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 Sommes-nous en tort ? [Nox]

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 Sujet: Sommes-nous en tort ? [Nox]   Dim 4 Fév 2018 - 1:53



Sommes-nous en tort ?

FT. Nox Jagger



12 Janvier 2481 - Je n’avais jamais été malade, et sûrement pas trois jours de suite en ne faisant qu’un avec mon lit, au point d’en oublier mon entourage – ma fille, mes voisins, et même Vaughn. Une grippe assez sévère avait sévi le dispensaire et je faisais partie de ceux qui avaient malheureusement été touchés. A mon grand bonheur, Nox en était dispensée. Avait-elle un corps plus résistant que le mien, ou était-ce ses fréquentes visites au niveau 2 qui jouait – un air plus pur, une eau plus propre, une meilleure alimentation et peut-être même des soins à mon insu ? Qu’importe la raison, elle allait bien et cela me suffisait.

J’avais voulu qu’elle rejoigne son père, afin qu’elle ne soit pas contaminée. Malheureusement, à l’image de son père, elle savait se montrer têtue et bornée quand elle prenait une décision. Je ne saurais dire si j’appréciais ou non ce trait de caractère ou plutôt, si je craignais ou non pour son futur. J’avais toujours adopté une attitude conciliante et docile – tout le contraire de Vaughn. Or, à ce jour, ni lui, ni moi n’avons trouvé une quelconque félicité. Nous portons nos tares, et nous les léguons.

Ces jours-là, la question n’était plus d’apprécier ou non sa fille. Au contraire, on ne pouvait pas faire un tel jugement sur sa chair. La véritable question était « nous ». Sommes-nous fiers de ce que nous sommes, en tant que parents, et sommes-nous fiers de ce que nous transmettons ? Jamais je n’avais réellement à mes actes jusqu’à présent mais depuis la naissance de Nox, j’avais le sentiment que chaque geste devait avoir une signification, ou un but. Guérir son prochain, faire du bien autour, pour vivre en paix avec soi, avec son environnement et transmettre le tout à la prochaine génération. Voilà ce à quoi je voulais dédier ma vie.

Nox comprenait-elle ? Je doutais. Moi-même à son âge j’étais bien loin de cette pensée-ci. Et elle, encore bien plus loin, dans des niveaux inaccessibles à moi.

Je la vois approcher, un tissu blanc sur la bouche. J’avais insisté pour qu’elle porte ce masque, et ainsi faire barrière au mieux au virus. A cette condition, et à celle de se laver la main constamment, j’avais accepté qu’elle reste. Pourtant, je la surveillais du mieux que cette grippe me permettait. Au moindre signe de fatigue, qu’elle le veuille ou non, elle allait retrouver son père qui saurait s’en occuper. J’exécrais à l’idée d’une telle tâche mais j’étais incapable de m’en charger, ayant des difficultés à tenir debout moi-même. Les deux premiers jours avaient été un grand flou, entre fièvres et fortes toux. Aujourd’hui, j’allais un tantinet mieux mais le mal sévissait toujours, m’offrant tantôt des frissons, tantôt une morve épaisse, tantôt une gorge gonflée, tantôt une toux impitoyable.

- Nox, ma chérie, comment vas-tu aujourd’hui ? As-tu de la fièvre ? Te sens-tu fatiguée ? As-tu des picotements dans la gorge ?

Je posais ces questions tous les matins depuis ces trois jours, qu’importe mon état. Je devais entendre qu’elle était bien, et m’en assurer de mes propres yeux. Contrairement à son père, je savais plus ou moins quand elle mentait. Mensonge hormis, je savais aussi quand elle allait bien ou pas. Aujourd’hui ne semblait pas faire exception et c’était le solide roc de notre famille.

- Racontes-moi, que vas-tu faire aujourd’hui ?
lui demandais-je, avec la voix la plus énergique que cette maladie me permettait. Pourtant, qu’importe les efforts, je sentais bien que ma voix était rauque et à peine audible.

Une Rebouteuse malade, quelle ironie. Je suis celle qui doit soutenir, et guérir. Or, je suis clouée au lit, à essayer de combattre un mal au mieux d’une part, et à tenter de prendre soin de ma fille d’autre part. Plus que jamais, c’est à cet instant-là que je ressens le poids d’être une mère célibataire, sans parents, et que les cruelles paroles de Vaughn résonne dans ma tête. Etais-je vraiment digne d’être la mère d’une si belle fille ? Etait-ce normal de douter pour une mère, ou n’était-ce un état réservé qu’à celle qui ne méritait pas de porter un tel titre ?

