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 (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]

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 Sujet: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   Mer 31 Jan 2018 - 22:50

07/01/2481, Dispensaire, tard dans la nuit - Mes journées avaient toujours été chargées, mais je ne m’étais jamais réellement plainte. J’ignorais allègrement les cernes qui venaient maquiller le dessous de mes yeux, je prétendais ne pas voir ces joues creuses et j’acceptais sans la moindre inquiétude cette peau blanche qui semblait n’être qu’une fin tissue sur mes os. Cependant, mon entourage ne semblait pas partager mon avis. Le personnel au sein du dispensaire avec lequel je travaillais de façon régulière et quotidienne s’inquiétait sincèrement.

« Où est ta fille, pour qu’elle te prête main-forte ? » demandèrent-ils.
« Il serait temps de te trouver un mari, pour qu’il t’aide un tantinet. Etre une mère célibataire n’a jamais été facile » me soufflaient certaines femmes.
« Maries-toi. Un second salaire n’est jamais de refus » me conseillaient d’autres femmes.

Je désirais sincèrement transmettre à ma fille la capacité de soigner, grossièrement ou non, une personne mais je ne pouvais nullement lui imposer un tel apprentissage. D’ordinaire, les parents étaient du même niveau et, par conséquent, qu’importe le choix de la progéniture, elle restait près des siens. Nox était différente. « Nous », Vaughn et moi-même, étions différents. Notre enfant migrait d’un niveau à une autre, au gré de ses caprices ou de ceux de son père. Je ne la surcharge pas, car je crains qu’elle ne fuie définitivement dans ce second, maudit et chimérique niveau.

Quant à cette question du mari, les raisons étaient contraires à celles auxquelles j’aspirais. Il y a quelques années de cela, j’aurais peut-être faibli face à ces conseils de mauvaises langues, mais pas aujourd’hui. Pas après ce que Vaughn m’avait fait connaître. L’Amour. L’Humiliation. Je me refusais de m’unir à un homme qui ne nourrissait aucun sentiment à mon égard, et encore moins à ce qu’il me touche.

« Tu es stupide, et naïve, profites d’être encore un tantinet belle et fertile, pour enfin te ranger ».

Fertile. Douce ironie. C’est elle qui m’avait condamné, mais également elle qui m’avait comblé. Nox. Un seul prénom, mille sentiments épars. La joie d’avoir un tel trésor à mes côtés, la colère à l’idée qu’on cherche à me l’arracher, la fierté de la voir devenir si belle et si intelligente et la peur à l’idée qu’elle soit malade ou blessée. Elle était devenue toute ma vie. Sans elle, j’étais une Morte.

- Je vais raccompagner Nox chez elle, puis je vais revenir, promis-je au chef d’équipe. Je vais revenir rapidement, Tommsen. Ce dernier me lança un long regard, tantôt réprobateur, tantôt compréhensif.

Il se faisait tard au sein du Dôme. La population qui arpentait les rues pouvait être scindée en deux catégories distinctes : les travailleurs qui rentraient chez eux pour se reposer, et les autres qui sortaient pour s’amuser ou détruire. Il fut un temps, je ne m’inquiétais nullement de cette dernière catégorie bagarreuse et dangereuse – bien trop habituée -  mais depuis que j’étais mère, je la craignais et la fuyais comme la peste. Ces personnes ne mettaient qu’en avant les limites du bonheur que je pouvais offrir à ma fille, alors que son père pouvait offrir bien meilleur.  

« Il va vendre du mensonge, comme il m’en a vendu » pensais-je, avec désespoir. « Et surtout, il y a son père ». Lucian Jagger, un monstre impitoyable au regard étrange. A chaque fois que j’acceptais de laisser ma fille rester auprès de son père, je tremblais à l’idée qu’elle tombe sous le joug de ce patriarche terrifiant et qu’il ne l’influence en mal. Entre cette population boiteuse, et cet homme austère, ce dernier me semblait le plus dangereux. Aussitôt cette pensée formulée, une joie m’envahissait à l’idée que Nox soit là, à mes côtés, et non « là-bas ».

- Je vais revenir un peu plus tard. Comme toujours, tu n’ouvres la porte à personne, pas même à celui qui semble avoir la voix de ton père !
ordonnais-je. Gardes bien la porte fermée, et ne dors pas trop tard.

Cela m’agaçait de l’abandonner ainsi dans notre habitation, mais je n’avais guère le choix. A contrecœur, je rebrousse le chemin, pour me rendre au dispensaire. Mon esprit était évidemment ailleurs, auprès de ma fille. Mangeait-elle à sa faim ? Se sentait-elle trop seule ? M’aimait-elle ? Me détestait-elle ? Est-elle à l’abri ?

Ces pensées prirent fins une fois arrivée à l'établissement de santé, là où le travail m’attendait. Du moins, c’était ce que je pensais. Les rares patients dormaient à poings fermés et seule une petite lumière était allumée, dans la petite pièce réservée au chef d’équipe. J’indique ma présence, prête à disparaître de l’embrasure de la porte pour me plonger dans mes remèdes. Malheureusement, Tommsen – un vieil ami et collègue à moi – m’arrête et m’invite à m’asseoir en face de son bureau. Intriguée, et surprise, j’obéis sans tarder.

- Je voudrais te féliciter pour ton travail, et ton dévouement, Eyli,
commença-t-il.
- Merci beaucoup, Tommsen. J’adore ce travail, répondis-je avec sincérité.
- Et bon anniversaire, souffla-t-il.

Je l'observe, éberluée et surprise, puis soudainement confuse. Je souris, mais contre gré. Je n'appréciais pas vraiment le jour de mon anniversaire, ce jour même où mes parents m'avaient abandonné en ces lieux. Tommsen se lève, s'approche de moi et m'intime de me lever à mon tour.

J'obéis à nouveau, mais nerveusement. Je sursaute soudainement, sentant ses doigts sur ma nuque ainsi qu'un objet fin, long et froid m'entourer le cou. Peu habituée à un autre contact que celui de Vaughn, et surtout à un contact doux et attentif, je prends peur et m'éloigne subitement. Le collier atterrit entre mes mains, et mon chef m'observe avec un regard interrogateur et confus.

-    Je ne voulais pas t'effrayer...
-    Je sais, c'est... le collier est magnifique. Mais... je ne peux pas l'accepter. J'ai une fille et...
-    Je le sais, tout ça. Et je te désire avec tout ça.  


Il profite de ma confusion pour s'approcher doucement, relever avec délicatesse mon visage vers lui et ainsi m'obliger à le regarder droit dans les yeux et à l'écouter.

-   Je t'aime, Eyli, sincèrement.

Un regard doux et sincère, un souffle chaud qui frôle délicieusement ma joue, des lèvres proche des miennes... tant d'éléments qui devraient me rassurer. Me réconforter. Ce n'est malheureusement pas le cas. Dans ce vertigineux tourbillon de sentiments, la culpabilité régnait en Reine. Vis-à-vis de qui me sentais-je coupable ?

Vaughn, qui ne me considérait plus que comme un simple corps à sa disposition et qui pourrait prendre ombrage d'une quelconque alliance, et s'enfuir avec ma fille.
Nox, qui ne devrait avoir qu'un seul père en toute logique, et qui pourrait voir là une frivolité de la part de sa mère.
Tommsen, que je comparais à Vaughn? Telle était ma réalité, avec les hommes. Vaughn continuait à me hanter avec son ombre : la peur de lui déplaire et de voir ma fille être arrachée à moi, la comparaison incessante entre ce qu’il était et ce qu’il est devenu et enfin la comparaison de ses états à ceux de ces hommes qui s’offraient à moi.

« Il était aussi comma ça. Il discutait. Il était mon ami. Puis, il était devenu mon amant, attentif à chacun de mes états. Puis il m’a jeté. Enfin, il m’utilise ».

- Eyli, pourrais-tu au moins réfléchir à … nous ?

Je sentais son regard me dévorer, et j'entendais son ton plein d'espoir. Je me retire, avant que nos lèvres ne se scellent, et je dépose le collier sur la table. J'hoche simplement de la tête, mais sans savoir exactement dans quelle situation je m'empêtrais. Tout ce que je désirais était de sortir de cette pièce, et m'éloigner de lui.

A croire que la paix était trop demandée en ce jour, à peine sortie que je
me fige. Une silhouette se dresse dans la salle principale du dispensaire et je crois la reconnaître.

"Pitié, non...".
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 Sujet: Re: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   Jeu 1 Fév 2018 - 11:57

It's my Birthday, allow me to be selfish
L'approche de ce jour était difficile pour moi. Autant qu'il devait l'être pour elle comme il devait en être pour n'importe quelle date ou lieu que nous avions l'habitude de partager ensemble. Ou peut-être pas. Avec les années, Eyli s'était peut-être fait une raison. Peut-être que tout ceci, ce nous auquel je lui ai tant fait croire, n'avait plus de réelle importance à ses yeux...

Un crochet droit, un coup de tête, de pied. J'enchaînais mon adversaire sans le considérer comme un être humain. Réduit à l'état de punching-ball qui, toutefois, ne manquait pas de rendre les coups. Ça ne faisait rien ; au contraire, voilà qui me redonnait à chaque coup un élan de plus pour me déchaîner. Le combat fut rude mais loin d'être à la hauteur des plus grandes rencontres. Je me défendais bien, à mon niveau. Sans être en haut de l'échelle, on pouvait me considérer parmi les emblèmes de cette fosse à déchets humains. Quel glorieux titre pour un Jagger. « Nergal remporte le combat ! » Fut hurlé dans la fosse où résonnèrent les encouragements et applaudissements. Fusèrent quelques médaillons, allant de main en main, de bookmaker à mes poches. Je n'avais pas besoin de cet argent. Je ne faisais pas ça pour l'argent. Mais Nergal oui. Parler de moi à la troisième personne n'était pas une chose à laquelle je m'accoutumais. Cependant, il était important de mettre une barrière entre ces deux mondes qui s'affrontaient en moi. Ce besoin de me retrouver ici, de n'être qu'un mouton dans la foule. Et la nécessité de garder ma place là-haut, bien au chaud.

