi si tu veux pas finir avec des morceaux en moins avant midi. Os pétés ou pas, ligaments arrachés ou pas on finira pas avant la nuit. » Je me levai doucement, appréhendant ce qui m'attendait. Pensive, je comprenais que malgré l'aspect insupportable de ce sergent, il était finalement une réponse que j'attendais depuis longtemps. Certes, je n'avais plus l'espoir d'intégrer la milice, mais au moins j'apprendrai à me battre et à me défendre.

La méthode dure ne me dérangeait pas. Bien au contraire, je considérais que chaque chose qu'on doit apprendre doit coûter un effort. J'avais survécu à deux attaques, m'étais relevée après pratiquement une semaine de torture à mon arrivée à l'avant-poste, je pouvais bien survivre à cet homme. Une tendance bien optimiste mêlée à un orgueil certain. Tu ne me feras pas mordre la poussière, disait mon regard en silence alors que je m'approchai du centre de la cour. Le sergent interpella un garde pour lui demander de me chaperonner le temps qu'il aille me trouver de quoi me vêtir avec décence. « C’est pas qu’j’aime pas voir des nanas à moitié nues, mais pour s’entraîner y a mieux », ajouta-t-il, suivit de l'acquiescement du milicien qui me jaugea à son tour. Je penchai la tête de son côté, un regard noir et las. « Relève tes yeux si tu veux pas finir émasculé », lui lançai-je à voix basse alors que le sergent quittait la cour. Le milicien sourit avec malice. « Profite de parler tant que tu peux encore, ce soir c'est même pas dit que tu te souviennes de ton nom. » Je fronçai les sourcils et décidai de faire comme s'il n'était pas là, commençant à m'échauffer.

Étirant mes muscles avec attention, me remémorant des gestes que le père de Soren m'avait appris pour m'entraîner à l'arc. Repenser à lui n'était peut-être pas la meilleure des choses si je voulais garder le peu d'esprit que le manque de sommeil m'avait accordé de conserver... Depuis une année que toutes ces personnes avec qui j'avais vécu, grandi, évolué, avaient été massacrées sous mes yeux, je n'avais toujours pas encaissé, réalisé. Je gardais au fond de moi cette amertume et cette douleur que je refusais de laisser exploser, d'extérioriser. Une bombe à retardement, sans doute. Mais je n'y prêtais que peu d'importance, préférant garder tout ceci pour moi. Les circonstances étaient déjà assez compliquées pour moi en ce moment pour ne pas y rajouter ces peines qui pourtant me rongent en silence. Sous le regard inquisiteur du milicien, je continuais mes échauffement alors que rapidement, le sergent revint. Je m'arrêtai et réceptionnai le pantalon qu'il me prêtait pour la journée. L'enfilant avec hâte, je serrai la ceinture et la bouclai à la déception du milicien qui dû reprendre son poste. « De ce que j'ai cru comprendre, vous le ramasserez vous-même sur mon corps inerte à la tombée de la nuit, Sergent », rétorquai-je sèchement avec une pointe de défi que je regretterai sans doute dans les prochaines secondes.
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 Sujet: Re: (28/12/2480) (Terminé) Trained with pain ▬ Kryven   Mer 17 Jan 2018 - 1:06

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-De ce que j'ai cru comprendre, vous le ramasserez sûrement sur mon corps inerte à la tombée de la nuit, Sergent

- Y en a à qui ça déplairait pas. Si ça peut te rassurer, Hadler, j’en ai rien à carrer que tu viennes d’ici ou pas, que le comm’ t’aie à la bonne ou pas. P’t’être que tu passeras la journée de demain à l’infirmerie. P’t’être pas. Ca r’garde que toi. J’fais mon boulot, point barre.

Aimable, prévenant et charmeur, c’étaient sans doute les 3 termes qui définissaient le moins bien Krymov. Cela dit, il ne mentait pas : il n’en avait rien à cirer. Le commandant disait « tu t’en charges », il s’en chargeait, c’était aussi simple que ça. Il s’amusait souvent des recrues qui pensaient pouvoir lui tenir tête. Parfois, y en avait un qui sortait du lot, qu’avait une grande gueule mais qui pouvait se le permettre, par sa combativité, sa persévérance ou ses compétences. Mais la majorité du temps, le battant du soleil levant repartait sur le brancard du soir. Il l’observa de pied en cap. Le pantalon allait à peu près, ça ferait l’affaire.

- Bouge pas.

Il lui claqua la cuisse sans violence. Sur l’avant. L’arrière. Pareil pour le mollet, l’épaule, le flanc, les fessiers et le côté de la gorge, préparant son autre bras à une parade si l’idée de lui coller une baffe alors qu’il vérifiait si ses muscles avaient acquis par l’échauffement des réflexes suffisants. Il passa faire de même de l’autre côté puis sur les abdominaux avant de se planter devant elle.

- Quelqu’un qui sait comment on se chauffe les muscles. Ca change.