Cette maladie ne me rendait que plus vulnérable, et plus inquiète sur ce que j’étais, sur ce que je faisais, sur ce que nous étions ou faisions. Avais-je pris les bonnes décisions pour Nox ? Etais-je en tort à notre situation actuelle ? Ne valait-il pas mieux qu’elle s’en aille à ce niveau 2, pour recevoir la meilleure éducation et les meilleurs soins ? Avais-je le droit de vouloir la garder égoïstement à mes côtés, dans ce niveau insalubre et problématique ?



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 Sujet: Re: Sommes-nous en tort ? [Nox]   Dim 11 Fév 2018 - 2:23


Aimer ses parents... Voilà un sujet sur lequel je ne m'étais jamais vraiment questionnée. J'aimais profondément mon père, mais j'en voulais à ma mère. Pourtant, aujourd'hui je m'en apercevais bien : peu importe combien je pouvais lui en vouloir, combien son comportement pouvait parfois m'exécrer, j'aimais tout autant celle qui m'avait donné la vie que mon père. Et pour rien au monde je ne l'aurais abandonné à cet instant. Il m'était très étrange de la voir ainsi, faible, alitée et collée à son lit. Je savais que si j'avais fait correctement mon travail d'apprentie, j'aurais repris le flambeau pour quelques jours et je serais allée aider les autres. Mais... Peu importe combien j'essayais de l'étouffer, j'avais toujours eu cette part d'égoïsme qui me poussait actuellement à me préoccuper uniquement de ceux que j'aimais.

Respectant, pour une fois, les volontés de ma mère, à peine levée et habillée, j'enroulais un vieux foulard blanc que m'avait offert mon grand-père quand j'étais petite. Un des seuls cadeaux qu'il m'ait jamais fait... Et il ne m'avait jamais été aussi utile qu'aujourd'hui. Je poursuivais par un lavage de mains quasi-chirurgical. Je ne tenais pas à tomber malade à mon tour. Une fois ce petit rituel instauré depuis le début de l’épidémie exécuté, je me dirigeais vers le couchage de ma mère. Comme les deux jours précédents, je m’attendais à la voir fiévreuse, le regard vague et quelque peu illogique. Quelle ne fut ma surprise (et mon plaisir) de voir que son état s’était amélioré. Bon ce n’était pas flagrant non plus, la grippe n’avait pas disparue miraculeusement mais la voir plus alerte m’étais agréable, je m’étais sentie un peu seule ces derniers jours. Je retins un soupir devant son inquiétude de mère poule mais m’asseyais au bord de la couche en répondant avec calme « -Je vais bien maman je te le promets. Si je tombe malade j’irais chez papa. ». Ah qu’est ce qu’on est pas prêt à faire pour rassurer sa famille… C’était un beau mensonge enroulé dans un joli paquet que je venais de lui servir là. Je n’avais aucune intention de monter chez les Jagger. Premièrement car je ne voulais pas prendre le risque de tomber sur mon grand-père alité (pauvre petit vieux… Haha! Faudrait pas connaître Lucian pour penser ça). Toujours est-il que même avec un début de grippe, je préférais rester ici pour veiller sur ma mère. Si lui arrivait quelque chose pendant mon absence je ne me le pardonnerais jamais. Toujours est-il que pour l’instant, la question ne se posait pas puisque j’allais bien.