Remonter n'était pas bien difficile. Il fallait attendre dix minutes avant l'heure du couvre-feu. Kostya couvrait le passage le temps du trajet. Je me demandais comment les autres pouvaient faire pour passer inaperçus sans un contact à l'observatoire. Peut-être que la milice se fichait globalement de certains aller-retours de personnes lambda. Toujours est-il qu'après ce combat, j'étais assez amoché. Je ne pouvais rentrer directement à Amaranthe sans attirer l'attention. Je décidai alors de me rendre jusqu'au dispensaire où j'espérais la trouver. Eyli était une personne vraiment dévouée à son travail. Que ce jour soit son anniversaire ou autre, elle serait à son poste. Plus qu'à croiser les doigts pour qu'elle soit de garde. J'entrai par une porte réservée au personnel. Ayant enlevé mon masque, je ne gardais qu'une capuche qui parvenait à jouer l'illusion et masquer quelques hématomes. Les couloirs étaient vides. J'arrivai dans la salle d'admission, y jetai un œil discrètement. Personne. Cette nuit s'annonçait calme.

Un duo du personnel se pointa à discuter de tout et de rien. Je me glissai dans un couloir adjacent pour éviter leur rencontre et vis une lumière indiquant une présence. Je m'en approchai à pas de velours pour voir s'il n'y avait personne que je connaissais. Je reconnus sans mal sa voix. « J'ai une fille et... » Mon cœur fait un bond et semble s'arrêter. C'était qui ce type à qui elle parlait ? Sourcils froncés, j'avançai un peu plus vers la pièce. « Eyli, pourrais-tu au moins réfléchir à… nous ? » La chair de poule vint faire s'hérisser ma peau d'une colère froide. Je n'avais pas à me mêler de ça. Nous deux c'était fini depuis des années et sans la moindre chance de se réparer. J'avais assuré lorsqu'il a fallu mettre les choses au clair avec elle. Enfin au clair... Disons que je m'étais assuré d'être le plus parfait des connards pour ne plus qu'elle ait une seule once d'espoir, de fausse idée. Ce qui allait en totale contradiction face à l'acharnement dont je faisais preuve pour rester dans sa vie. Nox n'était pas seulement un prétexte, elle était ma vie, mon monde, mais je devais bien avouer que ma fille avait ça de magique car elle me permettait de retrouver sa mère. Des échanges succincts, limités et froids, parfois électriques et colériques. Mais au moins, je la voyais. Et si les tensions venaient à nous dépasser, alors j'obtenais d'Eyli ce refuge dans lequel j'aurais pu passer ma vie...

S'il existait un conseil jugeant la morale et les actes de chaque personne, alors je serais probablement leur premier condamné. J'avais conscience que tout ceci infligeait à Eyli un trouble et une souffrance difficilement imitable. Elle me traînait comme un boulet, une attache dont elle ne parvenait à se défaire et dont elle ne pourrait jamais se défaire tant qu'elle s'accrocherait à Nox. Je ne voulais pas lui retirer notre fille. Quoi qu'elle puisse en penser, j'avais toujours fait en sorte qu'elle puisse veiller sur elle. Il me suffisait de claquer des doigts pour que Nox vienne vivre au niveau 2 définitivement, ne rendant de visite à sa mère qu'une à deux fois par mois comme il m'était admis de faire. Je ne le faisais pas parce qu'au fond, je savais que ça la détruirait. Eyli n'était pas assez forte pour surmonter ça. Pas après ce que je lui avais fait. Et ce type derrière la porte ne pourrait jamais comprendre ça. Il ne pourrait jamais la connaître comme je la connaissais. Être aussi proche d'elle que je l'avais été.

Serrant le poing, bouillonnant de rage, je voulus entrer et fracasser la tête de ce type contre le mur. Mais le regard doux et angélique d'Eyli passa l'encadrement de la porte. Je vis la stupeur traverser son regard. Regard qui me laissait voir le mien dans ses yeux. Elle avait ce regard inquiet et implorant lorsque le mien transpirait de cette colère que je ne voulais contrôler. Je passai à côté d'elle d'un pas décidé, l'effleurant sans la bousculer. La porte était encore ouverte de son départ et je vis l'amoureux transit retourné à trier ses papelards. « Q-qui êtes-vous ? » Bredouillant le médecin ou je ne sais quelle autre tête des lieux. Ça avait l'air d'être un bon gars, quelqu'un de bien sur lui et bien dans sa vie. Peut-être qu'en voyant ça toute personne normalement constituée aurait amorcé un dialogue, s’accommodant à la rigueur d'un avertissement verbal voire quelques joutes cinglantes. Mais en vérité, cette image qu'il renvoyait ne faisait que nourrir mon envie de lui envoyer mon poing dans la gueule. Il recula de pas peu assurés, effrayé à l'idée de ce que j'allais bien pouvoir lui faire. « Gardien ! » Appela-t-il à son secours. Quel fillette... « Ferme-la connard ! » Le fis-je se taire en lui retournant un poing qui le laissa vacillant reculer jusqu'au mur vers lequel je l'envoyai. Je voyais rouge, ne faisant pas attention à la présence d'Eyli dont la voix fini toutefois par me ramener à la raison lorsque je m'apprêtai à frapper une nouvelle fois, l'agrippant par le col pour le maintenir contre le mur. Il était si terrifié à voir mon poing armé qu'il en vint à uriner dans son pantalon. Je restai immobile quelques secondes à le regarder comme si j'allais le tuer avant de finalement abdiquer et le relâcher.
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 Sujet: Re: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   Dim 4 Fév 2018 - 1:22




It's my Birthday, allow me to be selfish

FT. Vaughn Jagger


Vaughn.

Mon Obsession.
Un homme qui me hantait de jour, comme de nuit, et qui ne quittait ni mon passé, ni mon présent, ni mon futur. Il me poursuivait, comme je semblais le poursuivre. Je ne saurais dire qui avait commencé ce jeu impitoyable et malsain. Toujours est-il qu’aujourd’hui, je le connaissais toujours. Je reconnais sa silhouette entre mille. Même les yeux bandés, de mes mains simplement ou de mon nez, je pourrais le reconnaître par les contours de son corps, par sa musculature ou par son odeur. Je le savais blessé – sûrement d’un autre combat – par sa posture, mais surtout, je le savais furieux. Ses yeux semblaient briller dans cette pénombre qui nous enveloppait.

Ma Peine. Une obsession n’était jamais une bonne chose, elle n’attirait que malheur et peine. Tommsen était un homme bon, et aurait été un parfait mari – j’en suis persuadée – mais j’étais incapable de me défaire de Vaughn. J’étais sa victime, subissant tour à tour ses condamnations. La solitude, qu’il n’acceptait de combler que lorsqu’il le désirait. L’humiliation de la chair, qu’il m’infligeait quand il souhaitait combler ma solitude. Un cercle vicieux qui s’était enclenché, et dont aucun de nous deux n’avait contrôle dessus. Jadis je le connaissais : j’aurais pu interpréter chacun de ses gestes, et j’aurais su comment réagir et comment l’aider. Malheureusement, aujourd’hui il n’était plus qu’un étranger pour moi, ou devrions-nous dire un chien enragé pour lequel aucun remède n’existait.

Mon Cauchemar. Il ignorait mes peines et j’avais accepté cette triste et cruelle réalité depuis une dizaine d’années maintenant. Cependant, je ne pouvais pas le permettre d’infliger ce même sort à mon entourage dont le seul crime était de me témoigner une douceur dont il en était dépourvu aujourd’hui. Il ne m’avait que frôlé, sans me bousculer, et pourtant, j’avais sursauté d’un pas sur le côté. Avant que je ne puisse me retourner, ou saisir son bras, il était déjà dans la pièce, à faire régner la terreur que je redoutais tant.

Je me précipite dans cette pièce, mais je ne le fais ni pour Tommsen, ni pour Vaughn, ni pour moi-même. Je le fais pour Nox. L’acte de son père risquerait d’avoir des conséquences désastreuses pour elle. Que se passerait-il si la personne qui m’avait interrogé avait vent de l’incident, et comprendrait que j’avais menti sur ma relation avec Vaughn ?  Que se passerait-il si jamais cet homme était restreint d’un quelconque accès ici – une folle idée, mais qui m’avait prise – et qu’il décidait d’emporter ma fille avec ?  Enfin, et surtout, que se passerait-il s’il était connu pour briser tout et tout le monde, pour une simple rage ?

Pourquoi chercher à le défendre à tout prix ? La réponse était fort simple, et des plus redondantes sûrement : pour Nox. Il n’était pas le meilleur homme – et j’étais la première à en attester – mais il restait un bon père – un excellent père – et je me refusais qu’il détruise ma fille, ses rêves et ses espoirs. Je sais qu’il ne supporterait pas une telle chose, et je ne pourrais pas non plus. Elle était celle qui nous donnait encore un semblant de vie, mais également celle qui nous poussait dans le vice.

- ARRETEZ ! ARRETEZ !

Il arrête. Tommsen urine. Et je m’interpose entre eux d’eux.

- Va dans la pièce. J’arrive, je te promets
, dis-je, d’un ton audible uniquement par Vaughn. Je me retourne aussitôt vers Tommsen. Il s’en va, le gardien arrive. Oh mon dieu, tu saignes ! Laisses-moi te soigner.

Du coin de l’œil, je « le » vois disparaître. Aussitôt après, la silhouette du gardien se dessine.

- Il s'est passé quoi ?
interrogea-t-il de sitôt, en voyant l’état pitoyable de Tommsen.
- C’est un inconnu, un étranger. Il a fait irruption, il a agressé Tommsen. Cours !  Va à la sortie ! Je l’ai vu s’y diriger !