Il planta son regard dans celui de la jeune femme quelques instants durant. Ses traits durs étaient totalement à l’opposé de ceux qui composaient le visage fin d’Eiven. Elle avait le regard déterminé. Il avait le regard blasé. Un monde les séparait. La seule chose qui les rapprochait quelque peu, c’était leur taille, mais leurs carrures respectives les séparaient une fois de plus. Ces quelques secondes lui suffirent pour savoir qu’elle n’avait clairement pas l’intention de se faire marcher sur les pieds. Il était donc grand temps de voir si elle avait les capacités pour tenir cette attitude une journée, voire sur le plus long terme. Il tourna les talons et recula de deux pas avant de la jauger une fois de plus du regard.

- En garde., lâcha-t’il sobrement sur un ton qui ne laissait pas la place à une éventuelle contestation, Tiens-là. Me lâche pas du regard. Où que j’aille, sois prête à bloquer.

Il comptait la tester sur ses postures, ses mouvements, ses réactions en situation plus ou moins complexes. Il y avait de quoi faire pour une bonne heure, voire une heure et demie. Il observait, attentif, le moindre détail d’appui, de posture, où elle dirigeait son regard alors qu’il marchait lentement de gauche à droite et de droite à gauche. Deux bonnes minutes furent nécessaires avant qu’il aie fini son examen et lui envoie tranquillement un coup de pied chassé contre l’intérieur de la cuisse gauche, juste au dessus du genou. Elle décala sa jambe au dernier moment, et il se replaça sans mot dire. Il n’était même pas en garde, maximisant les appels pour voir comment elle réagirait à chaque coup... et tant pis si elle ne réagissait pas.

Crochet droit en direction de la tempe : bloqué. Uppercut : bloqué. Pied claqué dans les côtes : bloqué. Coude à la mâchoire...à moitié bloqué. Elle avait placé sa main en défense, mais l’articulation était partie avec une accélération plus que certaine, venant percuter la paume protectrice et l’entraîner vers le menton, qui se vit gratifié d’une secousse d’une certaine violence, échappant heureusement à l’os qui lui aurait sans doute déboîté la mâchoire. Poing gauche au plexus : bloqué. Feinte gauche-droite des poings à la tempe : parée...et contrée. Le poing d’Eiven partit en direction de la mâchoire du sergent, qui eut à peine le temps de glisser sa main entre le poing et l’objectif de celui-ci et d’écarter le coup en se saisissant du poignet de la jeune femme, qui connut une torsion de cent vingt degrés vers l’intérieur. Son autre main partit saisir la gorge de la petite favorite du commandant, qui perdit l’équilibre sous le chassé qui vint pousser ses deux jambes jusqu’à ce qu’elles soient pratiquement parallèles au sol. Il poussa sur le cou de la native dans le même geste, l’envoyant s’écraser contre le sol, le dos en premier, contrôlant toujours son poignet, et posa son genou sur le plexus de celle-ci, poing armé pour lui en envoyer une en pleine poire...Mais il n’en fit rien, se relevant et la relevant en profitant de maîtriser son articulation du poignet pour lui serrer la pince une fois qu’elle fut de nouveau sur ses pieds.

- Pas mal, Hadler. Mais j’avais dit « bloquer ». Le contre, c’est pour plus tard. On inverse :  maintenant, c’est toi qui cognes, et c’est moi qui pare., lâcha-t’il en posant ses mains contre les épaules d’Eiven et la poussant avec une force certaine pour remettre un peu de distance entre eux. On est encore qu’à l’échauffement, ménage-toi, mais te relâche pas pour autant!, conclut-il en se mettant en garde à son tour.

Krymov avait une garde haute en triangle : les poings rapprochés au dessus de la tête, les coudes éloignés à hauteur de gorge, une jambe en appui sur la pointe des pieds, l’autre, pied perpendiculaire à l’axe de son corps, presque tendue  pour être en mesure de s’avancer ou de se retirer à chaque geste suspect de l’adversaire. Carré mais leste et agile, sans le moindre doute. Il paraissait relativement détendu, en réalité, attendant la proximité de l’impact pour se tendre et bloquer plus efficacement, ou simplement accompagner le coup pour le dévier. Il ne contre-attaquerait pas, ou alors sans réelle violence, juste pour évaluer son adaptabilité. L’échauffement ne faisait que commencer, les choses sérieuses viendraient soit dans l’après-midi, soit en fin de matinée.

Son regard avait changé dès lors qu’il s’était mis en garde : sourcils froncés, pupilles dilatées, il tenait plus du prédateur que de l’instructeur. L’adrénaline le shootait. Il n’attendait qu’une chose, qu’elle frappe. S’il n’allait pas contre-attaquer, il n’allait pas non plus faire que dévier les coups. Parer un coup de poing en frappant l’avant-bras juste au dessous du coude ou parer un coup de pied en frappant le nerf de la cuisse faisaient partie des « spécialités de la maison » dont il n’allait pas se priver.