Je l’écoutais tandis que j’approchais doucement mes doigts de sa gorge pour tâter ses ganglions. Bon visiblement on était encore loin de la fin. Je n’avais pas vraiment fait l’effort de retenir grand-chose de mon apprentissage, mais je connaissais les bases. Je me levais pour remplacer sa boîte de mouchoirs vide et surtout pour me laisser le temps de réfléchir. Pouvais-je vraiment lui avouer ce que je prévoyais de faire cet après-midi ? C’était presque violer les règles du dôme après tout. Mais j’étais butée, je l’avais toujours été et je voulais surtout me faire pardonner par tous les moyens (bien que je n’ai pas vraiment avancer depuis ces derniers mois….). De toute façon, même malade, ma mère saurait immédiatement détecté un mensonge aussi direct. Un mensonge par omission comme le précédent pouvait passer. Mais un mensonge direct, droit dans les yeux, avec ma mère ce n’était même pas la peine d’essayer. Avec n’importe qui d’autre je m’y serais risquée sans trop de frayeur. Mais là, mieux valait dire la vérité. Et même si je les haïssais parfois elle et son comportement, j’avais une confiance aveugle en elle. Je déposais enfin la boite de mouchoirs à ses côtés ainsi qu’un verre d’eau et des cachets contre la fièvre. Taper dans ses propres réserves pour la guérir ne me dérangeait pas et même si elle me l’avait interdit, je l’aurais fait quand même tant je détestais voir ma mère jamais malade collée au lit par un virus. Puis qui allait soigner les autres habitants du niveau zéro si elle était ainsi ? Enfin, je me disais ça surtout pour me donner bonne conscience, après tout j’aurais pu le faire… Je finis par répondre à sa question précédente, les yeux tournés vers les mouchoirs pour ne pas voir sa réaction à la vérité que je m’apprêtais à asséner « -J’ai appris qu’un membre de la famille de Koèz était tombé malade… Je comptais lui déposer des cachets sans qu’il sache que c’est moi. ». Monsieur avait sa fierté, il n’accepterait rien de moi. Raison pour laquelle je ne voulais pas le croiser et, si possible, avoir à faire avec sa mère qui ne refuserait pas, même si j’avais autrefois fortement blessé son fils. Et non je ne compte pas faire ça pour qui que ce soit d’autre. Oui je suis égoïste. Et non j’en n’ai rien à faire tant que je ne vois pas de jugement dans les yeux de ma mère.
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 Sujet: Re: Sommes-nous en tort ? [Nox]   Mer 21 Fév 2018 - 21:57



Sommes-nous en tort ?

FT. Nox Jagger



Lorsque nous devenons mère, nous apprenons à craindre une grande chose dans la vie pour nous-même : la maladie.

En effet, lorsque l’enfant est en bas âge et tête encore au sein de sa mère, cette dernière devait prendre grand soin de ne pas contracter une quelconque maladie qui pourrait se propager par la respiration, par le lait voire par le simple touché. Or, un bébé malade et soi-même malade, ce n’était guère un beau ménage.

Malheureusement, cette inquiétude ne finissait jamais. Elle évoluait. Nous regrettons subitement la phase initiale où, malgré nos maladies, nous avions l’enfant à nos côtés, sous plus ou moins notre bonne garde. Lorsqu’ils grandissent, il est difficile de les retenir et j’avoue ne pas être adepte de ce genre d’éducation – ni Vaughn d’ailleurs, une des rares choses sur lesquelles nous nous accordions encore. Aujourd’hui, j’étais victime de celle que j’avais offerte à Nox. Elle avait pris une décision, et elle allait s’y tenir.

Une décision des plus surprenantes, qui m’arracha une quinte de toux subliminale. Je suis certaine que j’étais devenue rouge et que cette couleur éclipsait mon regard mêlant curiosité, interrogation et surtout grande surprise. Ma fille me ressemblait physiquement mais, elle avait plus tenu du caractère de son père que du mien. Par exemple, elle n’avait pas mon altruisme. Non, elle n’était pas égoïste mais, à l’image de son père, elle ne ferait pas une telle chose risquée ou contraignante si elle ne se sentait pas coupable d’une chose ou si elle n’appréciait pas sincèrement la personne. Oui, leur don et amour ne se prodiguaient qu’à quelques rares élus, ce qui me rassurait sur une chose : elle aura une vie longue, et paisible.

- De quelle maladie souffre-t-il ? demandais-je, une fois ma toux terminée. Montres-moi ce que tu veux donner, que je te confirme si c'est suffisant ou si c'est adéquat.

Chaque personne avait droit à son quota. Cependant, en ma qualité de rebouteuse, de ma popularité parmi certains, et de Vaughn, cette maison pouvait avoir un tantinet plus de cachets que la moyenne. Un avantage matériel que je cachais à autrui, qui me faisait rougir de honte des fois, mais que j’usais sans vergogne. Ma fille avant tout.