J’avais honte, mais c’était nécessaire. Si jamais les bruits courraient que Vaughn Jagger s’amusait à briser le nez de quelques prétendants de son ancienne amante – et toujours amante, malgré moi -, je ne saurais comment l’expliquer à Nox sans ternir son image, ou sans m’attirer les foudres de ma fille si j’osais m’aventurer sur le terrain de la Vérité : que son père était fou, que j’avais un prétendant et sûrement bien d’autres choses que je préférais taire.  

La suite n’était qu’un orchestre que je menais. J’ai fait fouiller partout, sauf la pièce où Vaughn se cachait. Evidemment, pour ne pas attirer l’attention, j’y étais entrée pendant deux minutes – intimant au Jagger de se taire et de patienter encore un peu – et en étais ressortie en assurant qu’il n’y avait personne. Au bout d’une bonne heure, à trouver un moyen pour renvoyer Tommsen chez lui et à calmer les patients, j’ai pu enfin revenir vers la pièce où était caché mon Démon. Car oui, il ne pouvait pas être autre chose.

Dissimulé dans l’Ombre, mouvant dans les Ténèbres, et réduisant à Néant tout ce qu’il pouvait dans mon existence. Je n’étais plus Eyli Senam, rebouteuse et mère, je n’étais plus qu’une partie de son Ombre, à me mouvoir que lorsqu’il le décide et à le suivre sans avoir un quelconque droit sur la destination ou le chemin. Cela me convenait, tant que Nox était heureuse et à mes côtés. Pourtant, certains soirs, accepter cette vérité était rude. Et ce soir était une de ces soirées exceptionnelles.

Je le détaillais, je cherchais à comprendre. Je ne savais pas comment interpréter cet acte. Jalousie ? Ne ressent-on pas ce sentiment que lorsqu’on aime une personne ? Est-ce que cela voudrait dire qu’il ressentait encore une chose à mon égard, ou n’était-ce que de fausses chimères qu’il allait briser encore ?

- Que se passe-t-il ? Qu’as-tu ?


Je n’hurlais pas tant je n’avais ni la force, ni la volonté. Je devrais hurler, l’insulter, le gifler, le frapper mais je ne le fis pas. Cependant, voilà bien longtemps que j’avais abandonné ce combat, notamment lorsque j’avais compris qu’il ne menait qu’à récolter la chose suivante : éveiller sa colère, et subir une punition soit connue, soit nouvelle. Or, ce soir, c’était mon anniversaire. Plus que jamais, je ne désirais qu’une chose : la paix. Alors, à nouveau, je me résignais.

Je me contentais donc de m’approcher de lui, à pas feutré, et à poser doucement ma main sur sa joue, tentant de déceler une réponse sincère, non mensongère. Malheureusement, la tâche était rude. Quand mentait-il, quand disait-il la vérité, je ne le savais plus…

- Tu t’es encore battu
, soupirais-je. As-tu gagné, as-tu perdu ? Racontes-moi pendant que je te soigne.


(c) ANAPHORE



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 Sujet: Re: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   Dim 4 Fév 2018 - 11:03

It's my Birthday, allow me to be selfish
La voix d'Eyli m'avait stoppé comme tout une patrouille de miliciens l'aurait fait. Elle connaissait mes élans de violence plus que quiconque. Bien que je n'avais jamais posé la main sur elle de cette façon, les yeux envahis par la rage, elle me connaissait et sa voix restait une des meilleures façons de me remettre les pieds sur terre. Haletant, je baissai les yeux pour constater du courage de cet homme. Je lâchai son col avec nonchalance et me reculai de trois pas. Eyli me dit à voix basse de me rendre dans la pièce où nous avions coutume de nous retrouver auparavant. Sans défaire mon regard de l'impertinent entiché vers qui elle se rua, je soupirai avant de tourner les talons et, de foulées déterminées, me rendis dans ladite pièce. Une réserve sombre et lugubre que nous avions jadis illuminé de mille paroles doucereuses et d'échanges passionnés. Mais également de mots dépassant nos pensées respectives, d'élans de colère et de déceptions. Je fis attention de ne croiser personne et atteignis la pièce aux étagères remplies de cartons d'archives et autres paperasses qui mériteraient d'aller au recyclage.

Ce lieu paraissait isolé de tout, oublié et enterré. Un endroit rêvé pour ces rencontres où il valait mieux que personne ne me voit. Un Jagger avec la gueule cassée, ça n'attirait que des questions et des doutes que mon père abhorrait. Et ce, avec raison. Refermant la porte derrière moi, je me calmai petit à petit. Respirant longuement, les mains croisées derrière ma tête. M'étirant et tentant d'évacuer la colère sans me mettre à tout foutre en l'air. Je me retournai vers la porte dans un sursaut maîtrisé quand celle-ci finit par s'ouvrir. « Eyli... » Elle me demanda de me taire, qu'elle reviendrait vite. Je n'étais d'humeur à patienter, ce qui me fit à nouveau rougir de colère. Mais les gardes devaient sous doute rôder dans les couloirs... je n'avais pas été des plus malins, voilà qui se passait de commentaire. Mais ô dôme comme ça m'avait fait du bien. Ignorer la possessivité dont je faisais preuve envers Eyli était complètement stupide et pas crédible pour un médaillon. Mais Nox me permettait de justifier ça de manière plus que cohérente.

Il était hors de question qu'Eyli ne me remplace. Certes, notre fille était assez grande pour ne pas mélanger ma paternité et les relations que pourrait avoir sa mère avec d'autres hommes. Mais je détestais l'idée qu'un autre face office de repère dans sa vie. Et puis, qu'Eyli s'engage avec quelqu'un d'autre décevrait inévitablement Nox. De sa jeunesse, elle avait gardé cet espoir que, peut-être, sa mère et moi pourrions trouver une solution pour que tous les trois nous formions à nouveau une famille. Je refusais qu'Eyli brise cet espoir et me fasse du mal à partager la vie d'un autre homme. Égoïsme primaire que l'ombre de mon nom suffisait à faire s’abstenir Eyli de poser la moindre question. Même si je détestais la position dans laquelle je la mettais, dans laquelle j'avais mis Nox, je n'arrivais à me résoudre à lâcher prise sur elle... À son plus grand désespoir et celui de mon père. Après toutes ces années, après tout ce que je lui avais fait, je restais incapable de faire une croix sur ce que je ressentais pour elle. Un fardeau que je portais et qu'inévitablement, je lui faisais porter également. Incapable de me résoudre à nous oublier. Pestant en silence dans l'obscurité de la pièce, je faisais les cents pas.

Peut-être quoi, une heure après, alors que je m'étais résolu à m'asseoir dans un coin, visage engouffré dans mes mains, la porte s'ouvrit à nouveau. Je levai la tête et me redressai pour la voir. Eyli. Regard mêlé de colère et de passion. Voulant la gronder de m'avoir laissé ainsi poireauté pendant tout ce temps et en même temps l'embrasser et laisser libre cours à toutes ces idées qu'elle m'inspirait comme si j'avais besoin de marquer mon territoire, de lui rappeler qu'elle est déjà conquise et que je ne laisserai personne me la voler. Ça n'avait rien d'un sentiment sain et honorable. Mais notre relation avait cessé d'être morale depuis des années déjà. « Que se passe-t-il ? Qu’as-tu ? » Je soupirai, freinant cette colère qui bouillait et me traversait les veines. Eyli franchît les quelques pas qui nous séparaient et vint poser sa main sur ma joue. J'eus un mouvement de recul face à la douleur pourtant très soutenable. À vrai, avec le coup de sang de tout à l'heure, j'en avais oublié où est-ce que j'avais mal. « Tu t’es encore battu, échappa-t-elle dans un soupir las. As-tu gagné, as-tu perdu ? Racontes-moi pendant que je te soigne. » Certaines choses n'avaient pas changé. Et à vrai dire, bien des choses étaient restées les mêmes malgré les chamboulements que nos vies et nos rapports ont subi. Mais il était préférable qu'elle n'en sache rien. J'avais beau être conscient que je lui rendais la vie impossible, je préférais toujours ça à l'idée de l'imaginer encore se faire des illusions sur notre futur. Je ne voulais pas qu'elle ait à cacher ses sentiments, à prendre sur elle le fait que malgré notre amour, nous ne pourrions jamais être réellement ensemble. Je préférais de loin qu'elle me déteste.

Nonchalamment, je décrochai de ma ceinture une bourse contenant mes gains en médaillons et le laissai tomber sur l'étagère la plus proche d'elle alors que je restai immobile pour recevoir ses soins. « Rien de bien intéressant à raconter. Garde ça pour toi, pour Nox ou bien donne-le au dispensaire. » Même si depuis l'arrivée de Nox je participais bien moins souvent aux combats, je continuais à laisser mes gains au dispensaire. Si lorsque notre relation a débuté j'insistais pour qu'elle conserve cet argent pour elle, je m'étais fait à l'idée qu'elle pouvait ne plus vouloir de ces médaillons. « Plutôt que de rester ici toute ta journée, tu pouvais pas essayer de passer du temps avec Nox ? Peut-être qu'elle aurait aimé t'offrir un anniversaire loin du travail et de ton quotidien », lançai-je sèchement en changeant de sujet. Je me cachais derrière Nox, comme bien des fois lorsque je voulais parler à Eyli. Car en vérité, j'aurais aimé, moi, faire que cette journée sorte de l'ordinaire à ses yeux. Et ce n'était pas cet opportuniste insipide et chialeur qui allait pouvoir la faire vibrer et rêver comme je le pouvais. Comme j'avais pu le faire... Comme j'aimerais pouvoir le refaire...
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 Sujet: Re: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   Jeu 8 Fév 2018 - 23:39




It's my Birthday, allow me to be selfish

FT. Vaughn Jagger


« Je travaille pour deux, figures-toi ! Je travaille pour ne pas voir quotidiennement la misère dans laquelle je condamne ma propre fille ! Je travaille, en espérant lui offrir toujours mieux ! Comment peux-tu comprendre ce que c’est de travailler ? Tu ne sais que mentir, et te battre ! Tu ne sais que prendre, sans donner ! ».