- C’est quand tu veux, petite ! Et après...on verra c’que tu sais faire contre un adversaire qui cogne et pare aussi..
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 Sujet: Re: (28/12/2480) (Terminé) Trained with pain ▬ Kryven   Mer 17 Jan 2018 - 1:07

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Laissant glisser mon impertinence d'un simple désintéressement, Krymov pensa pertinent de relever le fait que malgré ma position auprès du Commandant, ça ne changerait rien à ce qu'il prévoyait pour cet entraînement. Je lui tins un regard perplexe, ne laissant échapper qu'un : « c'est assez rassurant, en effet. » Depuis mon arrivée à Reiver, il y avait deux comportements bien différents que suscitait ma présence : certains ne me voyaient que comme un petit jouet exotique ramené par le Commandant et donc se permettaient de mal me considérer, d'autres craignaient que leurs actions et paroles à mon encontre en se disant que le Commandant viendrait les pourrir personnellement pour avoir osé s'en être pris à moi. Krymov n'allait ni dans aucune de ces cases. Je ne crois pas que cela ait le moindre rapport avec la future officialisation de mon intégration à l'avant-poste. Même s'il ne semblait pas ignorer qui j'étais, il paraissait s'en moquer éperdument. Ce qui, loin de me déstabiliser, m'intriguait quelque peu.

Le sergent m'ordonna de ne pas bouger. Ce que je fis malgré l'incongruité de ses gestes. Essayait-il de voir avec quoi il allait devoir travailler ? Impassible, je l'observais, déterminée à suivre ses instructions. Il me fixait de son air sévère et froid. Non, pas si froid. Il avait dans ses yeux une lueur particulière que je ne saurais définir. Tout ce qui en ressortait était une lassitude. De celle Morale, causée par les affres et les épreuves. Bien que cela pourrait me donner la chaire de poule, je m'en retrouvais plutôt fascinée ; une curiosité que je réprimai pour rester concentrée sur ce qui m'attendait. Je l'écoutai avec attention, adoptant une posture de garde et le fixant dans les yeux. Il enchaîna plusieurs coups que j'essayais d'éviter, de parer, d'anticiper. Bien que mes appuis paraissaient hasardeux, mes gestes restaient coordonnés et mesurés, mes yeux ne quittant les siens une seule seconde. Prise dans l'exercice, j'en vins à contrer l'une de ses attaques, portant mon poing à lui, qu'il stoppa in extremis de sa main. Gémissant à la torsion de mon poignet, je ne sus agir pour éviter la chute vers laquelle il me condamnait. Perdant un instant le souffle lorsqu'il plaqua son genou sur mon plexus, je réalisais qu'un monde entier me séparait des miliciens. Krymov rappela la consigne de l'exercice que je venais d'enfreindre en m'aidant à me relever. « Désolée », échappai-je dans un murmure entre deux de ses mots.

Poussée en arrière, je repris ma posture pour démarrer l'exercice suivant. L'attaquer. Ok. Il n'était peut-être pas à hauteur des armoires à glace que j'avais pu rencontrer, mais ça n'enlevait rien à son charisme qui restait toutefois intimidant. Le temps de détailler sa silhouette et sa posture ressembla plus à une hésitation qu'à une réelle observation. « C’est quand tu veux, petite ! Et après... on verra c’que tu sais faire contre un adversaire qui cogne et pare aussi. » Petite ? Je fronçai les sourcils. Ce n'était pas vraiment le meilleur moment pour jouer les susceptibles, d'autant plus qu'à côté, je faisais forcément "petite"... Je m'approchai de foulées assurées et tentai un coup sur son flanc gauche. Une figure droite, puis un pied vers sa cuisse droite et une figure gauche. Sans le quitter des yeux, essayant au mieux de toucher mes cibles. J'avais beau ne pas avoir dormi et maugréer sur plus d'une choses, je parvenais à me sentir détachée de tout ça. À mettre de côté ces difficultés pour n'avoir que cet entraînement dans l'esprit. Même si ce n'était encore que l'échauffement, il pouvait sentir que pourtant, dans mon regard et mes coups, une certaine tension appelait à se décharger.
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 Sujet: Re: (28/12/2480) (Terminé) Trained with pain ▬ Kryven   Mer 17 Jan 2018 - 1:07

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"Désolée." il l'avait entendue, mais n'avait pas réagi. Ce serait pour plus tard. Krymov avait l'impression qu'elle l'observait, mais il lui sembla un instant qu'elle hésitait à venir au corps à corps. Il parerait, c'était ce qui était dit. L'hésitation pouvait être fatale lors d'un combat. Une fois de plus, il ne réagit pas. Ce serait pour plus tard. Son souffle s'était fait plus lent, plus profond : il attendait, patiemment, semblable à un serpent, paré à se tendre d'un coup, à bondir et porter un coup fatal au premier assaut. Tel était son style de combat, rapide, efficace, expéditif. Mais là, il n'était pas question de ça, et tout en son regard indiquait qu'il en venait presque à regretter de ne pas avoir en face de lui un adversaire pour un véritable combat. Les ordres étaient les ordres, aussi les respecterait-il.