Je ne pressais jamais les personnes à tout avouer et à tout confier. Je les laissais parler à leur rythme, et à leur convenance, agrémentant le discours qu’avec quelques questions glissées par-ci par-là. J’étais plus une écoute qu’une voix ; Etait-ce une bonne chose, je ne saurais dire.

- Koèz est-il ton ami ? demandais-je prudemment, observant attentivement ma fille. J’ai souvenir de cette famille, mais je n’ai nul souvenir de leur fils qui franchit les portes de cette habitation. Or, j’avais toujours fait en sorte d’inviter les amis de ma fille, et de les connaître – car quoi de plus dangereux qu’un mauvais ami, n’est-ce-pas ?

« Un amoureux ? »
pensais-je subitement, écarquillant les yeux devant cette simple hypothèse. Subitement, je sentais le poids des années sur mes épaules. Il y a quelques années, c’est moi qui expérimentais ce sentiment. Aujourd’hui, c’était peut-être ma fille. Un étrange sentiment s’empare de moi : jalousie, joie et crainte. Jalousie, qu’un autre puisse lui offrir plus. Joie, car il n’y a pas plus beau que l’amour. Et Crainte, car il n’y a pas pire déception qu’elle.

« Je m’emporte. Sûrement ».
Oui, sûrement. Cependant, cette stupide pensée m’avait ramené à une question inédite pour moi : la fertilité. Ma fille l’était-elle ? Si oui, ne risquait-elle pas de terminer dans un cercle vicieux comme moi en tombant sur la mauvaise personne ? Comment lui présenter l’affaire, sans qu’elle ne s’imagine que je considère sa naissance comme le début de ma fin ? Elle a signé ma fin oui – celle d’une jeune femme insouciante et naïve – mais également un nouveau début – celle d’une personne responsable et réaliste. Voilà une douce nuance qu’une jeune fille de seize ans, forte d’idéaux, ne pourrait pas saisir.




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 Sujet: Re: Sommes-nous en tort ? [Nox]   Ven 23 Fév 2018 - 19:17


Si je ne perçus pas de jugement venant de ma génitrice, je pus néanmoins voir une grande surprise agrémentée d’une quinte de toux que je laissais se poursuivre sans rien faire. Ce n’était que de la toux, il n’y avait rien à faire là tout de suite, hormis donner encore un peu plus de sirop.Inutile, elle l’avait sûrement déjà pris du moins je l’espérais. Il fallait qu’elle se rétablisse au plus vite et tant pis s’il ne fallait pas lésiner sur les moyens. Tout son visage exprimait sa surprise, de ses prunelles jusqu’à son expression. Était-ce si étonnant de me voir venir en aide à quelqu’un ? Il fallait croire que oui au vu de la réaction de ma mère. Je me renfrognais un peu mais j’étais bien obligée d’admettre que si ça avait été n’importe qui d’autre, je n’aurais pas bougé le petit doigt, préférant largement rester aux côtés de ma mère pour surveiller l’évolution de la maladie.

Une fois sa toux terminée et avant même qu’elle ne reprenne la parole, je demandais en réajustant les couvertures autour d’elle comme elle avait pu le faire pour moi quand j’étais enfant « -Rassures moi, tu as pris du sirop ce matin ? ». Elle ne répondit pas à ma question, préférant m’interroger sur la maladie qui avait touché la famille de mon ancienne victime. Je haussais les épaules. La moitié de ce dôme était paralysé par cette épidémie, il aurait été ironique que son père soit touché par autre chose que cette fichue grippe. Je me levais pour aller chercher le petit sac que j’avais composé hier et qui était constitué de cachets contre la fièvre, d’un petit flacon de sirop et de beaucoup de paracétamol. Je savais combien une grippe pouvait être douloureuse (je crois que je n’oublierais jamais la bien trop longue semaine passée dans le coaltar avec la gorge en feu et l’impression qu’un marteau s’abattait directement sur mon cerveau toutes les dix secondes alors que j’avais sept ans à peine). Je répondis en lui tendant le sachet « -Il a été touché par l’épidémie de grippe. ».