C’est la réponse la plus adéquate, la plus juste et la plus naturelle qu’une femme offrirait à son interlocuteur ignorant et désagréable. Malheureusement, je n’étais pas de ces femmes. J’étais de celle qui tremble face au ton sec de leur ancien amant – tantôt de peur, tantôt de frustration, tantôt de colère -, qui ravale ses larmes, qui mord ses lèvres serrées et surtout qui doute d’elle-même: étais-je la mauvaise mère qu'il prétendait que j'étais?

- Je n’ai fêté mon anniversaire qu’avec toi, jusqu’à maintenant. Enfin…. Jusqu’à notre « rupture ». Tu as oublié, je pense
.


J’aurais voulu avoir un ton détaché, et indifférent, mais c’était bien impossible. Mon trouble était plus qu’évident, par ma voix, par ma posture et par mes traits. L’origine d’un tel état n’était ni Vaughn, ni ses accusations cachées – comme par exemple, que je suis une mère bien indigne et bien incompréhensive vis-à-vis d’une merveilleuse fille -, mais bel et bien mon passé. Depuis que j’étais mère, ce jour n’était devenu que plus difficile pour moi.

Comment mes parents avaient-ils pu m’abandonner ? Lorsque Nox prend la décision de rester chez son père une nuit – ou plus -, j’ai la certitude que je ne dormirai pas ces soirs et que j’allais me retourner dans mon lit une centaine de fois, avec toujours les mêmes questions. « Dormait-elle bien ? Mangeait-elle bien ? Etait-elle malade ? ». Est-ce que ma mère biologique s’était posé les mêmes questions ?

Après « Comment », venait la question du « Pourquoi ». Ils avaient osé m’abandonner, à mes cinq ans, le jour de mon anniversaire. Pour quelles raisons ? Avais-je été une enfant indocile et insupportable ? Si oui, pouvait-on abandonner sa chair et son sang pour une telle bagatelle ? Nox n’avait pas toujours été un ange, et j’ai bien cru que j’allais exploser certains jours – et encore aujourd’hui – mais avec recul, je chéris chacun de ces moments encore plus que les autres.

- Je… Je n’aime pas mon anniversaire. Je me demande constamment … Laisses tomber. Mais je le fête, toujours le lendemain ou la veille, si Nox le souhaite. Mais pas le jour même.

« Je n’aime pas mon anniversaire car ce n’est qu’un retour irrémédiable au gouffre qui m’habite, causé par mes parents. Je déteste cet anniversaire car il ne fait que de me rappeler tes propos véridiques : comment puis-je définir la famille, alors que je n’en ai jamais eu ? Enfin, et surtout, je hais ce jour car il me ramène constamment à toi, le seul à avoir apaisé mes colères et mon désespoir, à avoir rempli un tantinet ce vide. A m’avoir offert la vie ».

Cependant, qu’étions-nous aujourd’hui ? Des reliques d’un passé doux et aigre à la fois.

« Enfin, ce jour n’est qu’un cruel rappel que ma vie n’est qu’une suite d’abandon. Mes parents m’ont abandonné, lassés de moi. Vaughn m’a abandonné, lassé de moi. Ma fille va m’abandonner, car elle se sera lassée de sa mère malade et pauvre. Et … j’ai été abandonné par cet autre enfant, sûrement lassé d’habiter un corps comme le mien». A cette dernière pensée, je dirige doucement et discrètement ma main sur mon ventre plat. Jamais il ne s’arrondira pour cet enfant perdu. J’avais l’impression que par ce geste et cette pensée, une porte secrète et interdite s’était ouverte, libérant des choses que j’avais enfoui durant une année, voire plus. Ma main retombe, mollement sur la table, incapable de saisir quoi que ce soit.

- Mais … je ferais des efforts. Tu as bien raison, mentis-je, la nausée aux lèvres, tentant de porter mon attention sur les blessures. Dès que j’aurais nettoyé tout ça, j’irais la voir.

Oui. J’irais visiter la chambre de ma fille, à poser ma main doucement sur sa belle chevelure et sentir sa discrète odeur – celle que je reconnais d’entre mille, et qu’elle porte malgré elle depuis sa plus tendre enfance.

Non. Je ne la réveillerai pas pour fêter un tel jour. J’irais dans mon lit, et je pleurerai silencieusement comme tant de nuits. Comme tant d’anniversaires.

Je tente de nettoyer ce visage au mieux. Et au plus vite. Pour sortir d’ici. Pour respirer. Pour pleurer. Pour me noyer dans les ténèbres à nouveau, et seule.

Et c'est dans le silence que je mure.

(c) ANAPHORE



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 Sujet: Re: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   Dim 11 Fév 2018 - 9:58

It's my Birthday, allow me to be selfish
Fut un temps où j'étais là pour elle. Déterminé et insouciant, je lui ai fait miroiter ce bonheur de connaître le soutien et l'amour d'une famille. J'ai fait croire à cette orpheline qui est, depuis tout ce temps, resté cette petite fille abandonnée, qu'elle ne serait plus jamais seule quoi qu'il advienne. Qu'à chaque instant je serais là pour elle. Qu'elle serait à l'abri du besoin et de la précarité. En sécurité dans les bras d'un mari aimant et d'une fille merveilleuse. Je lui ai fait croire à tout ça avant de comprendre que jamais mon père ne laisserait ce rêve se réaliser. Rien de personnel envers Eyli, seulement son rang lui faisait défaut. Mais avec les années, il avait compris que cette femme avait mon cœur. J'ignorais s'il était réellement persuadé que je ne ressentais plus rien envers Eyli ou s'il cachait la déception que je représentais. Mon attirance envers les personnes simples, vraies, celles qui, loin du confort du niveau 2, se battaient pour gagner leur pain et persistaient à vouloir aider les autres même s'ils n'avaient rien pour eux. Une attirance que je ne m'expliquais pas. Ni ma mère ni mon père n'étaient des habitués du niveau 0. Nous ne connaissions personne en dehors des strates supérieures.Rien ne justifiait que, malgré mon éducation stricte et élitiste, j'en vienne à me mêler à la "plèbe".

Où était le mal en ça ? Je m'intéressais aux personnes intéressantes, sans distinction. Mais visiblement, être bien placé dans la société n'accordait pas ce privilège. On devait rester chacun bien à notre place dans notre case. Cloisonnés par une société qui, malgré tout, prouvait que ça marchait bien comme ça. Les décennies et siècles passés à mettre de l'ordre sous ce dôme auparavant anarchiques ne devaient avoir été vains. Trop de sang avait coulé pour que nous nous permettions, aujourd'hui, de tout foutre en l'air. C'est ce qui me raccrochait à cette idée folle de renoncer à mon bonheur, celui d'Eyli, et sacrifier celui de Nox... « Notre fille t'aime plus que tout, Eyli, dis-je en calculant mes mots. C'est l'amour inconditionnel qu'elle te porte qui freine ses choix. Quoi qu'il arrive, elle sera toujours là pour toi. » De cet amour qui m'avait poussé à éloigner Eyli de moi. Bien que chaque visite ici représentait un risque... Je ne voulais pas qu'il lui soit fait le moindre mal. sauf que j'étais celui qui la blessait et qui la mettait en danger. Comment était-il possible d'avoir un visage, une voix, une peau, si ancrée en soi que l'on ne peut faire les bons choix pour la protéger ?

J'étais incapable de renoncer à Nox. De lui interdire le niveau 2 et de faire le choix à sa place. De la laisser avec sa mère pour que celle-ci ne vive plus avec la peur viscérale qu'un jour je vienne pour la lui voler. Je ne pouvais pas faire ça... Ni la lui arracher, ni l'abandonner. Nox représentait un bonheur gâché, le souvenir de ce que nous aurions pu être. Je me raccrochais à elle dans tout ce qu'elle pouvait représenter pour moi et pour nous trois. Peut-être est-ce preuve d'une immense faiblesse, mais il m'était impossible de faire ce choix. Pourtant, nous l'imposions de fait à Nox. La plus innocente. Elle payait un prix bien plus fort que nous... Et la situation de ses parents ne devait pas arranger sa vie d'adolescente... J'éloignais de mon imagination toutes ces remarques qu'elle devait endurer sur le fait que sa mère ait été l'instrument d'un homme haut placé, de l'image d'opportuniste qu'on devait lui coller. Ou encore l'image que ses amis devaient me coller à moi : à profiter d'une femme dans le besoin. Nous n'étions pas le couple exemplaire, même avant d'être séparés. Mais au moins nous formions une famille. Là nous n'étions plus qu'un homme et une femme qui se sont laissés aller aux divagations de la vie. Loin du prestige des Jagger. Loin de la dignité et de la valeur qu'avait Eyli.