Il attendit qu'elle soit prête, totalement immobile, concentré sur les neuf points d'où pouvaient partir les coups (tête-poings-coudes-genoux), attentif au moindre geste. Elle se rapprocha en trois pas assurés, rapidement. Bien plus assurés que ses coups. Tout indiquait qu'elle avait besoin de lâcher la pression, de laisser éclater tout ce qu'elle portait. Qu'elle ne tenait plus. Il avait connu ça, il y a longtemps, lui aussi. Sans doute pour des raisons différentes, mais ce sentiment d'oppression venant de l'intérieur, ce besoin de tout lâcher, il savait ce qu'il signifiait. Et ce qu'il signifiait en partie était qu'elle ne se donnait pas à fond. Elle devait crever l'abcès, exploser. Compenser par sa rage ce que son physique ne lui offrait pas. Elle devait se libérer de ce carcan qu'elle s'imposait, avec lequel elle se bridait, se torturait de l'intérieur.

Elle tenta un coup en direction de ses côtes flottantes, mais Krymov n'eut aucun mal à écarter le coup en ramenant sa jambe arrière, prenant appui sur la jambe avant en se redressant sur celle-ci. Le poignet d'Eiven heurta son genou tandis qu'elle envoyait l'autre poing en direction du visage buriné de son instructeur. Une fois de plus, il l'écarta tranquillement, rabattant d'un coup sec son bras droit pour venir claquer l'avant-bras de la native et dévier le coup qui passa sous son aisselle. Elle passa intelligemment au pied, tentant de frapper sa seule jambe qui touchait le sol à ce moment, mais il attendait déjà depuis une bonne seconde et demie qu'elle le fasse : l'appel était évident. Il reposa l'autre jambe à côté de celle de la jeune femme et changea son appui, effectuant une rotation sur celui qu'il venait de se créer tandis que le pied de la jeune femme fauchait le vide et qu'il se baissait pour ne pas se ramasser l'épaule de celle-ci en pleine tête pendant son déplacement. elle se retourna d'un mouvement vif et envoya une dernière fois son poing vers le nez de Krymov, qui se pencha légèrement en arrière pour mettre son visage hors d'atteinte, saisissant le poignet à nouveau, sans le tordre cette fois -du moins pas tout de suite-, tirant sur le bras pour la placer de profil par rapport à lui et, dans la même geste que s'il voulait lui porter un coup de talon à la nuque, fit passer sa jambe gauchee par dessus l'épaule de la jeune femme avant de se retourner d'un mouvement sec, faisant craquer l'épaule au passage de manière sinistre, l'amenant au sol une nouvelle fois, ventre à terre, avant de littéralement s'asseoir sur son dos. Il lui remboîta l'épaule d'un geste sec sans pour autant lâcher son poignet, mettant toujours son bras en position de clé entre ses jambes, négligemment assis sur son omoplate, avant de s'adresser à elle le plus calmement du monde, ignorant totalement la douleur qui devait lui élancer la moitié du dos et la totalité du bras.

- Enseignement théorique. Trois choses. Primo : Garde toujours la tête haute. "désolée" n'est pas une réponse, c'est une défaite. Secundo : Si tu ne te donnes pas à fond, je t'assure que c'est pas le dernier déboîtage d'articulation que je vais te flanquer. Lâche-toi et cogne, t'es dans la cour des grands, pas avec les branleurs Tertio : Donne-moi les deux seules raisons justes et vraies de se battre et je te lâche. Pas la peine de te débattre, tu vas juste te péter le bras en essayant.

Krymov et la délicatesse n'avaient été que brièvement amis. Le commandant n'approuvait pas toujours ses méthodes, et c'était à juste titre: envoyer une personne par jour à l'infirmerie était peut-être un excellent moyen pour lui de garder la forme, mais pas pour la milice. Il avait donc été obligé de réduire la voilure et de se calmer un peu à l'entraînement. Déboîter une articulation entraînait une douleur violente mais instantanée : dès lors que l'articulation en question retournait dans son logement usuel, quelques minutes suffisaient à faire passer la douleur et à retrouver l'usage normal du membre auquel elle était attenante, il le savait parfaitement (enfin, ce n'était vrai que si elle était rapidement remboîtée). C'était devenu sa nouvelle marotte punitive, plutôt que de briser des os : tout aussi efficace sur l'instant, utilisable à répétition, bien mieux toléré par Goran, que demandait le peuple?

Il attendait la réponse d'Eiven, confortablement installé sur elle, regardant la cour à côté entre deux empilements de caisses. La bleusaille s'entraînait au lancer de couteaux. Ne restait plus qu'à espérer qu'ils ne se reçoivent pas un coupe-gorge perdu, c'est le genre de choses qui arrive des fois, quand on s'entraîne a vingt mètres d'une bande de tarés du tranchant et du pointard. Son regard se porta de nouveau pour Eiven. Homme, femme, natif, pas natif, il n'en avait rien à foutre, il l'aurait entraînée de la même manière. Il doutait cependant qu'elle aie la réponse à sa question. Survivre et défendre ce à quoi on tient, c'était pourtant simple, mais la plupart du temps, les recrues répondaient "se faire respecter et se défendre". Elle n'était cependant pas une recrue, il fallait l'admettre. Peut-être ne serait-elle pas un bourrin en puissance avec la capacité cérébrale d'un caillou après tout! Et peut-être qu'ils avaient sur ce point la même approche des choses. Il n'aurait su le dire. C'était à elle d'infirmer ou de confirmer cette supposition.