Je n’avais même pas honte de taper dans les réserves de ma mère, encore moins en sachant que les réserves sus-dites étaient légèrement supérieures à la moyenne. Je savais que mon père n’y était pas pour rien et à cet instant, je le remerciais mentalement de tout cœur. Je dus retenir un rire sardonique à la question de ma mère. Koèz ? Mon ami ? Pas vraiment non. Je me demandais si elle se souvenait de ce petit garçon très solitaire et qui semblait éviter sa fille comme la peste. Moi je m’en souvenais et plus que bien. Ce petit garçon revenait hanter mes cauchemars au goût amer de culpabilité acide chaque nuit. Je ne crois pas que ma mère ait jamais sût ce qui se passait au Dispensiaire quand j’avais neuf ans. Aurais-je le courage de lui avouer ? Non. Je peinais déjà à assumer face à lui comme à moi. Alors voir la déception dans les yeux de mes parents… Non. Jamais. Je murmurais « -Pas vraiment maman. J’ai une vieille dette envers lui que j’essaie de rembourser. ». J’avais une dette… Mais pas parce qu’il m’avait rendu service, plutôt parce que j’avais été une affreuse peste avec lui, une vipère. Je crois que si j’avais la gamine que j’étais à l’époque en face de moi je lui ficherais une belle gifle, et je trouve ça bien peu cher payé. Avec le temps été venu la réalisation et le remord. Depuis, j’essayais tant bien que mal de me faire pardonner, sans grands résultats d’ailleurs, mais je ne pouvais pas vraiment m’en plaindre. Je repris « -Bon ce sirop, tu l’as pris ? ».
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 Sujet: Re: Sommes-nous en tort ? [Nox]   Mer 7 Mar 2018 - 21:58



Sommes-nous en tort ?

FT. Nox Jagger



Je ne saurais dire si je suis réjouie qu’elle ne le considère que comme un ami envers qui elle avait une dette – et donc qui n’est pas un amant – ou si je suis inquiète à l’idée qu’elle devait quelque chose à quelqu’un.

Dans le premier cas, j’avais encore cette maigre illusion que ma fille était toujours à mes côtés et qu’elle ne sera pas blessée par d’autres hommes à l’image de sa mère. J’avais également cette assurance que je n’étais pas dans la hâte d’avoir à me renseigner sur la fertilité de ma fille. L’idée peut paraître saugrenue, et grotesque sûrement – voire stupide, dans un monde où la fertilité est presque une monnaie d’échange – mais j’étais plus consciente que n’importe qui des conséquences qu’une maternité entraîne. Or, elle était tout bonnement trop jeune pour une telle chose – si son corps lui permettait une telle chose.

« Et je l’espère sincèrement. Etre une mère est sûrement la plus belle chose qui me soit arrivée » pensais-je.

Toujours est-il que la seconde situation me mettait mal à l’aise. A un si jeune âge, comment pouvait-on s’endetter vis-à-vis d’une personne ? De surcroît, de quel genre de dette parlait-elle ? Elle était bien trop brillante et sage pour se lancer dans des trafics mêlant de l’argent, et bien trop jeune pour avoir une quelconque dette de vie. Entre cette curiosité croissante vis-à-vis de ce garçon, cette peur profonde à l’idée qu’elle ait des problèmes et ma grippe, je me sentais subitement « vide », « endolorie ».

- Oui, oui, j’ai pris mon médicament, répondis-je avec une impatiente mal dissimulée.

Je me tais, cherchant maladroitement les bons mots pour tenter de faire parler Nox, sans la blesser et sans la presser. Une attitude prudente qui faisait ma nature.

- Est-ce que je peux me permettre de te demander quelle dette ?

J’avais retourné dans tous les sens cette question-ci, mais je ne voyais nullement comment la formuler autrement, d’une façon claire et non brutale. Certains jours, il était dur d’être un parent : on souhaiterait secouer, presser et bien d’autres choses, mais nous devions prendre notre mal à patience, et attendre, encore et encore, afin de ne pas blesser l’oisillon et surtout, afin de ne pas l’empêcher de battre de ses ailes.

- Est-ce que ton père ou moi pouvons t’aider, d’une manière ou d’une autre ?
Glissais-je.

Je doutais très sincèrement que Vaughn soit d’une quelconque aide. Malheureusement, si je ne l'incluais pas, je savais que Nox le ferait. J'optais pour un raccourci, afin d'obtenir une réponse plus rapidement à ces questions qui me torturaient.