Elle pansait mes blessures avec délicatesse, me faisant grimacer par instants. Le mec en face n'y était pas allé de main morte. Je ne pourrais pas aller voir Nox dans cet état. Je posai ma main sur celle de la rebouteuse avant de planter mon regard dans le sien. Son désarroi et sa détresse ne m'échappaient pas. Cette colère enfouie, cette eau tranquille qui pourtant bouillait de l'intérieur. Je n'osais imaginer le tiers des pensées qu'elle devait avoir à mon égard. Des efforts... Eyli en faisait, je n'en doutais pas. Malheureusement, ça ne suffirait jamais... Mes doigts glissèrent jusqu'à son poignet et l'entourèrent. Je ne la lâchais pas des yeux et me levai de gestes mesurés. Ma deuxième main vint se glisser dans sa nuque sous ses longs cheveux noir de jais alors que j'approchai mes lèvres des siennes tout en la faisant reculer contre l'une des étagères. Ma peau frissonnait de cette passion encore présente et qui ne me quitterait qu'à mon dernier souffle. Une respiration lente pour un cœur battant à mille à l'heure. Un cœur que nulle autre femme ne pourrait faire vibrer avec une telle intensité... Nos lèvres n'étaient qu'à quelques millimètres. Son odeur suffisait à m’enivrer, son souffle contre ma peau à éveiller en moi ces instincts que seule une femme aimée peut provoquer. Mais je restai silencieux, immobile. Je lui avais fait bien assez de mal aujourd'hui pour lui devoir cet effort de ne pas céder à ces instincts. Qu'elle me repousse ou non, je ne devais pas continuer ce manège, pas ce soir...
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 Sujet: Re: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   Jeu 15 Fév 2018 - 22:26




It's my Birthday, allow me to be selfish

FT. Vaughn Jagger


« Notre fille t’aime plus que tout Eyli. C'est l'amour inconditionnel qu'elle te porte qui freine ses choix ».
Cette phrase me coupa le souffle, et m’empêchait subitement de réfléchir, de rayonner ou même de pleurer. Je fixais seulement Vaughn dans le blanc des yeux, cherchant désespérément un soupçon de mensonge dans son regard. Rien de tout cela. Il disait la chose sincèrement.

Oui, Nox m’aimait plus que tout – il faudrait être bien aveugle pour le voir – mais un tantinet moins que son père. Se rendait-il compte ? Avait-il cherché à mettre en avant cette vérité qui m’était de plus en plus insupportable, celle où je me rendais compte que ma fille préférait son père à moi, celle où elle n’allait pas tarder à m’abandonner – quand sa piété filiale la quittera ?

Par cette phrase, il semblait sous-entendre que j’étais la seule à empêcher ma fille à accéder au bonheur. Je la retenais. Je le savais, mais je ne pouvais pas m’en empêcher. Je ne savais pas comment un père considérait son enfant, mais cela ne pouvait nullement égaler la considération d’une mère. Nous portons cet être neuf mois, nous partageons ses craintes, ses envies et nous subissons ses caprices. Nous ne sommes pas simples spectatrices d’un miracle de la Vie. Nous la vivons. Nous la rendons possible.

Le lien entre une mère et son enfant était sacré à mes yeux. Une pensée qui me ramenait irrémédiablement vers ma mère : Pourquoi ? Comment ?

« Par cette phrase, tu portes un autre coup meurtrier à mon cœur. Et sûrement l’une des plus meurtrières parmi toutes ces années où je n’ai été que ta poupée d’insultes, ou ta poupée de chair. Pourquoi me fais-tu ça ? Comment peux-tu ressentir un semblant de plaisir à me tourmenter autant ? ». Jadis, ces questions me brûlaient les lèvres. Aujourd’hui, elles n’étaient plus qu’une tourmente familière que je savais reléguer aux fin fonds de mon cœur, sous ce fameux « plus tard ».

« Pourquoi me regardes-tu ainsi, comme si j’avais un semblant d’importance à tes yeux ? Comment arrives-tu si bien à mentir à ton entourage, à toi compris ? ».
Je ne savais plus s’il mentait, s’il jouait une comédie saugrenue ou malsaine ou s’il se rendait tout bonnement compte de la souffrance qu’il infligeait à chacun de nous. Il était devenu le meilleur menteur que je ne connaisse. Et peut-être le pire. « Pourquoi me désires-tu ? Comment peut-on détester, et aimer ? ».

Aimer et détester. Deux facettes d’une même pièce. A une époque, je me sentais folle et stupide. J’ai tenté d’aimer à nouveau, de me confier encore à quelqu’un mais – à l’image de ce soir – tout n’avait été que déception. Aucun n’arrivait à me faire frissonner par un simple mot, ou par une simple parole, comme lui. Aucun n’avait réussi à me débarrasser de ce sentiment coupable de vouloir à nouveau être une femme, et non une mère. Aucun ne m’avait offert un quelconque rêve, si ce n’est des chimères superficielles dont ils ne croyaient pas et qui n’étaient que des illusions pour me tromper.

« Mais j’ai eu droit au plus grand des Magiciens. Et sa Magie continue, mais une magie noire, et terrifiante. Si je refuse ce soir, il va revenir demain. Je le sais ».


Il revenait constamment, et si je me refusais, il savait toujours s’imposer. Etait-ce du viol ? Etait-ce une relation purement charnelle ? Etais-je tout simplement « ici », ou n’était-ce qu’un corps que j’offrais ? Voilà des questions auxquelles je ne répondais plus. J’attendais seulement, qu’il m’accule contre une étagère, qu’il prenne m’emprisonne entre ses bras, qu’il m’embrasse passionnément, qu’il balade ses mains sur mon corps tantôt récalcitrant tantôt désireux, qu’il se fonde en moi finalement et puis qu’il m’abandonne. Cependant, ce soir, il hésite. Son souffle est là, oppressant, haletant, chaud. Je me permets de l’interroger de mon regard, cherchant à comprendre.

J’avais le choix. Je pourrais lui demander de partir, ce soir.

Qu’allait-il se passer s’il partait ? J’étais certaine que j’allais répéter ce schéma traditionnel, celui de pleurer. Et ce soir, j’allais sûrement pleurer à plus chaude larme à repenser encore et encore à « cette » phrase. Et le lendemain, et j’en étais certaine, il allait à nouveau être là, à ne pas m’offrir un choix.

Qu’allait-il se passer s’il restait ? Il allait me posséder sûrement. Sauf qu’il semblait m’offrir un choix. Le choix de débuter, et qui sait, le choix de mener. Je ne serais pas seule, je serais trop épuisée pour pleurer et surtout, il ne reviendra pas avant un certain temps.

Enfin, et voilà une chose que je me refusais d’admettre, si l’esprit rejetait, le corps souhaitait l’accueillir. Et parmi ces trois entités, le cœur tergiversait, un cœur interrogateur et perdu dès qu’il sondait celui de Vaughn. Pourquoi était-il heureux quand j’étais malheureuse ? Pourquoi était-il malheureux quand j’étais heureuse ? Et malgré cette joie, et cette colère, pourquoi semblait-il constamment rongé par la douleur ? CE stupide cœur disait que cet amant devait regretter des choix mais je me refusais de m’attendrir. Ses choix nous avaient condamné tous. Au lieu de partager ses peines, et de combattre ensemble, il avait joué l’enfant capricieux, effrayé et gâteux. L’enfant qui disait tout comprendre de la famille.

« Tu es comme mes parents Vaughn. Tu abandonnes quand c’est trop dur. Une famille est faîte pour être unie, et faire face ensemble aux obstacles ».


Je parle finalement.

- C’est mon anniversaire, dis-je d’une voix à peine audible, les yeux perdus entre le sol ou les siens. Pourtant, ils finissent par se fixer dans ceux de Vaughn. Je ne souhaite qu’une chose de toi : un mensonge. Ou une illusion. Ou un rêve. Ma gorge est subitement sèche, mon corps fébrile et tremblant. Prétends m’aimer, comme à l’époque, le temps d’une nuit. Si tu ne peux pas, laisses-moi alors. Je ne pourrais pas… Pas ce soir. Pas comme les autres soirs.

Je ne pourrais pas supporter d’être à nouveau divisé en deux. Celle qui prétendait avoir un code, mais qui était la « chose » de Vaughn. Le fantôme d’un mot rôdait, constamment, à chacune de nos rencontres, à chacune de nos étreintes. « La putain de Vaughn ». Oh non, je ne rêvais pas, je ne cauchemardais pas. C’était tout simplement ce qui était dit.


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 Sujet: Re: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   Mer 21 Fév 2018 - 20:05

It's my Birthday, allow me to be selfish
Bloquant ma respiration, je luttais pour me reculer, m'éloigner. Mon corps saurait me faire mentir si je venais à dire que je ne la désirais pas... Ce n'était cependant pas qu'une question de physique. Non. Eyli c'était... la femme de ma vie. Le simple fait de penser à elle suffisait à faire naître ce désir en moi. Ce désir qui me torturait depuis des années à l'idée qu'un jour, ce puisse être un autre homme qui partage son lit. Qui savoure la douceur de ses lèvres et pose ses yeux sur ses courbes gracieuses. De la jalousie ? Oui. Indéniablement. Mais s'y était ajouté cette possessivité maladive dont on ne pourrait jamais me soigner : elle était la mère de ma fille, elle était ma femme... Même si Lucian ne pouvait l'accepter, je ne pourrais jamais oublier ces sentiments que je lui portais. Une douleur que je portais comme un fardeau et avec laquelle je la torturais... incapable de trouver le courage nécessaire qui me permettrait de tourner la page. Je pourrais lui expliquer la dichotomie entre mes sentiments et mes aspirations, mais elle ne comprendrait pas. Eyli ne comprendrait pas comment on peut tourner le dos à l'amour de sa vie pour des histoires de rang social. Lui faire croire que nous étions qu'une idée révolue, perdue dans nos passés respectifs, c'était clairement la seule solution qui me permettrait de ne pas la perdre complètement...

Bien sûr, si elle ne voulait pas définitivement perdre Nox, il fallait qu'Eyli accepte de me garder dans sa vie. Un épée de Damoclès qu'elle portait au-dessus de sa tête depuis la naissance de l'enfant. Car jamais mon père n'accepterait que sa descendance ne soit éloignée de son nom. Nox était une Jagger, rien ne changerait jamais ce fait. Depuis tout ce temps, Eyli avait fait le choix de m'accepter. D'accepter l'idée qu'un jour tout puisse lui échapper car elle n'avait pas confiance. Pas confiance en Lucian, ni en moi. En personne. Et elle savait également que Nox était humaine : comment pouvait-elle faire pencher la balance en sa faveur ? Dire à sa fille de refuser d'épouser la carrière de son père et s'enfermer au niveau 0 avec elle jusqu'à la fin de sa vie ? Eyli voulait ce qu'il y avait de mieux pour Nox. Tout comme moi. Ce n'était pas une mère indigne et égoïste. Même si elle avait toutes les raisons de le devenir... Là n'était pas son caractère. Et y repenser me tordait le cœur à voir toutes les difficultés qu'elle devait affronter, toutes ces peurs qui menaçaient de la dominer... Il m'arrivait d'avoir pitié d'elle, mais en réalité dans ces moments-là, c'était de moi dont j'avais pitié. Saccager ainsi la vie d'une femme si extraordinaire. C'était à me frapper la tête contre les murs. Et pourtant.