- Alors?

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 Sujet: Re: (28/12/2480) (Terminé) Trained with pain ▬ Kryven   Mer 17 Jan 2018 - 2:23

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Les coups s'enchaînèrent dans des élans de poussières soulevées par nos déplacements, rythmés par nos gestes. Un enchevêtrement de coups, de parades et d'esquives qui octroyaient une certaine synergie à ces mouvements. Le choc des coups interceptés, le bruit sourd du contact brusque et maîtrisait avait un attrait non négligeable ; comme une mélodie rauque qui ponctuaient nos gestes. L'échange se conclut toutefois par une violente douleur à l'épaule lorsqu'il m'agrippa le bras et me fit basculer. Un cri de douleur que j'essayai d'étouffer en vain, avant qu'au sol, une nouvelle décharge ne se propage dans mon bras. Un craquement inquiétant qui faillit m'arracher des larmes si je n’œuvrais pas pour les retenir. Ce n'est qu'après coup que je réalisais que le sergent maintenait son séant sur moi. Bien que ça n'avait été qu'une blessure superficielle, mon épaule avait déjà souffert d'une flèche récemment et je ne crois pas que le médecin soutiendrait l'idée que celle-ci soit ainsi à nouveau éprouvée. Mais sur l'instant, ça m'était égal. Je n'allais pas laisser cette douleur m'arrêter. D'autres auraient peut-être appelé leur mère ou je ne sais quelle figure de soutien. Le fait est qu'une fois toutes ces figures envolées, il ne nous restait plus que nos yeux pour pleurer ou la technique de se relever et d'avancer, continuer et persévérer, car de toute façon personne ne viendrait nous ramasser.

Sur les jours précédents, et ce après avoir passé ces deux derniers mois à ses côtés, j'avais commencé à croire que Wernher aurait pu être ma nouvelle bouée de sauvetage, mon repère, mon assurance si jamais tout venait à foutre le camp. Mais la désillusion fut présente dès l'instant où j'ai accepté de marcher dans son jeu. Je lui en voulais, c'était indéniable, d'une rancœur mesurée et qui se résorberait peut-être les jours à venir - ou non... tout dépendrait des possibilités qu'il allait me proposer - cependant je ne me laisserai plus prendre à croire qu'il se souciait de moi. Sous le poids et les indications de Sherkan, je ne tentai pas de me relever, ni de me débattre de quelque manière que ce soit. En vérité, être allongée au sol - même écrasée par le sergent - rappelait à mon corps son manque de sommeil et rendait cette position plutôt agréable ; même si déjà je sentais les endroits où des bleus se formeraient dans les minutes à venir. Dans sa tirade, il nota mes défauts. Bien que certains me paraissaient compréhensibles, d'autres restaient plus abstraits comme l'idée que je devais me donner à fond si je ne voulais pas qu'il en vienne à m'infliger à nouveau cette douleur atroce qui avait ébranlé mon épaule.

Je cillai en évitant de manger le sable qui jonchait la cour. Loin d'être forte et d'une carrure imposante, je ne voyais pas ce que je pouvais faire de plus pour me donner "plus à fond". Je me gardai d'y attacher la moindre réponse, considérant que s'il me faisait cette remarque, c'est que j'avais dû manquer d'assurance sur un de mes coups. Sur un troisième point, il me demanda de citer les deux raisons pour lesquelles on se battait. Les raisons qui poussaient Reiver à se battre ? Ou me poussait moi à vouloir me battre ? Je n'étais pas un être de violence, bagarreuse et dominante. Je tenais à mon intégrité, possédais une certaine fierté pas toujours bien placée. Je ne voulais pas me battre pour l'honneur ni pour me sentir supérieure. Mais peut-être était-ce quelque chose de vrai chez les miliciens ? Quelque chose de cultivé par les instructeurs pour les pousser à donner le meilleur d'eux-mêmes ? D'où ce jour où l'on m'avait forcée à me battre - me faire battre - contre Ast. Le combat fut de courte durée mais suffit à ravir les spectateurs : voir la "salope" de Wernher se faire latter par un milicien sur-entraîné. Ce n'était pas ce que j'attendais d'un enseignement au combat... Jouer les coqs et tenter de s'imposer par la force. Le sergent me rappela d'un "alors" qu'il attendait une réponse. « Survivre et... protéger » Si j'avais su me battre il y a un an, si plusieurs d'entre nous avaient su se battre, alors peut-être que ma famille serait encore en vie. Peut-être que nous aurions pu repousser nos agresseurs. Mais ça n'avait pas été le cas. Et chaque jour depuis cet instant, je regrettais secrètement de ne pas avoir su les protéger. De ne pas avoir su la protéger.
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 Sujet: Re: (28/12/2480) (Terminé) Trained with pain ▬ Kryven   Mer 17 Jan 2018 - 9:48

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- survivre et...protéger.