Pourquoi ne pas inclure son père ? Ce n'était pas juste en raison de mes sentiments, mais également par "logique".

Il était le Feu, j’étais l’Eau. Il était constamment animé d’une passion et d’une colère intense, réagissant de façon disproportionnée certains jours à des choses futiles et anodines. A son contraire, j’étais cette eau calme qui venait rafraîchir et réconforter les esprits fatigués. Vaughn était celui auprès de qui on recherche une aide concrète – faire peur, faire mal, peut-être – alors que j’étais celle auprès de qui on cherchait conseil ou bienfait.

Nox était fait de ce curieux mélange : tantôt enflammée, tantôt calme, elle était cette balance que son père et moi n’avons pas pu établir – ou maintenir, à défaut. Elle est ce vestige de ce qui aurait dû être – une complémentarité ensemble – mais qui n’a pas pu l’être – car, peut-être sommes-nous trop incompatibles. A ces pensées, je passe une main sur sa joue, un sourire qui se dessine au coin de mes lèvres.





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 Sujet: Re: Sommes-nous en tort ? [Nox]   Dim 18 Mar 2018 - 16:50



Elle semble plus intéressée par ce que je lui raconte que par le fait de se soigner ce qui devrait m’enchanter, elle s’intéresse à moi et mes soucis. Mais non. Ça m’agace. Tout le monde dans le niveau a besoin d’elle et sa réaction me donner l’impression qu’elle prend sa maladie et le fait de se rétablir le plus rapidement possible à la légère. Pourtant, elle sait qu’elle est essentielle à énormément de gens dans le niveau mais elle préfère s’occuper de moi qui suis en parfaite santé. Je sais que je ne suis pas forcément honnête avec moi-même, je ne veux pas qu’elle se rétablisse au plus vite tout d’abord pour aider les autres, mais surtout parce qu’elle sera trop occupée pour m’interroger un peu plus. Je ne veux pas qu’elle le fasse. Je ne veux pas lui mentir, elle va me percer à jour en moins d’une seconde, mais je désire encore moins lui imposer l’ignoble vérité. J’ai juste envie qu’elle ne s’occupe pas de cette affaire que j’estime être entre moi et Koèz. Point. Ça ne va pas plus loin que lui, moi et cette culpabilité qui me hante à chaque instant lorsque je songe à mes actes passés. Alors je prie n’importe quelle entité pour qu’elle ne poursuive pas son interrogatoire, mais visiblement l’entité en question est en congé.

Non maman. Non je ne peux rien te dire. J’ai trop honte, trop peur de ta réaction et je veux garder cette affaire entre les premiers concernés. Je suis assez grande pour me débrouiller avec ça, ce n’est pas comme si ça concernait les hautes autorités d’Helion ou quoi que ce soit. Et je suis sûre que si tu réfléchis cinq minutes, tu trouveras la réponse seule. Mais en tout cas, elle ne viendra pas de moi, pas question. Je réponds d’un ton calme, me forçant à ne pas y mettre l’arrogance et l’impertinence qui me viennent parfois quand je parle à ma mère « -Tu peux demander, mais je ne suis pas obligée de répondre. ». Bien trop de mots qui peuvent pourtant se résumer en un seul : non. Non tu ne sauras pas, en tout cas pas par moi. Je secouais la tête pour répondre à sa question. Je ne veux pas de leur aide, pas là. Et même si j’en voulais ils ne pourraient rien faire. C’est à moi de tenter de me faire pardonner et à moi seule. Égoïstement, je ne veux pas non plus qu’ils en viennent à connaître Koèz. Par honte oui. Mais aussi parce que j’ai toujours aimé l’idée d’avoir une vie en dehors de mes parents, ce genre de moments que l’on cache aux adultes par simple fantaisie, parce qu’on en a le pouvoir et l’envie. C’est grisant pour un enfant ou un adolescent d’avoir un peu de pouvoir, justement car le propre de cet âge est de devoir rester dans les clous. Obéir aux trop nombreuses règles que les parents imposent et que l’enfant ne comprend pas. Briser ces dernières délibérément tout en sachant que papa/maman sont derrière en cas de pépin. Que l’on est ingrat quand on est enfant. Ou adolescent. Suis-je ingrate moi-même ? Il y a des chances oui. Pourtant, c’est le propre de cet âge. L’ingratitude. La découverte. Déjouer le carcan des règles. Grandir. Regretter. S’enflammer. Se révolter, crier, rire et croire que l’on va changer le monde simplement parce qu’on le veut alors que la veille encore, on apprenait à marcher. C’est beau d’être jeune. Je finis par me sortir de mes pensées, fascinantes pourtant, et pointe du menton le sachet que j’ai donné à ma mère « -Alors, c’est bon ? »
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 Sujet: Re: Sommes-nous en tort ? [Nox]   Dim 15 Avr 2018 - 16:50



Sommes-nous en tort ?