Pourtant encore ce soir j'essayais d'apposer sur elle la marque de mon appartenance dans le but de me réfugier dans le souvenir de notre amour dont les stigmates restent gravés dans mon cœur, comme s'ils avaient imprégné de leur essence ma génétique même. Inscris dans ma peau et chaque cellule. Mon regard était persistant, celui d'un artiste ébahi face à son œuvre. Elle n'avait rien de ma création, si ce n'est la lueur d'aversion qui traversait son regard lorsqu'elle posait ses yeux sur moi. Mais elle était tout aussi fascinante et enivrante. Eyli... J'avais cessé tout mouvement, cherchant à lutter contre mes instincts, incapable de faire un pas en arrière, m'acharnant à vouloir éviter le pas en avant. Eyli évoqua que c'était son anniversaire, ce qui avait de l'importance à ses yeux. Ce jour représentait bien trop de peines pour qu'il soit anodin. Pour que ce jour précis, elle abdique, résignée. Un mensonge ou une illusion : elle voulait cette impression que je recherchais à chaque fois lorsque lové entre ses reins je ressentais l'extase. Seule condition. Ou il me faudrait partir. Prétendre l'aimer ? Je ne pouvais pas. Je pouvais prétendre la détester, la négliger et ne plus la considérer autrement qu'une femme m'appartenant malgré elle. Je pouvais l'aimer... Mais je ne pouvais faire semblant de l'aimer.

Elle ignorait tout ceci, et peut-être que ce désir qu'elle exprimait était une porte ouverte à cette aspiration que je gardais jalousement au fond de mon cœur ; cette volonté que je lui ai toujours caché, ne voulant lui faire encore plus de mal à la laisser croire que grâce à nos sentiments, nous pourrions passer outre mon nom et tout ce qu'il impliquait. Un choix égoïste que je ne lui avais pas laissé prendre. Je préférais la pérennité de ma famille à notre bonheur. À son bonheur... J'étais sa perte et m'en voulais tellement sans pouvoir l'exprimer... Je devais m'y refuser. Ne pas saisir cette chance pour ne pas qu'elle se rende compte... Pour éviter qu'elle n'en vienne à espérer quoi que ce soit... Je n'étais pas persuadé d'avoir suffisamment saboté notre relation pour qu'en son âme, notre séparation soit claire et définie. Intérieurement, je ne voulais pas détruire le peu qui nous restait car c'était une chose à laquelle je me raccrochais lorsque je m'endormais seul le soir.

Me passant de moi, je cédai malgré moi à la tentation, glissant ma main droite sur son cou, faisant voyager le bout de mes doigts jusqu'à la naissance de sa chevelure brune. Ses mèches si douce et parfumées... Mes lèvres se déposèrent sur elle avec une tendresse dont je n'avais plus fait preuve envers elle depuis une décennie. Mon souffle lent contrastait avec mon cœur qui palpitait à une allure indécente. Ma main gauche se fraya un chemin à sa taille puis au bas de son dos. Mes lèvres dansaient sur les siennes, comme si elles seules avaient le pouvoir de les dévorer sans lui faire le moindre mal. Mon corps se rapprocha du mien, la plaquant inévitablement contre les étagères dont les habitants tanguèrent à cette rencontre forcée. « Ce ne sera comme aucun autre soir... vins-je lui susurrer à l'oreille tout en embrassant sensuellement son cou. Et si ça te déplaît, tu n'auras qu'à m'arrêter. » Si avec notre séparation je me montrais également égoïste sexuellement parlant, ce soir se devrait d'être différent : jamais je ne l'aurais forcée à faire quoi que ce soit auparavant. Je lui étais resté hédoniste et bien plus respectueux qu'avec n'importe quelle femme. La frustration de l'avoir perdue avait vexé l'enfant unique capricieux que j'étais et ça, Eyli devait bien l'avoir compris. Elle savait que je n'étais pas facile à recadrer, il fallait en voir la difficulté avec laquelle mon père même pouvait parfois avoir du mal à me maintenir dans le droit chemin - son droit chemin. Je ne lui en voulais pas d'ajouter ce défaut de caractère à tous les griefs qu'elle pouvait me porter...
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 Sujet: Re: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   Dim 4 Mar 2018 - 22:26




It's my Birthday, allow me to be selfish

FT. Vaughn Jagger


Je sursaute à ses premiers gestes, je reste de marbre à son premier baiser et je tremble contre son corps. Ma peur n’avait jamais été aussi grande que ce soir, du moins la peur qui m’étreignait à chaque fois que les mains de mon ancien amant se posaient sur mon corps.

Lorsqu’il avait posé glissé ses doigts sur mon cou pour ensuite les remonter, j’avais craint qu’il n’avait pour projet de se saisir de ma crinière, et la tirer brusquement en arrière afin que je dévoile mon cou, et ne le mette à disposition de ses baisers brûlants, voire mordants certains jours. Cependant, rien de tout cela ne s’était passé. Il était calme, farfouillant docilement et sagement dans mes cheveux, comme il le faisait à l’époque.

« Il ne me brusquait jamais, à l’époque » pensais-je aussitôt.

Quant à ses lèvres, elles s’étaient « déposées » sur les miennes. Elles ne s’étaient pas imposées. La nuance était grande. Dans le premier, ce baiser me permettait de saisir le concept de « savourer », « respirer », « penser » ou « s’impatienter ». Dans le second, les baisers que je subissais tant d’années maintenant ne m’inspiraient que « fureur », « possessivité », « enivrement » et « avidité ».

« Est-ce qu’un baiser pouvait être si doux ? » se surprit-elle à se demander.

Enfin, quand son corps s’était plaqué au mien, j’avais été partagé entre frisson d’excitation et de terreur. Allais-je à nouveau être qu’un pantin entre ses mains voraces et impatientes ? Allais-je à nouveau gémir, tantôt de dégout, tantôt de plaisir ? Allais-je avoir des séquelles au lendemain de cette nuit ? Des traces linéaires, légèrement encroutées, causées par les étagères ? Une rougeur due à une prise trop ferme de la part de Vaughn ?

« Le choix. Avoir le choix, c’est agréable ».


Soudainement, j’avais le sentiment de contrôler mon corps. Son corps. « Nos » corps. Le sentiment n’était nullement désagréable, au contraire ! Je devrais avoir peur de ce pouvoir éphémère, mais par un courage – ou une envie refoulée depuis bien longtemps -, je « voulais » en profiter. Je voulais user et abuser à mon tour du pouvoir qu’il m’offrait, dont il se privait ce soir. Etre égoïste, et l’imposer à lui, et uniquement à lui, seul être capable d’accueillir toute ma colère, toutes mes déceptions et toutes mes envies, les plus belles comme les plus noires.

« Je dois arrêter. Ce n’est pas bon ».


Je pensais non. Je disais oui en glissant ma main sous son vêtement.
Je pensais non. Je disais oui en cherchant sa bouche, ses lèvres, sa langue.
Je pensais non. Je disais oui en lui disant « Restes ».

Pourtant, l’illusion était mauvaise. La magie du passé n’était plus là, et malgré toutes mes tentatives pour la reconstruire. Nous avons changé drastiquement, et nos corps également. Cette douceur si peu caractéristique de lui ne me ramenait qu’à une époque presque enfantine, et non d’adulte, une époque où je découvrais son corps et mon corps. Or, aujourd’hui – et plus que jamais -, je savais exactement ce qu’il désirait et ce que je désirais – physiquement. L’impatience pointait le bout de son nez, et la colère tout autant. Qu’importe nos volontés, qu’importe nos efforts, nous étions ce que nous étions : des animaux, des êtres amers, deux personnes incapables d’assumer quoi que ce soit.

Soudainement, les rôles s’inversèrent de tout en tout.
C’est moi qui impose des lèvres brûlantes de fureur et de possessivité.
C’est moi qui le retourne et le plaque contre les étagères.
C’est moi qui le saisis fermement de mes petites mains.

Je ne comprenais pas, et je ne cherchais nullement à comprendre. Nous manquions de temps, d’envie et de neurones pour une telle tâche.

- Restes.

Ce n’était plus une supplique, c’était un ordre. Je voudrais dire plus, mais à nouveau, je n’avais guère le temps. Je me perdais dans un tourbillon de baisers et de touchés.



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 Sujet: Re: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   Dim 11 Mar 2018 - 17:31

It's my Birthday, allow me to be selfish
La laisser faire, lui laisser le choix de m'accepter ou non. De décider de mes gestes, des siens. À sa proximité je m'oubliais, j'oubliais ce masque que j'arborais depuis des années. Ça me pinçait le cœur. Me frappait l'âme. Mais l'heure n'était pas à la culpabilité ni aux regrets. Eyli éveillait en moi ce désir viscéral, ce désir incompréhensible et irrépressible... Le frémissement de son corps contre le mien traduit cette évidence : ce n'est pas normal. Ni elle ni moi agissions à notre habitude. Habitudes que le temps avaient changé pour que de douceur l'un envers l'autre l'on ne s'inspire plus que de colère et de mépris. L'embrassant de quelques baisers tendres, je m'efforçais de garder le contrôle. De mesure chacun de mes gestes. Ma respiration. Les battements affolés de mon cœur.