Lentement, il se releva et l'aida à faire de même. Un rapide coup d'oeil de chaque côté lui confirma ce qu'il pensait : ils étaient observés par les désoeuvrés environnant. Et Krymov détestait les désoeuvrés. Il alla chercher sa veste et ramena une petite gourde à la jeune femme. Par un système ingénieux, celle-ci contenait deux récipients: l'un d'eau, le plus grand et le seul visible, l'autre d'alcool fort, en cas de coup dur. Il ouvrit la gourde,fit coulisser discrètement sur le côté l'anneau qui passait de l'eau à l'alcool, et flanqua l'objet dans les mains de la jeune femme.

- Officiellement, c'est de la flotte. Officieusement, ça fera passer la douleur. lâcha-t'il entre ses dents alors qu'elle regardait l'objet, avant de reprendre tout haut : Bois un coup, tu l'as bien mérité. T'as cinq minutes de pause, j'ai un truc à régler. Reste là.

Il en avait remarqué quelques uns qui se fendaient la poire, des petits jeunes qui se marraient à l'idée d'avoir vu la petite favorite du commandant se faire écraser par l'instructeur qui leur avait tous au moins une fois fait bouffer le sol. Ca les faisait rire? Pas lui. Si ils avaient le temps de se marrer, ils avaient le temps de faire autre chose. Il s'écarta de quelques pas en se rapprochant d'un petit groupe qui observait à l'ombre des baraquements ce qui se passait sur le champ de bataille. Les noms, il les connaissait tous. Les trognes qui allaient avec, même tarif. Il en appela cinq, à titre d'exemple, mais son simple ton indiquait qu'il ne leur demandait pas de venir pour leur refiler une médaille.

- Korhen, Ruce, Lobte, Stare et Malkovot, au pied.

"au pied." Il n'avait employé cette expression qu'à deux reprises depuis qu'il avait quitté le clan de pillards qui l'avait vu grandir. Une fois lorsqu'il était à Steros pour appeler un incompétent qui lui mettait en toute connaissance de cause des bâtons dans les roues, et une autre fois ici, à Reiver, où il avait du corriger un soldat qui répendait des rumeurs quand à sa sexualité avec un rookie qu'il entraînait également hors des horaires prévus pour pallier à son manque de physique. C'était la troisième fois en douze ans que ça arrivait. Et ça ne présageait rien de bon. Sachant pertinemment que d'une manière ou d'une autre, il leur tomberait sur le râble pour s'être distingués par leur indiscrétion, ils préférèrent le rejoindre directement plutôt que de le laisser réfléchir à une punition digne de ce nom. Stare devait s'en souvenir des sept cent pompes de la fois précédentes: il en avait eu des courbatures dans les bras pendant trois semaines. Sans doute la faute du parpaing qu'il avait sur le dos pendant l'exécution de sa sanction. Se tenant droit comme un I, les mains jointes derrière le dos, il attendit que les appelés viennent se placer face à lui pour le saluer pour expliciter ce qui lui posait problème, à haute et intelligible voix.

- Cette putain de question, vous y avez TOUS LES CINQ répondu faux à au moins deux reprises. Et ce qu'elle vient de se manger, c'est RIEN à côté des branlées que vous avez pu prendre, ramassis d'incompétents sans cervelle. Elle, au moins, elle fait des efforts sans se prendre pour la reine du monde...TA GUEULE KORHEN! Je sais, t'as rien dit, mais t'allais l'ouvrir, vaut mieux prévenir que guérir, donc ta gueule. Il marqua quelques secondes de pause et commença a marcher de gauche à droite devant les cinq hommes, sans les quitter du regard. J'ai beau pas être le type le plus intéressé par les ragots, j'en entends quand même, les gars. Et si ça vous fait marrer, c'est sûrement parce que ces ragots auxquels je pense, vous les aimez bien. Mais si c'était la pute du commandant, j'suis pas sur qu'ce soit moi qu'il lui collerait comme instructeur, hm? Ca fait rêver quelqu'un une journée d'entraînement intensif avec moi? CA FAIT REVER QUELQU'UN, BANDE DE TAFIOLLES?!

Même pas un "non, monsieur" pour répondre aux poussées de sa voix de stentor alors qu'il s'était dangereusement rapproché des cinq fautifs, juste un geste de recul général en remarquant que son poing droit était à moitié armé derrière lui pour un crochet en direction du fois ou des côtes de n'importe lequel d'entre eux. Le silence. Juste le silence. Un silence qu'il laissa durer sans les lâcher du regard, l'air mauvais. Korhen s'apprêtait à dire quelque chose qui aurait mis fin au silence, mais ce fut un simple "CHPOW" qui le rompit alors qu'il se pliait en deux, le souffle coupé. Le poing était revenu aussi vite qu'il était parti heurter violemment le plexus du soldat.