FT. Nox Jagger



Il m’était difficile de dissimuler l’agacement qui prenait le pas sur mes humeurs. Plus les années passées, et plus Nox avait gagné en répondant que je n’appréciais nullement. Etait-ce le propre de son âge ? Je ne pourrais le dire, n’ayant pas eu de parents envers qui exercer une quelconque ingratitude. Etait-ce l’influence sournoise de Lucian ? A nouveau, j’étais incapable de le savoir, n’ayant nullement accès à ce maudit niveau deux. Plus important, se confiait-elle à son père ? Si oui, c’était la jalousie qui m’étreignait – pourquoi lui et non moi ? – et si non, c’était l’inquiétude – que faisait-elle ?.

« Elle devient une étrangère. Ou plutôt, elle se cherche ». Car, à bien réfléchir, elle n’était guère si étrangère. Je retrouvais ce même nez pincé et menton relevé chez Vaughn comme chez Nox lorsque leurs orgueils étaient piqués à vif, ce même regard noir et agacé lorsqu’on posait des questions pertinentes sur des sujets sensibles – voire honteux – et enfin cette même illusoire assurance que tout sera réglé par leurs soins et uniquement la leurs.

Ce dont j’avais besoin était de m’assurer qu’elle baignait dans un environnement sain, où ses travers seront repris et corrigés par une personne aimante. Une belle chimère, un doux rêve, qui ne se réalisera pas tant que Vaughn était dans les parages. Tant que Lucian vivait et continuait à corrompre les cœurs.

- Chérie, une excuse en bonne et due forme vaut bien mille actions, dis-je tout en me saisissant du médicament. Ne t’épuises pas à fuir cette personne ou encore à alléger son quotidien dans l’unique but de fuir à un quelconque sentiment d’humiliation ou pour fuir à quelques regards désespérés ou colériques. Une excuse sincère peut être vue et entendue de l’autre, et ce dernier saura t’excuser. La joie que tu en retireras sera importante, et allégera ta conscience, soufflais-je.

Beaucoup de personnes refusait de s’excuser, imaginant bien trop souvent qu’un tel acte était faire preuve de soumission à l’autre, et accepter mille humiliations publiques ou non. C’est bien faux. La contrepartie a déjà subi ces choses-ci, et sait mieux que quiconque que ce n’est guère une belle chose, et que cela ne fait nourrir que davantage de rancœur et de colère. Elle sait prendre en pitié, elle sait pardonner. Peut-être dans la minute, peut-être dans la semaine, ou peut-être dans une vie, mais elle finit par excuser.

Je finis par poser une main sur ses cheveux et à les caresser, doucement, avec amour. Je la regarde, comme au premier jour – celui où elle m’a été donnée dans les bras – et je m’extasie à quel point elle a grandi et elle est devenue belle – et elle va encore le devenir. Et je désespère, car je la sens glisser entre mes doigts.

- Prends bien soin de toi avant tout, qu’importe ta décision. Je ne pourrais pas me le pardonner s’il t’arrivait quoi que ce soit.

Oui, s’il t’arrivait quoi ce soit ici, au niveau 0, je ne me pardonnerai pas car j’aurais été celle qui t’a retenu ma douce. Et s’il t’arrivait quoi que ce soit au niveau 2, je ne me pardonnerai guère non plus car j’aurais été celle qui t’a laissé partir et surtout qui n’a pas pu être là pour t’aider.

- C'est le bon médicament, la bonne dose. Cependant, il en faut plusieurs, à prendre régulièrement, à cinq heures d'intervalle. Il faudra expliquer. Tout le monde ne lit pas au niveau 0.

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Sommes-nous en tort ? [Nox]
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