Qu'elle m'enlace et m'embrasse ou m'insulte et me frappe, ça n'avait pas d'importance. Je me décidais à lui être acquis ce soir. À lui céder cet ascendant que j'exerçais sur elle. Cette femme avait cette force insoupçonnée et intrépide, comme une énergie en ébullition qu'elle savait contrôler et déverser sans perdre la maîtrise. Et si elle la perdait ce soir ? Si Eyli s'accordait alors de réellement penser à elle et de profiter chaque seconde que nous nous accordions par cette parenthèse inopinée ? Je voulais sentir son souffle sur ma peau, ses ongles dessiner sur mon échine les sillons de sa passion, ses soupirs lascifs transportés par le désir qu'elle s'autoriserait à accepter que je lui inspire... Mon envie de la faire monter dans les octaves vers des ciels que j'étais le seul à savoir lui faire atteindre... Non. Maîtrise-toi.

Je tressaillis d'un frémissement excité au trajet que sa main s'autorisait à faire sous mon vêtement. M'assurant d'inspirer longuement, d'expirer lentement. Je me mordais la langue en plongeant mes yeux carnassiers dans le regard égaré de mon aimée. Ses lèvres vinrent trouver les miennes dans un baiser qui m'embrasait le cœur. Devais-je le rendre ? Je ne m'attardai guère à avoir son autorisation. Mes mains parcouraient son bras, remonta à son cou, tenta de redescendre à sa poitrine lorsque d'un geste auquel je n'opposai aucune résistance elle intervertit nos positions, me plaquant contre les étagères. Un frisson m'électrisa le corps de haut en bas. Qu'était-ce ? Cet ébranlement de mes fondements ? Surpris par l'excitation déclenchée devant une Eyli entreprenante et surprenante. Ses mains me font l'effet de serres dominées par un plaisir naissant. Reste. C'est ce qu'elle voulait. Ce qu'elle explicitait plus par ses gestes que ce mot innocent.

L'impudence de sa demande ajoutait à ce désir que j'éprouvais. Elle était mienne sans que je ne l'y force... En tout cas il me plaisait de le penser à la voir ainsi vouloir me posséder comme tant de fois je l'avais fait. Ce type à l'eau de rose, petite lopette pisseuse prétentieuse, s'envola de mes pensées et même de mes souvenirs. Savourant son hédonisme, l'emprise que je la laissais avoir sur moi, je lui obéissais. Allant dans sa direction, n'y opposant comme geste que mon souffle et les palpitations de mon cœur que je peinais à contrôler à mesure qu'Eyli s'aventurait sur ma silhouette qu'elle connaissait par cœur. Malgré toutes ces années, jamais nous ne nous étions oubliés. Je retrouvais dans ces prémices charnels cette synergie qui nous avait transcendée pendant ce temps où nous étions tout l'un pour l'autre. « Je suis à toi Eyli, à toi seule... » Ce soir et tous les autres qu'il me sera donné de vivre... Il m'était impossible de lui déclarer quoi que ce soit. Je ne pouvais me livrer à elle. Bien que l'envie me transportait, je ne devais pas céder. Je ne devais perdre l'idée que pour elle, tout ceci ne devait être qu'une faveur, qu'un service, un présent. Lui laisser entendre à quel point me réveiller à ses côtés me manquait, à quel point prendre soin d'elle à son retour du dispensaire me manquait... à quel point tout ce qui la concerne de près ou de loin me manquait... Il ne fallait pas qu'elle comprenne. Que ce soit pour son bien comme pour le mien.
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 Sujet: Re: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   Lun 2 Avr 2018 - 1:50




It's my Birthday, allow me to be selfish

FT. Vaughn Jagger


Les rumeurs allaient bon train à mon sujet, et sur ma vie sexuelle. Il était étonnant de voir à quel point les hommes et les femmes se préoccupaient peu de la misère de son voisin, ou du petit garçon abandonné, mais à quel point ils étaient en émois dès qu’une histoire salace – vraie ou fausse – leur était contée.

Selon certains, je serais une femme frigide, et rigide et peu accueillante. Il y a quelques années de cela, j’aurais parfaitement répondu à cette description. Je ne connaissais rien à l’amour, tant spirituel que physique. Nos premiers échanges avec Vaughn s’étaient résumés à quelques paroles entre deux grognements de douleurs du Jagger. Je n’avais jamais imaginé ou interprété d’une quelconque façon ambigüe ses gestes. C’est lui qui m’avait initié, par ses regards, par ses gestes, par sa patience, par ses paroles. « Je suis à toi Eyli, à toi seule... » N’était qu’un pâle exemple de tout ce qu’il avait pu dire par ce passé. D’abord maladroite, rigide, j’avais appris à accepter tous ces sentiments et toutes ces sensations qui m’assaillaient lorsqu’il était avec moi, et à apprivoiser ce corps. A connaître nos corps.

« Menteur ». Avais-je envie de répondre, mais je me retins. Je ne désirais pas rendre la situation plus compliquée qu’elle ne l’était avec des paroles futiles, ou des paroles auxquelles il répondrait d’une façon cinglante. Or, ce soir, je ne pouvais pas supporter son sarcasme. Ou ses vérités.

Selon d’autres, je serais la femme avec des mœurs légères, voire inexistantes. Que j’octroierais du plaisir à tout homme qui me garantirait un semblant d’aisance de vie. Je ne pourrais ni réfuter, ni totalement adhérer. Je ne m’adonnais pas à une telle débauche avec mille et une inconnu, mais il serait mentir que de dire que je vivais recluse et sans homme. Vaughn et ses fréquentes visites avait le don de me faire rougir car il ne prenait ce qu’il ne devrait plus prendre, il touchait ce qu’il ne devait plus toucher et surtout, il déclenchait ce qu’il ne devrait plus déclencher.

Je m’écarte, m’autorisant à respirer et à reprendre un semblant d’esprit – si la notion d’esprit avait encore un semblant de sens dans un tel acte –, puis plonge mon regard dans le sien. Un regard assuré, un regard dur, un regard enflammé. Cet unique regard qui se forgeait au bout de vingt années de vie commune chaotique. Je m’éloigne d’un pas, j’enlève un vêtement. Je m’éloigne de deux pas, j’enlève un autre vêtement. Et je bute à  une table, pose mes paumes dessus, et regarde Vaughn. J’attends qu’il vienne. J’attends qu’il se soumette à sa façon, à ses désirs, à mes désirs, à mon corps.

Je le voyais finalement tel qu’il était vraiment. Esclave de ses regrets et de ses racines, aveuglé par ses mensonges et ses colères … Et lui, que voyait-il ? Sûrement comme une mère indécente et indécise, esclave de ses rêves et de ses illusions…

« Ce n’est pas moi » conclus-je. « Qu’est-ce que je fais ? ». Le doute s’insinue en moi, faisant son chemin dans cet esprit chauffé par tant d’années de colère et par ce désir noir et illégitime. Pourquoi m’adonnais-je à une telle chose ? Comment puis-je chercher à dominer cet être qui me faisait face ? A quel moment étais-je devenue celle qui observait l’autre comme une prédatrice ?

« Je ne peux plus faire demi-tour. Il ne voudra pas »
c
ompris-je, consciente de ma terrible erreur, de ma stupidité et de ma folie. J’étais devenue folle. Il m’avait rendu folle, dans tous les sens du terme. Je ne savais plus si je devais hurler de rage, rire de nervosité et tout simplement me résigner – comme à mon habitude – à cette terrible réalité.

- Et je t’appartiens, à toi seul, Vaughn, répondis-je, dans un susurre à peine audible. Un susurre qui cachait mon dépit et mon désespoir, celui de savoir que les griffes de cet homme ne se décrocheront jamais de ma chair, à moins de mourir au sein du Dôme ou tout abandonner pour me lancer dans l’inconnu, pour vivre à l’extérieur.

« Nox. Il y a Nox. Je ne peux pas l’abandonner».  Je ne pourrais pas l’abandonner, même si elle m’abandonnait. Ca, les Jagger le savaient. Et en particulier Vaughn. Tant que Nox était dans ma vie, cet homme sera présent. Ce qui ne me menait qu’à la même et répétitive conclusion :

Je devais accepter de vivre avec.

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 Sujet: Re: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   Jeu 5 Avr 2018 - 0:20

It's my Birthday, allow me to be selfish
Rumeurs éphémères persistantes à la teinte sanguinolente de déchéance honteuse d'une amante aux sentiments bafoués n'avaient d'importance à mes yeux qu'à l'atteinte de l'intégrité de cette perle désirée. Voyant ces fausses idées parcourir le longs des murs du niveau 0 comme un rempart à ce qu'un autre n'en vienne à la courtiser. Visiblement, c'était insuffisant pour détourner le regard de certains entichés qui osaient prétendre être digne d'elle, de son amour, ne serait-ce que de sa naïve considération qui amenait chaque personne à exister à ses yeux. Une qualité que j'appréciais chez Eyli mais qui la rendait bien trop vulnérable. Son humanité était une faiblesse qui m'avait séduite mais qui n'en restait pas moins un défaut dans ce monde. Si sa réserve laissait le doute sur son ouverture d'esprit et sa passion, je doutais que cela suffise à la laisser seule jusqu'à la fin de sa vie... Ce n'était peut-être pas ce qu'elle voulait, sûrement pas d'ailleurs, mais il me faudrait encore bien des années avant d'accepter que quoi que ce soit change dans sa vie.

Le fait qu'elle s'écarte m'arrache le cœur dans une inspiration qui m'échappa, un sursaut qui voulait la retenir contre mon torse, entre mes doigts, contre mes lèvres... La naïade recule encore, ôtant le tissu qui épousait ses courbes. Je fis de même à m'approcher, me dévêtir, à la dévorer d'un regard carnassier dont je tentais en vain de répudier l'appétit. Je ne voulais pas l'effrayer, la contraindre. Pas ce soir... pas cette fois où son corps la forçait à se donner. La lueur dans ses yeux déclenchait sur mon épiderme un frisson de désir. La voir convoiter ainsi ma présence, mon corps, mon être, ça éveillait en moi cette possessivité qu'avaient encouragé toutes ces années où je l'appelais ma femme. Où elle était à moi. Si l'invitation avait été comprise, j'en ignorai l'hésitation, le doute. Déjà perdu bien loin dans cette attraction magnétique qui n'avait jamais cessé d'être entre nous. Eyli aurait beau s'en défendre, je restais persuadé qu'au fond, je restais son unique. Celui qui l'avait détruite, certes, mais celui qu'elle avait aimé comme jamais elle ne pourrait plus aimer. Nous avions chacun marqué l'âme et le cœur de l'autre d'une encre indélébile.