- J't'avais dit de fermer ta gueule. Tous les cinq à mon baraquement dès la fin de service, les retardataires, c'est soit une note de votre supérieur direct soit double tarif. Maintenant vous allez m'dire à tout ce p'tit monde de dégager, et vous décarrez aussi ensuite, avant que j'vous refasse l'ossature pour occuper le chirurgien pendant quelques semaines à trouver quel morceau va où. ROMPEZ!

Il fit demi-tour sans même attendre leur acquiescement, interpellé au passage par un gradé. L'échange fut de courte durée, à voix basse, et se conclut par un acquiescement mutuel d'un signe de tête. Krymov se dirigea de nouveau vers toi et récupéra sa gourde, repassant à l'eau avant de boire une gorgée et de la tendre à nouveau à Eiven avec un petit sourire en coin

- C'est vraiment de la flotte ce coup là., dit-il sobrement en t'invitant à le suivre pour s'assoir sur les caisses où il était installé à ton arrivée. J't'aurais pas déboîté l'épaule, j't'aurais laissé carte blanche pour leur dérouiller la gueule., lâcha-t'il, laconique. J'dois dire que j't'ai prise pour une petite chieuse comme on en voit a l'extérieur, le genre qui croit qu'elle a tout vu parce qu'elle a déjà posé les yeux sur un cadavre, parfois, qu'a déjà tué une ou deux fois. Une gamine à qui j'allais régler son compte rapidement avant de passer à la suite. Mais t'es loin d'être conne et t'as pas les valeurs de "gloire et respect", comme pas mal ici. J'aurais mon béret, j't'aurais bien tiré mon chapeau, mais j'l'ai pas pris.

Il attrapa sa veste et retira son couteau du bois. Son regard balayait les environs pendant qu'il parlait pour mieux saisir la situation alentour. Les miliciens qui n'avaient rien à foutre là avaient été écartés, ceux qui bossaient ne se souciaient plus de ce qui se faisait sur le terrain d'entraînement...Parfait. Il rangea son couteau et renfila son blouson, mettant une coup de poing sans violence sur l’épaule valide d’Eiven, juste pour signaler qu’il s’adressait à elle, jetant un dernier regard sur la zone d’entraînement. Il n’était même plus tendu à l’idée d’avoir du recadrer les miliciens : son regard las avait repris sa place, son attitude était détendue. Il séparait totalement le passé du présent sans le moindre mal, prenant Eiven par les épaules pour se diriger vers les blocs des officiers.

- On s’ra plus tranquilles dans mon blockhaus. Rapplique. Les miliciens du rang ont pas accès au quartier des off’., fut la seule chose qu’il dit avant d’être quelques mètres plus loin, reprenant sans même la regarder, concentré sur le trajet : Toi, y t’es arrivé de la merde dans la vie. J’suis pas là pour servir de confident, mais ça s’voit. Ceux qu’ont connu que Reiver répondent faux. Les outsiders qui vivent tranquilles -y en a pas beaucoup, mais y en a-, ils répondent faux. T’as du perdre pas mal de choses. Et c’est ça que j’veux dire quand j’te sors qu’y faut qu’tu te lâches. Laisse éclater c’que t’as en stock, que t’as envie d’enfouir. C’est ça, ta force, Hadler. Ne plus rien en avoir à foutre au quotidien, mais quand il s’agit d’se battre...Ton adversaire, c’est le responsable de tout c’qui t’es arrivé de mauvais. Apprends les geste. Ajoutes-y la rage. Y aura plus rien qui t’arrêtera. Tu piges ?
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 Sujet: Re: (28/12/2480) (Terminé) Trained with pain ▬ Kryven   Mer 17 Jan 2018 - 19:49

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Le sergent se leva, libérant mon dos de son poids qu'il ne laissait sans doute pas entièrement reposer sur moi - sinon j'aurais sûrement été écrasée - et m'aida à me relever. Pas le temps de soupirer de ce soulagement à rester par terre... J'acceptai son aide et me redressai non sans peine. Un bel aperçu de ce que j'allais endurer les prochains jours. Mais s'il faut ça, alors soit. Krymov retourna vers les caisses et revint avec une gourde et sa veste. Je pris la gourde qu'il me tendait, écoutant ses recommandations avant de me jeter dessus. Cinq minutes de pause et un remontant ? J'acquiesçai et le laissai prendre congé avant de boire. Une gorgée, une deuxième, une troisième. Les traits crispés, je réprimais cependant la sévérité de l'alcool. J'avais bu pire, il n'y a pas si longtemps que ça. À croire que tout le monde était adepte de ces breuvages dans les parages. L'alcool ne me réussissait pas vraiment, mais si ça pouvait alléger un peu la douleur, alors je n'allais pas me faire prier. Surtout qu'à y repenser, je ne trouvais pas ça désagréable une fois la brûlure d'œsophage passée.

Sans vraiment vouloir intercepter une discussion qui ne me concernait pas, je tournai mon attention vers le sergent et les miliciens. Alignés sous son ordre. Plissant les yeux, je compris qu'il leur passait un savon pour le moins humiliant. Je sursautai de stupeur à son "ta gueule Korhen", pas très habituée aux cris inopinés. C'était plus synonyme de danger qu'autre chose... Ok, la voix sèche de Krymov paraissait être, pour eux, déjà un danger, donc ça n'était pas si inopiné. Je cillai à l'évocation dans la bouche du sergent de l'idée que c'était fait la majeure partie des miliciens de l'avant-poste à mon égard. Certes, ma place était ambiguë, mais en plus du caractère rabaissant de cette rumeur, j'y voyais également un manque de considération du Commandant. C'était peut-être normal qu'un homme ait des "putes" comme ils le disent, mais pour une personne étrangère à leurs valeurs, ça apparaissait plus comme un cruel manque de respect. En tout cas, à sa façon, Krymov leur fit comprendre que si cette rumeur était fondée, alors jamais Wernher ne m'aurait collée entre les pattes d'un instructeur comme lui. Il prenait ma défense ? Malgré la douleur de mon épaule et ma perplexité face à une telle situation, je sentis mes traits se détendre. Loin d'un sourire, mais un certain apaisement. Que je réprimais rapidement à réaliser qu'effectivement, c'est ce qu'il venait de faire. Je n'étais pas persuadée que ce soit la meilleure façon de m'éviter les emmerdes, mais peut-être que son but était tout autre : éviter que eux l'emmerde ? Il n'avait pas l'air d'être un type à se laisser marcher dessus... Et ce dernier détail me laissait croire que quelque soit son intention, sans doute que son intervention seule dissuaderait les miliciens de chercher à me faire payer ce passage à savon.

À "rompez", je détournai mon attention, ne voulant pas en prendre une par ricochet. Il revint à ma hauteur et saisit la gourde de mes mains. Je répondis timidement et brièvement à son sourire furtif. Il me tendit une nouvelle fois la gourde avec l'assurance que cette fois-ci, il s'agissait d'eau. Je la repris et en bus deux longues gorgées. C'était bien plus désaltérant et rafraîchissant que l'alcool ! Je refermai ensuite la gourde et suivis Krymov. « J't'aurais pas déboîté l'épaule, j't'aurais laissé carte blanche pour leur dérouiller la gueule » Peut-être que dans un mois j'aurais la même force de persuasion dans le poing que lui, mais pour l'heure, j'étais plutôt contente qu'il s'en soit occupé lui-même. Bien que ça me coûtait de constater que son intervention était un sacré coup de main. Je l'écoutai avec attention, baissant les yeux à l'idée qu'il avait pu se faire de moi. Une idée que tous avaient dû se faire de moi. J'esquissai cependant un sourire sincère lorsqu'il évoqua l'idée d'un chapeau tiré vers moi. Je ne méritais pas tant, loin de là, mais l'image restait amusante. Devant le calme repris et ses mots, je me dis que son ton blasé devait faire partie de sa personnalité.

Sa familiarité m'intriguait mais ne me dérangeait pas. Silencieuse - ce qui était assez rare, il fallait l'avouer - je le suivis alors qu'il rassemblait ses affaires. Le sergent proposa du plus simplement possible qu'on se retrouve dans son bloc. Une idée qui me refroidit quelque peu. Accompagnée je ne pense pas que l'on viendrait à me faire à nouveau pourrir en isolation deux jours... Je ne pensais pas avoir grand chose à craindre à me retrouver seule avec lui. Peut-être à tord. Toujours est-il que nous nous retrouvions à quitter la cour et nous diriger vers les blocs des officiers. Sur le trajet, le sergent en vint à parler de façon un peu trop personnelle à mon goût. Il avança l'idée que j'avais dû perdre beaucoup pour avoir répondu juste et qu'il devinait à me voir que je gardais pour moi bien des choses qui ne demandaient qu'à sortir. Baissant la tête, je me refermai à ses mots. Je peinais à croire que ce qui restait enfouis en moi pouvait devenir une force... plus que dubitative mais surtout gênée. Bien plus mal à l'aise dans l'idée qu'il puisse ainsi me sonder que lorsque j'étais plantée en sous-vêtements face à lui.

Défilaient ses paroles et se serraient mes poings et mes dents. Si seulement il pouvait y avoir un seul responsable... et encore, je doutais que ça y change quoi que ce soit. Les sentiments que m'éveillaient ces souvenirs n'engageaient pas seulement de la rancœur ou un simple sentiment d'injustice... et je ne voulais pas vraiment savoir ce que ça cachait. On pouvait me mettre à terre et me rouer de coups, peu m'importait au final : je sais que l'on guérit des blessures physiques. Ce dont j'étais moins sûre et qui me terrifiait, c'était que l'on pouvait guérir des blessures morales... « J'ai juste eu la chance de m'en sortir... Mais j'y penserai... » grommelai-je entre mes dents. « Vous avez passé beaucoup de temps à l'extérieur avant d'arriver à Reiver ? » Demandai-je plus par curiosité que pour poursuivre la discussion. Après tout, S'il se permettait d'être indiscret, je pouvais bien l'être également. D'une cadence de marche assurée, nous approchions des blocs des officiers.
CODAGE PAR AMIANTE@Krymov Sherkan

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