C'est à nu que je vins saisir son visage entre mes mains, savourer ses lèvres et défaire avec hâte ce qui lui restait de vêtement. Glissant mes doigts jusqu'à ses cuisses, je la soulevai pour l'avancer sur cette table qui avait freiné sa marche. Me délectant de cette rencontre au revirement plus que surprenant, je m'arrêtai un bref instant. Souffle haletant, front contre front, mes yeux rivés sur ses lèvres fines encore humides de mes baisers passionnés. Une main posée sur sa nuque, l'autre sur le dessus de sa cuisse. Cet arrêt sur image me perturba. Pour une fois, je n'avais pas l'impression de faire quelque chose de mal. Une sensation étrange qui réveillait le cœur épris qui était en moi. Si j'avais longtemps profité d'elle malgré ses refus, c'était pour empêcher ces sentiments de persister. Ce manque de réciprocité m'assurait que rien ne pourrait persévérer entre nous. Alors pourquoi ? Pourquoi se donnait-elle ainsi ? Sa requête avait été si soudaine que je ne m'étais même pas posé les vraies questions. Malheureusement, mon corps hurlait à mon esprit de me taire et c'est sans plus d'interrogations ni d'interruption que je conquis une nouvelle fois ce corps que je connaissais par cœur.

Une extase partagée dans le souffle surmené de nos passions mêlées. Une jouissance consentie qui faisait vibrer mon cœur alors que la table devenait un support instable. Une réserve qui à jamais garderait cette moiteur ivre de l'émoi de nos âmes. Entre deux soupirs, perdu à ses yeux en proie à la volupté de l'instant, je m'entendais lui siffler que je l'aimais. Cette douce colombe aux traits tirés par l'orgasme. À cette femme qu'une nouvelle fois, je fécondais comme un mari à son épouse. Je te possède, Eyli. Tu me possèdes. Nulle strate, nulle accréditation et nul rang ne saurait enlever nos visages des pensées de l'autre. Tant de mots que je souhaitais lui dire pour briser ce silence où l'absence de mot appuyait la gêne et la honte. Visage niché dans le creux de son cou, je la maintenais contre moi dans une étreinte solide. Profitant de la chaleur que dégageait son être. De sa douceur et de son odeur. Une nouvelle fois. « Joyeux anniversaire, Eyli. » Que je lançai d'un murmure froid et détaché, reprenant le contrôle sur moi-même. Impossible de laisser cet élan de tendresse trahir ces sentiments que je conservais pour elle. Me détachant de mon aimée, je repris mes affaires et les enfilai une à une.
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 Sujet: Re: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   Dim 15 Avr 2018 - 17:18




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Je n’étais guère une aussi talentueuse magicienne que lui. A peine m’avait-il conquis – encore une fois, une fois de trop – qu’il se détache de moi, qu’il me parle d’un ton froid et qu’il s’habille nonchalamment sans un regard vers moi – bien trop de phrases finissant avec « oi » à la fin, à mon goût, mais qui ne fait que mettre en avant la répétition mécanique de ces échanges honteux. Rien, absolument rien, ne semblait pouvoir mettre fin à ce cercle vicieux. Le corps rougi, l’esprit meurtri, je m’exécute à mon tour.

Pourtant, plus les minutes s’écoulèrent, et plus la colère grondait en moi. Pourquoi étais-je constamment celle qui était lésée ? Pourquoi acceptais-je ces échanges qui ne respectent aucun de mes codes ou de ma morale ? Pourquoi supportais-je ses humiliations tant physiques que verbales ? Toutes ces questions n’avaient qu’une réponse : Car mon avenir avec Nox dépendait de lui.

Irrémédiablement, je repensais à notre acte – non sans rougir – et un malaise m’étreignit aussitôt. Dans cette folle et stupide hâte, j’en avais oublié les précautions usuelles – une précaution dont mon maudit amant ne s’embêtait pas, une précaution qui ne porterait nul préjudice à lui. La peur m’étreignit aussitôt, empoisonnant davantage mon esprit tourmenté : et si la même erreur d’il y a quelques années se reproduisaient ? Et si, à nouveau, je ne me montrais pas à la hauteur ? Et si une telle chose arrivait, que vais-je faire ou dire ?

La colère était là. Bouillante, incontrôlable et indomptable. Alors, je me décide à parler.

- Je ne pourrais pas te remplacer dans le cœur de Nox
, indiquais-je. Il y a quelques temps, je n’aurais pas non plus voulu te remplacer comme père mais tu me fais toujours plus douter Vaughn. Tu désires tout obtenir, sans donner. Et tu te plies à mille rôles stupides pour ce stupide désir. Cet égoïste désir. Tu es déchiré entre deux mondes, deux volontés. Vas-tu apprendre ça à notre fille, à souffrir ?

Je savais bien qu’il ne m’offrirait qu’une parole plus cinglante, une parole que je ne pourrais pas supporter à cet instant-ci et à laquelle je ne pourrais guère offrir une réponse plus spirituelle ou plus cassante. Il aura toujours le dernier mot – un avantage de par son éducation et de par son caractère.

Cependant, qui étais-je pour le critiquer ? Si lui désirait tout obtenir sans donner, je désirais tout donner sans rien obtenir – si ce n’est que de l’amour et de la considération d’autrui, des sentiments dont j’avais été privé par mes propres parents, des sentiments que seul Vaughn avaient été à ce jour capable de me donner. Cependant, comme mes parents, il avait fini par se lasser et se retourner contre moi, à la seule différence qu’au lieu de disparaître de ma vie, il la gangrenait.

- Elle t’admire tellement, Vaughn. Mais nous le savons tous les deux que tu ne mérites pas autant. J’ai peur du jour où tu vas la briser également. Un jour que je n’espère jamais voir.


Je ne pourrais pas protéger Nox de son propre père. Elle se livrait à lui – tout naturellement – et le mettait sur un piédestal – un geste bien trop dangereux à mon goût. Elle ne voyait qu’une face – cette figure publique qu’il montrait à tous. Personne ne le voyait ou ne le connaissait comme moi – et peut-être Lucian, qui l’avait façonné à ses désirs, et ses volontés.

- Et le pire, je ne peux pas empêcher un tel jour d’arriver.

Seul Vaughn pourrait : en acceptant de donner – abandonner son poste, ou m’abandonner. Un choix qui lui permettrait de n’être qu’une personne et non deux personnes, un choix qui le sauverait de ses travers et un choix qui pourrait protéger Nox.

Sans plus un mot, je pars de l’avant, m’assurant qu’il n’y avait plus grand monde. Et je quitte aussitôt le dispensaire pour me fondre dans quelques quartiers. Je ne désirais plus travailler, ni rentrer. Alors, je vagabondais.


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 Sujet: Re: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   Mar 17 Avr 2018 - 11:42

HRP :
 
It's my Birthday, allow me to be selfish
Ses paroles lourdes de sens et accusatrices me piquaient l'âme. Si ce soir j'étais enclin à accepter qu'elle me reproche tous mes tords, je refusais qu'elle en vienne à remettre en cause la dévotion dont je faisais preuve envers notre fille. Nox était tout ce qui restait de notre amour. De ces temps heureux que nous avions partagé. Nox était la seule personne qu'il m'était donné de garder près de moi pour me souvenir de ce bonheur qui nous avait échappé. Jamais je ne pourrais faire le moindre mal à notre fille. Jamais... Je considérais que nous lui en faisions bien assez avec cette séparation, cette lubie de vouloir nous lier l'un à l'autre alors que nous appartenions à deux mondes drastiquement opposés. Nous avions fait une erreur que Nox devra porter sur ses épaules toutes sa vie. C'est suffisant pour m'interposer entre elle et toutes les autres difficultés que lui réserve la vie. Eyli n'avait ni l'influence ni les moyens de préserver notre fille de toutes ces épreuves. Je ne la considérais pas comme une mère indigne, elle était juste... en bas de l'échelle. Une échelle dont j'avais fait l'erreur de prétendre lui permettre de gravir. Ce n'était pas une erreur que j'allais réitérer avec Nox.

Le fait qu'elle me croit capable de briser tout ce qui restait de notre famille me blessait profondément, au point que la colère bouillonne dans mes veines. C'est de silence que je restai debout à encaisser ses paroles. Préférant ne pas exploser face à elle et risquer de lui faire du mal. Ce ne serait que lui donner raison. Maîtrisant mon impulsivité, je la laissai partir sur cette idée. Quelques soient mes paroles, je ne pourrais jamais la convaincre de ma bonne volonté. Tout comme jamais elle ne pourrait comprendre le pourquoi de l'évolution de notre relation, de l'acharnement dont je faisais preuve pour l'éloigner de moi tout en lui imposant ma présence. Une dichotomie dont la solution était la séparation pure et simple. Nox en haut et Eyli loin de nous. Un pas que j'aurais dû avoir le courage de franchir mais impossible de m'y résoudre... Au regret de Lucian qui me considérait alors comme un lâche. Mais intérieurement, je me souciais trop d'Eyli, j'avais encore trop besoin d'elle pour parvenir à cet extrême. Alors cette année encore, le jeu reprenait. Le cercle vicieux pour lequel j'étais trop couard pour briser la chaîne.

Dommage que les combats de la fosse soient terminés. Il me faudrait trouver un autre moyen d'extérioriser cette rage qu'elle seule savait faire naître en moi...
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 Sujet: Re: (Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]   

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(Terminé) It's my Birthday, allow me to be selfish [Vaughn]
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